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Terrorisme |

L'Iran aide des intermédiaires régionaux à saper la sécurité dans le Golfe

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

Des combattants yéménites fidèles au président en exil Abdrabbo Mansour Hadi passent en char devant un bâtiment détruit lors d'affrontements avec les Houthis, soutenus par l'Iran, dans la ville de Taez le 30 mai. [Ahmad al-Basha/AFP]

Le soutien continu apporté par l'Iran aux milices terroristes et perturbatrices dans la région est une preuve supplémentaire des plans du régime de Khomeini visant à déstabiliser les États arabes pour étendre sa propre influence, indiquent des analystes.

Au Yémen, quatre années de guerre entre les Houthis (Ansarallah) et la coalition arabe dirigée par les Saoudiens n'ont apporté que destruction et famine au pays.

L'accord de paix négocié sous l'égide des Nations unies est au point mort du fait des infractions persistantes par les Houthis. Pendant ce temps, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) continue de fournir à la milice des armes sophistiquées.

Au Liban, bien que le CGRI ait été obligé de réduire l'argent qu'il envoie au Hezbollah en raison des sanctions internationales imposées contre ces deux groupes, la milice libanaise sert les intérêts iraniens en échange d'argent et de soutien politique et logistique.

Dans une vidéo publiée le 14 mai, le département d'État américain affirme que le CGRI a mis en place une base militaire dans un centre du Hezbollah à Bayt Mubarak, à la frontière orientale du Liban, face à al-Zabadani en Syrie.

Ce lieu, dans la région d'Hermel-Bekaa, est utilisé par la force al-Qod du CGRI (FQ-CGRI) pour former à l'utilisation de transport de troupes blindés, selon la vidéo.

Le Hezbollah y organise des entraînements pour ses forces et pour les combattants de la FQ-CGRI et les milices affiliées.

Domination des voies de navigation

Le CGRI cherche à dominer les voies maritimes internationales grâce à ses intermédiaires, notamment les Houthis et le Hezbollah, a expliqué l'analyste politique Waddah al-Jalil à Al-Mashareq.

Il essaie de contrôler la côte ouest du Yémen, dans la mer Rouge, afin de construire une base militaire, comme l'ont indiqué plusieurs chefs militaires iraniens ces derniers mois, a indiqué al-Jaleel.

Les sanctions américaines ont resserré l'étau contre l'Iran et les groupes agissant pour lui, a-t-il fait savoir, suivi par le CGRI perturbant les transports dans le détroit d'Ormuz et le golfe d'Oman.

Un pétrolier japonais attaqué dans le golfe d'Oman la semaine dernière a été endommagé par une mine limpet ressemblant à celles utilisées par l'Iran, a affirmé l'armée américaine mercredi 19 juin.

Le commandant Sean Kido, du Commandement central des forces navales américaines (NAVCENT), a déclaré que la mine utilisée dans l'attaque « peut être distinguée et ressemble de façon frappante aux mines iraniennes qui ont déjà été montrées publiquement lors de défilés militaires iraniens ».

Le Kokuka Courageous japonais, chargé de méthanol hautement inflammable, a été attaqué jeudi dernier alors qu'il traversait le golfe d'Oman avec le Front Altair, qui est opéré par la Norvège.

Il s'agissait de la deuxième attaque en un mois contre des navires dans cette voie maritime stratégique.

Mi-mai, les États-Unis ont envoyé un groupe aéronaval et des bombardiers dans le golfe Persique, en réponse à la menace accrue de l'Iran, mais les États-Unis répètent qu'ils ne veulent pas d'une guerre contre Téhéran.

Une menace évidente pour le Golfe

Le Hezbollah et la milice des Houthis mettent en œuvre le programme iranien visant à saper la sécurité et la stabilité dans le golfe Persique, a déclaré à Al-Mashareq l'analyste politique Khalid Ahmed.

« Il est évident que la sécurité du Golfe est menacée par des actions militaires visant principalement l'Arabie saoudite », a-t-il déclaré, notant que les missiles et les récentes attaques des Houthis contre des cibles saoudiennes « se font avec un soutien direct de l'Iran et grâce à l'expertise du Hezbollah ».

Alors que l'Iran finance les Houthis et le Hezbollah et leur fournit des armes, il est clair que les Houthis ont aujourd'hui la priorité sur la milice libanaise, a-t-il dit, alors que le CGRI subit le choc des sanctions.

Le CGRI considère les Houthis comme plus précieux à ce stade, « car la milice combat l'Arabie saoudite, ennemi juré de l'Iran », a-t-il expliqué.

« Le CGRI soutient les Houthis dans tous les domaines : politique, militaire, économique et médiatique », a déclaré l'avocat et militant Abdoul Rahman Barman à Al-Mashareq.

Ce soutien a permis à la milice « d'envoyer plus de 200 roquettes et plus de 100 drones contre des régions saoudiennes », ciblant les installations économiques et les infrastructures civiles, a-t-il ajouté.

Dans la soirée du mercredi 19 juin, une frappe des Houthis a visé une usine de dessalement de la province de Jizan, dans le sud-ouest de l'Arabie Saoudite.

Une semaine plus tôt, la milice avait tiré un missile contre l'aéroport d'Abha, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, blessant 26 civils.

Le porte-parole de la coalition arabe, Turki al-Maliki, a déclaré que l'attaque contre l'aéroport constituait une « attaque terroriste » contre une cible civile, qui pourrait être considérée comme un « crime de guerre », ajoutant que la coalition allait « prendre des mesures fortes » pour dissuader les Houthis et protéger les civils.

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