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Société |

Les réfugiés syriens bravent une nouvelle tempête hivernale au Liban

Nohad Topalian à Beyrouth

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Deux tempêtes de neige ont frappé le Liban en moins de deux semaines, ravageant les camps de réfugiés improvisés répartis dans tout le pays. [Photo fournie par le HCR]

Un enfant syrien réfugié au Liban reçoit une boîte de vêtements d'hiver de la part de l'UNICEF. [Photo fournie par l'UNICEF]

L'organisation Sawa pour le développement et l'aide a mis en place une cellule de gestion de crise afin de coordonner les actions humanitaires avec d'autres organisations, y compris la préparation de colis alimentaires pour les réfugiés syriens dans les camps libanais. [Photo fournie par Sawa]

Sawa a fourni des vêtements d'hiver aux réfugiés touchés par la tempête de neige. [Photo fournie par Sawa] 

Des travailleurs de Basmeh et Zeitooneh distribuent de l'aide aux familles de réfugiés syriens dans l'un de leurs centres au Liban. [Photo fournie par Basmeh et Zeitooneh]

Sawa a aidé à renforcer les tentes des réfugiés avec du bois et des bâches en plastique avant l'arrivée de la deuxième tempête de neige frappant le Liban en moins de deux semaines. [Photo fournie par Sawa]

Un réfugié syrien reçoit un colis alimentaire dans le cadre de la Campagne de réponse pour les déplacés syriens des Émirats arabes unis, « Hiver 2019 », lancée début janvier au Liban. [Photo fournie par l'ambassade des ÉAU au Liban]

Les réfugiés syriens vivant dans des camps non officiels répartis dans tout le Liban ont affronté des vents violents et des chutes de neige avec l'arrivée d'une seconde tempête frappant le pays en moins de deux semaines.

La tempête de neige Miriam, qui a touché le pays dimanche 13 janvier, et qui a duré quelques jours, a apporté des vents allant jusqu'à 100 km/h et des vagues atteignant sept mètres de hauteur, ainsi que de fortes chutes de neige.

Norma, la tempête de neige de la semaine dernière, a frappé le nord-est du Liban pendant plusieurs jours et a déplacé de nombreux réfugiés syriens de leurs tentes, qui se sont écroulées sous le poids des fortes chutes de neige, de la pluie et des vents violents.

Sawa a aidé à renforcer les tentes des réfugiés avec du bois et des bâches en plastique avant l'arrivée de la deuxième tempête de neige frappant le Liban en moins de deux semaines. [Photo fournie par Sawa]

La force de cette tempête a ravagé les camps de réfugiés improvisés dans la vallée de la Bekaa, dans le nord et le Mont Liban.

Suite à la tempête de neige Norma, les réfugiés syriens ont renforcé leurs tentes en plastique, qui avaient été arrachées du sol par la tempête ou inondées par la crue du Litani.

Les organisations humanitaires ont aidé les réfugiés à consolider leurs tentes, et leur ont fourni du bois de construction, des bâches en plastique, des couvertures, des matelas, des vêtements d'hiver, de la nourriture et du combustible de chauffage.

Dans un communiqué publié le 12 janvier, le HCR a appelé toutes les organisations gouvernementales, non gouvernementales et de la société civile « à rester prêtes et à travailler ensemble pour protéger les plus vulnérables des conditions climatiques extrêmes à venir ».

Le choix du retour

Avec l'arrivée de la tempête de neige Miriam, un grand nombre de réfugiés sont restés dans les abris dans lesquels ils ont été déplacés après la première tempête, tandis que d'autres sont revenus dans leurs tentes.

Zakaria Shehadeh, réfugié syrien originaire d'Homs vivant dans le camp d'al-Hindi à Bar Elias avec sa femme et ses quatre enfants, est revenu dans le camp pour se préparer à la tempête de neige Miriam.

« Nous avons été contraints d'aller dans un abri lorsque notre tente a été inondée, mais nous y sommes revenus et avons fait sécher nos affaires », a-t-il raconté à Al-Mashareq.

Shehadeh a creusé une tranchée autour de sa tente pour aider à drainer l'eau de pluie et du Litani au cas où il entre en crue, a-t-il rapporté.

Il a également entouré sa tente de sacs de sable pour empêcher l'eau de s'infiltrer.

« Notre situation est tragique », a-t-il fait savoir. « Nos corps ont été détrempés par les eaux de la première tempête, et je ne veux pas que cela se reproduise, surtout que j'ai des enfants très jeunes, âgés de 15 jours à 7 ans. »

Sawa pour le développement et l'aide a fourni à sa famille du fioul, et l'organisation Basmeh et Zeitooneh lui a donné de la nourriture, a-t-il rapporté, « ce que nous espérons être suffisant pour nous permettre de traverser la tempête actuelle ».

