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Sécurité |

2019-02-12

Les Iraniens paient le prix de l'expansion du programme de missiles iranien, d'après les experts


Le missile iranien à courte portée Zolfaghar est montré lors d'un défilé militaire du CGRI à Téhéran. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]
Le missile iranien à courte portée Zolfaghar est montré lors d'un défilé militaire du CGRI à Téhéran. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

La récente expansion du programme de missile de l'Iran est une provocation régionale et internationale qui draine en plus l'économie déjà en difficulté du pays au détriment de ses citoyens, ont expliqué des experts à Al-Mashareq.

Le coût du programme de missiles a été imposé au peuple iranien, qui souffre déjà de détresse économique alors que l'Iran poursuit ses ambitions expansionnistes.

Jeudi 7 février, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a dévoilé un nouveau missile balistique, « Dezful », doté d'une portée de mille kilomètres, a rapporté l'AFP. Ce missile sol-sol est une version améliorée du modèle Zolfaghar.


L'Iran a annoncé le 2 février avoir testé avec succès le missile de croisière Hoveizeh sur une distance de 1 200 km. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]
L'Iran a annoncé le 2 février avoir testé avec succès le missile de croisière Hoveizeh sur une distance de 1 200 km. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les Iraniens paient le prix des ambitions de production de missiles du CGRI, alors que leur situation économique se détériore fortement. [Archive]
Les Iraniens paient le prix des ambitions de production de missiles du CGRI, alors que leur situation économique se détériore fortement. [Archive]

Quelques jours plus tôt, le 2 février, l'Iran a déclaré avoir testé avec succès un nouveau missile de croisière, « Hoveizeh », d'une portée de 1 350 km.

« Le test du missile de croisière Hoveizeh a été réussi sur une portée de 1 200 km, et il a atteint sa cible », a déclaré le ministre de la Défense Amir Hatami, des propos rapportés par la télévision d'État diffusant une vidéo du lancement.

« Il peut être prêt dans les plus brefs délais et vole à une altitude très basse », a-t-il ajouté, décrivant l'Hoveizeh comme « le bras long de la République islamique d'Iran ».

L'Hoveizeh fait partie du groupe de missiles de croisière Soumar, dévoilé pour la première fois en 2015 avec une portée de 700 km, a indiqué le ministre.

Le major général Mohammad Ali Jafari, commandant du CGRI, et le général de brigade Amirali Hajizadeh, commandant de l'aérospatiale, ont dévoilé ces nouvelles armes dans une « usine souterraine de production de missiles balistiques », ont rapporté les médias iraniens.

Les Iraniens paient le prix

« Pour développer ses capacités en missiles, l'Iran dépense de l'argent des ressources souveraines et des richesses du peuple iranien », a indiqué Fathi al-Sayed, chercheur au Centre Al-Sharq d'études régionales et stratégiques.

Le programme de missiles, qui comprend l'amélioration des anciens missiles et le développement de nouveaux modèles, « demande beaucoup d'argent », a-t-il expliqué à Al-Mashareq, ajoutant que le peuple iranien « paie le prix des ambitions du CGRI ».

« Les Iraniens ont vu leur situation économique se détériorer fortement, comme le montrent les soulèvements populaires qui ont balayé la plupart des villes d'Iran et continuent de le faire », a déclaré al-Sayed.

Les manifestations violentes qui ont éclaté en Iran fin 2017 pour protester contre l'état grave de l'économie « ont connu une répression et un black-out médiatique mené par les forces de sécurité intérieure comme le Basij et d'autres », a-t-il indiqué.

Bien que l'Iran prétende le contraire, a-t-il poursuivi, le programme de missiles n'est pas destiné à la défense, mais « il est davantage lié aux plans expansionnistes du CGRI et à l'aide qu'il apporte aux branches militaires qu'il a créées pour mettre en œuvre ces plans ».

Les missiles représentent « une grave menace »

« Le mépris flagrant de l'Iran pour les normes internationales doit être abordé », a affirmé le 7 février Robert Palladino, porte-parole adjoint du département d'État américain, suite à l'arrivée du nouveau missile balistique et au test du missile de croisière.

« Nous devons relancer des restrictions internationales plus dures pour décourager le programme de missiles de l'Iran », a-t-il déclaré.

« Les États-Unis continueront sans relâche de mobiliser le soutien mondial pour confronter l'activité de missiles balistiques imprudente du régime iranien, et nous continuerons d'imposer une pression suffisante au régime afin qu'il change son comportement malveillant, y compris en mettant en œuvre toutes nos sanctions. »

En plus du développement de son programme de missiles, l'Iran mène une campagne médiatique provocante qui cherche à défier les pays occidentaux et les États-Unis en particulier, a indiqué Sheyar Turko, qui étudie le financement du CGRI.

Les efforts continus du CGRI pour augmenter la portée et la précision de ses missiles et pour accroître le nombre de tests et de lancements opérationnels renforcent la méfiance et contribuent à l'instabilité régionale, fait savoir l'Union européenne dans un communiqué du 4 février.

Des usines d'armes contrôlées par le CGRI

L'aspect le plus grave du problème des missiles iraniens est le transfert du processus de fabrication ou d'assemblage vers des usines supervisées par des officiers du CGRI dans des pays comme le Yémen, la Syrie et le Liban, a expliqué Turko à Al-Mashareq.

Ces usines seront « finalement entre les mains de groupes armés affiliés au CGRI dans ces pays », a-t-il indiqué, notant qu'il serait impossible pour ces pays de faire valoir leur souveraineté dans ces circonstances.

« L'Iran teste des missiles balistiques sous prétexte de tests de missiles porteurs de satellites, afin d'échapper aux accusations d'infractions de résolutions de l'ONU et à l'imposition de nouvelles sanctions », a déclaré l'expert en sécurité Abdoul Karim Ahmed à Al-Mashareq.

Ahmed a prévenu du danger d'un système de missile sol-sol à moyenne portée ne nécessitant pas beaucoup de précision technique pour la construction et qui est fourni par l'Iran à ses intermédiaires militaires dans la région, ajoutant que ces armes présentent « une menace constante ».

« L'Iran a également développé la série de missiles antichars Toophan, et notamment les missiles Touphan 3 et Toophan 7 », a-t-il rapporté.

Les Iraniens « paient une très lourde facture pour un programme de missiles qui a eu un impact [négatif] sur leur situation économique », a-t-il conclu.

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