L'Arabie saoudite met en place de nouvelles mesures pour endiguer le financement du terrorisme


Des membres de l'Unité d'enquête financière saoudienne participent à une formation pour connaître les dernières méthodes de suivi de blanchiment d'argent et de lutte contre le financement du terrorisme. [Photo fournie par le ministère de l'Intérieur saoudien]

Des membres de l'Unité d'enquête financière saoudienne participent à une formation pour connaître les dernières méthodes de suivi de blanchiment d'argent et de lutte contre le financement du terrorisme. [Photo fournie par le ministère de l'Intérieur saoudien]

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Les nouvelles mesures mises en place par l'Arabie saoudite pour lutter contre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent, qui sont entrées en vigueur début novembre, ciblent de nouveaux secteurs et devraient restreindre encore plus le versement illégal de fonds, affirment des experts à Al-Mashareq.

« Le nouveau mécanisme mis en œuvre dans tout le royaume pour lutter contre les crimes de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme permet des poursuites plus complètes de ce genre de crimes », a déclaré Mahmoud al-Nawfal, membre de l'Unité d'enquête financière saoudienne (SAFIU) du ministère de l'Intérieur.

Le processus de poursuite et de surveillance englobe des secteurs supplémentaires, tels que ceux des métaux précieux et des pierres précieuses, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

« Ce qui distingue ce mécanisme est qu'il permet aux citoyens ordinaires de signaler tout individu suspect grâce à un formulaire spécial », a-t-il déclaré.

Il existe deux autres types de formulaires de signalement, un pour les banques et l'autre pour les institutions et les entreprises, a détaillé al-Nawfal, ajoutant que ceux-ci ont été transmis à tous les secteurs publics et privés concernés.

Le formulaire de signalement pour les institutions et les entreprises contient toutes les informations sur le type et le montant de la transaction, a-t-il précisé, et il doit être adressé à l'Autorité des marchés financiers, « car les institutions et les entreprises sont sous son autorité ».

Le second type de formulaire est utilisé pour les banques et les sociétés de change, d'assurance et de finances.

Tous ceux qui envoient des signalements « doivent le faire par le biais de moyens officiels juridiques ou financiers, c'est-à-dire des offices publics notariaux, des bureaux d'experts-comptables officiellement agréés ou des cabinets d'avocats », a déclaré al-Nawfal.

Le but est de bloquer ceux qui chercheraient à exploiter ces procédures pour se venger d'individus ou d'entreprises pour des raisons personnelles, a-t-il ajouté.

Les signalements sont envoyés directement au directeur de l'Administration générale des enquêtes financières, qui prendra les mesures juridiques nécessaires, a indiqué al-Nawfal.

Une adresse e-mail ([email protected]), un numéro de téléphone (8001222224) et un numéro de télécopie (0114127616) ont été mis en place pour recevoir les signalements.

Satisfaire aux exigences internationales

« Ces nouveaux mécanismes satisfont aux exigences internationales concernant la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent, notamment celles définies par le Groupe d'action financière (GAFI) », a fait savoir Yasser al-Mouhanna, conférencier à l'université Qassim.

En 2015, le royaume a rejoint le GAFI, un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, en tant que membre observateur.

« Ces nouvelles mesures s'inscrivent dans la tendance générale du royaume visant à réguler tout ce qui concerne le financement et les activités financières, y compris la lutte contre le financement du terrorisme, le blanchiment d'argent et la corruption », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

L'association de l'Arabie saoudite avec des institutions internationales qui combattent le financement du terrorisme facilitera la surveillance et la poursuite des personnes physiques et morales qui pratiquent ce genre d'activité, a-t-il déclaré.

Les enquêtes et les poursuites contre le financement du terrorisme ne se concentre plus seulement sur des groupes comme al-Qaïda et « l'État islamique » (Daech), a-t-il fait savoir, notant que les groupes qui reçoivent des fonds du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et du Hezbollah sont passibles de poursuites.

Bataille contre le terrorisme

« Le royaume est désormais au cœur de la bataille contre le terrorisme, et cette lutte est inutile sans les mesures prises pour en stopper le financement », a affirmé Shamel Humaidan, du bureau de Riyad de l'Autorité générale de la zakat et des impôts.

Le royaume agit sur ce front dans le pays et à l'étranger, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« Il prête également attention aux méthodes non traditionnelles », a-t-il ajouté, car ceux qui financent le terrorisme abandonnent la méthodologie qu'ils utilisaient par le passé et se servent de nouvelles techniques pour ne pas éveiller les soupçons.

La nouvelle directive du royaume indique que certains criminels exploitent des secteurs qui échappaient autrefois à l'attention afin de transférer des fonds aux groupes terroristes, a-t-il déclaré.

Ceux-ci incluent les secteurs des pierres et des métaux précieux, qui se prêtent aux opérations de contrebande, car ces produits ont la même valeur partout dans le monde, a indiqué Humaidan.

Le secteur de l'immobilier est également surveillé de près, a-t-il poursuivi, car c'est « un secteur vital qui permet de faire croître le capital et de blanchir de l'argent, un secteur qui enregistre depuis longtemps une forte croissance ».

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