Abou Talal Khaled Ali, réfugié syrien originaire d'Homs déplacé dans un camp improvisé à Bar Elias, a lui choisi de rester dans la mosquée de la ville avec sa famille de quatorze personnes.

Il a choisi de ne pas revenir dans le camp parce que « l'eau a détrempé toutes nos affaires, nos matelas et nos couvertures, et une grande partie de la tente s'est effondrée et sa remise en état nécessiterait beaucoup de travail ».

« Mes petits-enfants sont très jeunes, certains d'entre eux sont encore des bébés, et rien ne peut nous assurer que la rivière ne va pas à nouveau entrer en crue », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« Il vaut mieux que nous restions dans la mosquée jusqu'à ce que la tempête en cours passe, parce qu'il y a de quoi se nourrir et se chauffer », a-t-il ajouté.

Cellule de gestion de crise

Sawa a mis en place une cellule de gestion de crise pour coordonner les efforts d'aide avec d'autres organisations, parmi lesquelles Basmeh et Zeitooneh, Dar al-Salaam, Women Now for Development, LAHA Initiative et Syrian Eyes, a indiqué Meshaal Haider, coordinateur des opérations de Sawa.

Sawa « a été la première organisation à accourir à l'aide des réfugiés lorsque les camps ont été inondés », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« Nous avons déplacé 350 familles vers nos sept centres, nous avons coopéré avec d'autres organisations pour répondre à leurs besoins, et nous avons fourni à ceux qui sont restés dans leur tente du combustible de chauffage, des matelas, des couvertures et trois repas par jour », a-t-il rapporté.

« Nous avons creusé des tranchées pour drainer l'eau dans les camps de Deir Zanoun, près de Bar Elias, afin d'empêcher les eaux de pénétrer à nouveau dans les tentes », a ajouté Haider.

Sawa a utilisé des fonds de son budget pour fournir un kit complet de nourriture et de produits d'hygiène à 900 familles, a-t-il indiqué.

Basmeh et Zeitooneh « a accouru à l'aide des réfugiés pendant la tempête précédente et a déplacé 200 familles vers ses centres », a fait savoir la coordinatrice Diana Saleh.

Cette organisation a fourni du fioul, des couvertures et des matelas aux réfugiés, a-t-elle rapporté, et a consolidé les tentes des camps de Bar Elias avec des bâches en plastique solides et imperméables, en plus de creuser des tranchées autour des tentes.

Initiatives d'aide hivernale

Dans le même temps, plusieurs initiatives ont été lancées pour aider les réfugiés syriens et les communautés qui les accueillent, dont la Campagne de réponse pour les déplacés syriens des Émirats arabes unis, « Hiver 2019 », lancée début janvier au Liban par l'ambassade des ÉAU.

Dans le cadre de l'initiative Kiswat al-Shitaa de cette campagne, des vêtements d'hiver ont été distribués aux réfugiés syriens grâce à un don du Croissant-Rouge émirien.

Une aide alimentaire a été distribuée à l'école al-Semmaqiyeh d'Akkar, laquelle a hébergé un grand nombre de réfugiés après la crue la semaine dernière de l'al-Nahr al-Kabir à la frontière entre le Liban et la Syrie.

Cette initiative a été réalisée en collaboration entre le HCR et le ministère des Affaires aux réfugiés.

Le Centre d'aide humanitaire du Roi Salmane (KSRelief) lancera lui aussi une grande campagne d'aide en faveur des réfugiés syriens des camps d'Arsal, de la Bekaa et d'Akkar.

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2 COMMENTAIRE (S)

Politique Commentaire Captcha
Bubble | 2019-02-09

Je m'appelle Ghassan Aqqad. Je suis syrien. Mon numéro de dossier est c3542924513. Le problème, c’est que je suis victime harcèlements du régime. J'ai reçu des menaces alors que je vis au Liban. Je suis terrifié. De plus, ma fille a besoin d’opérations mais je ne peux pas me le permettre. Si elle ne subit pas les opérations, elle sera handicapée. Je n'ai pas de travail. J'ai quatre enfants. Ma situation ne me permet pas de retourner dans mon pays. Aidez-moi, s'il vous plaît. Merci!

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Bubble | 2019-01-24

Malheureusement, nous n'avons reçu aucune aide. Nous sommes restés à Akar, mais nous n'avons reçu aucune aide ou assistance.

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