Sécurité |
2018-03-12

Le CGRI avance ses pions au détriment du peuple iranien, affirment des experts

Un membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique en faction près de Tadmor (Palmyre) en Syrie, où deux officiers du CGRI ont été tués fin 2016. [Photo fournie par Sheyar Turko]

En épuisant les ressources nationales pour financer les groupes armés dans la région, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) agit au détriment des intérêts du peuple iranien et des pays voisins, ont expliqué des experts à Diyaruna.

Le CGRI met en effet en œuvre ses plans dans la région en utilisant tous les moyens dont il dispose, aux dépens de la sécurité et des ressources des peuples iranien et syrien, a estimé Fathi al-Sayed, chercheur au Centre al-Sharq d'études stratégiques et régionales.

Dans le but de promouvoir les plans du régime iranien, le CGRI ignore les intérêts du peuple iranien, a-t-il expliqué à Diyaruna, car ses plans expansionnistes exigent qu'il apporte son soutien et finance à grands frais plusieurs groupes affiliés dans les pays de la région.

Il accomplit cela en « épuisant les ressources de l'économie iranienne », a-t-il poursuivi, ce qui a « un impact économique et social négatif sur le peuple iranien, comme le montrent les vagues de protestation que nous voyons apparaître ».

Entre le 28 décembre et le 1er janvier, des manifestants ont protesté dans tout le pays contre le mauvais état de l'économie, visant spécifiquement l'utilisation faite par le régime iranien des ressources du pays pour apporter son soutien à ses affiliés et ses intermédiaires, comme le Hezbollah libanais et le régime syrien.

« Corruption généralisée »

Depuis sa création, le CGRI a cherché à profiter de l'économie iranienne pour assurer les flux de financement nécessaires à ses projets et à ses plans expansionnistes, a expliqué le chercheur Sheyar Turko, spécialiste du CGRI et de ses méthodes de financement.

Ces plans ont commencé avec la mise en place du Hezbollah libanais, qui à l'époque avait procédé à des dizaines d'assassinats et d'attentats à la bombe visant d'importantes personnalités et des opposants connus au CGRI.

« De multiples sociétés furent mises en place pour contrôler tous les aspects de la production en Iran, et elles sont directement affiliées au CGRI et non au gouvernement iranien », a poursuivi Turko.

Parmi elles se trouve la société d'ingénierie Khatam al-Anbiya, le principal bras financier du CGRI, a-t-il précisé.

Le CGRI a également créé plusieurs autres sociétés dans divers domaines qui lui permettent de resserrer son emprise sur tous les secteurs de l'économie, a-t-il poursuivi.

Ce sont notamment la Sepanir Oil and Gas Engineering, Telecommunication Company of Iran (TCI), la banque Ansar, la banque Saderat Iran, le consortium fiduciaire Mobin (Etemad-e-Mobin), le groupement professionnel Shahid Rajaee et la SADRA - la société industrielle maritime d'Iran.

« Le contrôle qu'exerce ainsi le CGRI sur les ressources économiques de l'Iran est une corruption généralisée », a poursuivi Turko.

« Semblable à la mafia »

Le CGRI est engagé dans des actions semblables à celles de la mafia internationale, a expliqué Abbas Mohammadi, professeur à la faculté de droit de l'université de Téhéran.

Pour ce faire, le CGRI a formé des groupes armés qui « lui sont directement affiliés et lui obéissent aveuglement », a-t-il indiqué à Diyaruna.

Toutes les milices et tous les groupes affiliés au CGRI doivent allégeance à l'al-Wali al-Faqih (Gardien de la Constitution, l'Ayatollah Khamenei), l'autorité suprême et unique du CGRI, a-t-il précisé.

« Pour mettre en œuvre son expansion dans la région, les gangs criminels formés par le CGRI ont mené des centaines d'opérations sordides, notamment des attaques militaires, des meurtres et des assassinats », a poursuivi Mohammadi.

En Syrie plus spécifiquement, le CGRI a mis en œuvre son plan d'expansion sur place par le biais de groupes qu'il a importés de l'étranger, de pays tels que l'Irak, le Liban et l'Afghanistan, a-t-il ajouté.

Il forme également de nouvelles milices syriennes, et des responsables du CGRI ont activement recruté des combattants pour la brigade 313, qui est basée dans la ville d'Azraa, dans la province de Daraa, au sud-ouest du pays, et reçoit ses ordres de l'Iran.

Ces développements montrent que le CGRI « prolonge la guerre en manipulant la politique intérieure et en entravant toutes les tentatives faites pour mettre un terme à ce conflit sanglant en Syrie », a poursuivi Mohammadi.

Ce faisant, le CGRI tente de nettoyer le terrain pour poursuivre la mise en œuvre de son projet d'expansion et de prise de contrôle de zones stratégiques, a-t-il conclu.

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