Éducation |
2018-03-13

Une salle de classe du village de Zaatari remporte un prix d'architecture

Une nouvelle salle de classe en nid d'abeille a été construite pour des enfants réfugiés syriens et des enfants jordaniens dans le village de Zaatari en Jordanie. [Photo fournie par Martina Rubino/EAHR]

Dans le village jordanien de Zaatari, à l'extérieur du grand camp de réfugiés du même nom, se dresse une salle de classe faite à partir de sacs de sable, qui a remporté un prestigieux prix d'architecture pour son concept et son design.

La structure, conçue par l'organisation non gouvernementale Emergency Architecture and Human Rights (EAHR), a été construite par les réfugiés, pour les réfugiés.

Elle a été bâtie dans le cadre d'un plus vaste projet intitulé « Cent salles de classe et terrains de football », dans le but de redonner une éducation à une génération de réfugiés syriens obligés de quitter leur pays à cause de la guerre.

Un enfant escalade les murs entourant une salle de classe en nid d'abeille construite récemment dans le village de Zaatari en Jordanie. [Photo fournie par Martina Rubino/EAHR]
Un enfant monte à une échelle de corde dans une nouvelle salle de classe en nid d'abeille, dans le village de Zaatari. [Photo fournie par Martina Rubino/EAHR]
Des membres de la communauté travaillent ensemble pour construire une salle de classe en nid d'abeille dans le village jordanien de Zaatari. [Photo fournie par Martina Rubino/EAHR]

Des statistiques montrent qu'environ deux enfants réfugiés sur trois sont déscolarisés, en partie à cause du manque d'écoles dans les régions où ils vivent.

Une évaluation récemment publiée par l'UNICEF montre que 38 % des enfants syriens ne sont pas scolarisés en raison de facteurs comme la distance, les coûts, le manque de place ou le harcèlement.

Selon le directeur de l'EAHR, Michele Di Marco, l'initiative de cette salle de classe trouve ses racines dans l'atelier « 5x5 » de l'organisation en faveur des étudiants en architecture.

Les participants à l'atelier découvrent cinq cas humanitaires de cinq cultures différentes, a expliqué Di Marco, notant que cette approche offre aux étudiants une perspective mondiale sur les problèmes actuels.

Dans ce cas précis, les étudiants ont cherché à améliorer la scolarisation de Zaatari – le plus grand camp de réfugiés de Jordanie.

Inspiré d'un concept traditionnel

Lorsque l'EAHR s'est rendu à Zaatari en 2014, le personnel a découvert que la plupart des problèmes liés à l'éducation se trouvaient à l'extérieur du camp, et non pas à l'intérieur.

« C'est à ce moment que nous avons décidé de travailler dans le village de Zaatari avec Acting for Change », une ONG locale qui apporte de l'aide aux réfugiés syriens et aux Jordaniens à faibles revenus, a déclaré Di Marco.

Le design de la salle de classe a été inspiré par la Grande mosquée de Djenné au Mali, une structure traditionnelle en terre, et les structures en nid d'abeille typiques de maisons à Alep et Homs en Syrie, a-t-il ajouté.

De nombreux réfugiés viennent de cette région de Syrie, a-t-il précisé.

Le style en nid d'abeille est une solution viable pour l'édification d'écoles, en raison du choix limité de matériaux de construction disponibles et de l'environnement rude de la région, caractérisé par des étés chauds et des hivers froids, a-t-il poursuivi.

Cette technique de construction appelée Super-Adobe, développée par la NASA, a été approuvée par l'ONU, après de nombreuses années de recherche et de développement.

C'est une forme d'architecture basée sur les sacs de sable, créée par l'architecte et fondateur de CalEarth, Nader Khalili. Elle ne nécessite pas de renforts à haute résistance à la traction, et est simplifiée afin de pouvoir être bâtie par tout le monde.

Ce qui la distingue, selon Di Marco, est « qu'elle peut être construite rapidement par une main-d'œuvre non qualifiée, et qu'elle est plus efficace que les tentes, les parpaings et la tôle ondulée, en termes d'isolation thermique et de coût ».

« Sa conception aide également à gagner quatre à cinq degrés en hiver et à abaisser la température de six à sept degrés en été, par rapport aux bâtiments traditionnels », a-t-il indiqué.

La communauté impliquée dans le processus

Certains des réfugiés syriens ont déjà travaillé avec ces matériaux à Homs, et ils savent donc s'en servir, a déclaré Di Marco, ajoutant qu'il leur suffit d'un peu d'aide professionnelle pour la typologie et la technique de construction.

« Je faisais le plâtre dans notre maison tous les ans. Nous utilisions pour l'essentiel un mélange de terre, d'eau et de paille. La paille rend la structure plus résistante, surtout lorsqu'il pleut », a déclaré Oum Sultan, un réfugié syrien de 98 ans.

Avec la formation en construction dispensée par l'EAHR, les réfugiés pourront bâtir d'autres salles de classe de ce type, afin qu'elles soient utilisées pour les écoles locales, sans supervision, a expliqué Di Marco.

Les membres de la communauté sont impliquées pendant tout le processus, de la phase de conception à la construction, a-t-il déclaré, ajoutant que d'autres salles de classe seront construites cette année à Azraq et Arhaba, et qu'il est prévu d'élargir le projet en dehors de la Jordanie.

« Nous cherchons des fonds pour bâtir d'autres salles de classe et nous sommes ouverts à une collaboration avec d'autres ONG locales et internationales pour atteindre l'objectif de cent salles de classe », a-t-il indiqué.

Abou Sultan, bénévole sur ce projet et enseignant de mathématiques, a enseigné en Syrie durant vingt-cinq ans.

« Chaque salle peut accueillir jusqu'à vingt-cinq élèves », a-t-il déclaré. « Tous les enseignants sont des bénévoles jordaniens et syriens, et nous suivons les programmes jordaniens. »

Acting for Change assure la fourniture de stylos, de carnets, de bureaux, de chaises et de manuels scolaires.

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Di blue bubble 2 COMMENTAIRE (S)

علاء الدين قاسم محمد شروخ | 2018-04-06

Bien!

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علاء الدين قاسم محمد شروخ | 2018-04-06

Parfait!

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