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Les États-Unis placent des députés du Hezbollah sur liste noire pour la première fois

Ce montage photo créé le 10 juillet montre des photos d'archive des députés du Hezbollah libanais Mouhammad Hasan Raad (à gauche) s'adressant aux médias à Beyrouth le 24 septembre 2008, et Amin Sherri (à droite) participant à une réunion à Beyrouth le 18 septembre 2010, ainsi que du haut responsable du Hezbollah Wafiq Safa (au centre) à l'aéroport de Beyrouth le 16 juillet 2008.  [Hassan Ibrahim, Anouar Amro, Joseph Barrak/AFP]

Le Trésor américain a placé deux élus du Hezbollah au parlement libanais sur sa liste noire, mardi 9 juillet. C'est la première fois que Washington s'en prend directement à des responsables politiques élus d'un groupe allié à l'Iran.

Accentuant ses efforts de pression mondiale contre le Hezbollah, le Trésor a inscrit les députés Amin Sherri et Mouhammad Hasan Raad sur la liste des personnes liées au terrorisme, affirmant que le parti use de son pouvoir parlementaire pour promouvoir des actions violentes.

A également été placé sur cette liste Wafiq Safa, un haut responsable du Hezbollah proche de Hassan Nasrallah.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a expliqué que les États-Unis avaient ciblé trois responsables « qui profitent de leur position pour aider le Hezbollah et le régime iranien dans leurs efforts délibérés pour saper la souveraineté du Liban ».

« Toute distinction faite entre les branches politiques et militaires du Hezbollah est artificielle », a-t-il précisé. « Nous en appelons à nos alliés et à nos partenaires pour qu'ils désignent le Hezbollah dans son intégralité comme une organisation terroriste. »

Pompeo a lié cette mesure à la campagne de « pression maximale » menée par les États-Unis contre l'Iran et ses intermédiaires au Moyen-Orient, notamment le Hezbollah, que Washington a officiellement désigné comme « groupe terroriste ».

C'est la première fois que le Trésor américain place des parlementaires du Hezbollah sur sa liste noire, qui interdit aux ressortissants américains et aux entreprises ayant des filiales aux États-Unis, notamment les banques internationales, de commercer avec les personnes sanctionnées.

Les branches politique et militaire ne sont pas distinctes

Le Hezbollah avait remporté 13 des 128 sièges que compte le parlement libanais lors des élections législatives du 6 mai 2018, et avait participé à un gouvernement de coalition mis en place le 31 janvier, prenant le contrôle de trois ministères.

Mais Washington affirme qu'il ne considérera pas les activités politiques et militaires du groupe comme distinctes l'une de l'autre.

« Il est temps, pensons-nous, que les autres nations du monde reconnaissent qu'il n'y a aucune différence entre la branche politique du Hezbollah et sa branche militaire », a déclaré une haute responsable de l'administration américaine sous couvert de l'anonymat.

« À tout membre du Hezbollah qui envisagerait de se présenter à une fonction officielle, sachez que vous ne serez pas en mesure de vous cacher derrière une fonction politique », a-t-elle déclaré.

Raad, 64 ans, est le chef du bloc parlementaire du parti et député depuis 1992.

Sherri, 62 ans, est le plus ancien représentant du Hezbollah au parlement, depuis 17 ans, et est député de Beyrouth.

Safa, a indiqué le Trésor, entretient les liens du groupe avec les financiers, et facilite, semble-t-il, les trafics d'armes et de stupéfiants.

Viser les activités commerciales du Hezbollah

Ces dernières sanctions en date portent à 50 le nombre d'individus et d'entités du Hezbollah inscrits sur sa liste noire par le Trésor depuis 2017.

Parmi eux se trouvent des banquiers et des hommes d'affaires dont Washington affirme qu'ils sont profondément impliqués dans les activités commerciales du Hezbollah dans le monde, notamment des trafics de stupéfiants et d'armes.

Les sanctions ont visé en particulier des entreprises et des individus qui aident le groupe à déplacer de l'argent dans tout le Moyen-Orient.

Pompeo a indiqué que les pressions américaines sur l'Iran et le Hezbollah avaient un impact sur les opérations du groupe libanais.

« En conséquence, cette organisation terroriste désignée a été contrainte d'adopter des mesures d'austérité sans précédent », a-t-il poursuivi.

Et de conclure : « En mars 2019 par exemple, pour la toute première fois, le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah a lancé publiquement un appel à un soutien financier. »

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