Jeunesse |

2018-10-11

Le CGRI pousse les jeunes Irakiens à se battre en Syrie et au Yémen


Des éléments irakiens des Bataillions de l'Imam Ali, groupe affilié au CGRI, sont présents sur cette photo publiée sur internet par la milice le 27 septembre.
Des éléments irakiens des Bataillions de l'Imam Ali, groupe affilié au CGRI, sont présents sur cette photo publiée sur internet par la milice le 27 septembre.

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran s'en prend à la jeunesse irakienne en les recrutant afin qu'ils se battent dans des zones de conflits régionaux comme la Syrie et le Yémen, ont rapporté des observateurs et des analystes irakiens à Diyaruna.

Les opérations de recrutement sont menées dans des lieux tenus secrets par des milices irakiennes loyales à l'Iran et qui incitent des jeunes vulnérables à rejoindre leurs rangs avec de l'argent, ou grâce à de l'extorsion ou par la contrainte.

« L'Iran et le CGRI, sa branche militaire, encouragent le recrutement de davantage de combattants irakiens », a fait savoir Cheikh Muzahim al-Huweit, porte-parole tribal de Ninive.


Des combattants irakiens de Harakat al-Nujaba lors d'un enterrement symbolique de leurs morts au cimetière d'al-Najaf, sur une photo publiée sur internet par la milice le 11 décembre 2017.
Des combattants irakiens de Harakat al-Nujaba lors d'un enterrement symbolique de leurs morts au cimetière d'al-Najaf, sur une photo publiée sur internet par la milice le 11 décembre 2017.

« Les milices irakiennes armées affiliées au CGRI, comme Assaib Ahl al-Haq, Kataib Hezbollah (Bataillons du Hezbollah) en Irak et Harakat al-Nujaba s'occupent des opérations de recrutement », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Ces milices ont des bureaux qui recrutent secrètement des adolescents et des jeunes de familles pauvres et les attirent avec de l'argent, y compris avec un important paiement initial versé à chaque volontaire pouvant atteindre 9 000 $ », a-t-il précisé.

Après cela, un salaire mensuel est versé à la recrue ou sa famille, a-t-il ajouté.

« L'incitation n'est pas la seule méthode qu'elles emploient, car elles ont également recours à l'extorsion et la contrainte », a-t-il poursuivi.

Recrutement en Irak

« Le rythme du recrutement n'a pas ralenti depuis le début du conflit en Syrie, les milices essayant plusieurs moyens pour répondre au besoin de combattants à tout prix afin de satisfaire les iraniens », a déclaré al-Huweit.

« Il y a des bureaux de recrutement dans la province de Diyala, dirigés par l'Assaib Ahl al-Haq, mené par Qaïs al-Khazaali, et d'autres ont récemment été ouverts dans la province de Ninive, et plus spécifiquement dans les plaines de Ninive », a-t-il ajouté.

Il a aussi été signalé qu'un nouveau bureau a ouvert ses portes dans la région de Tuz Khurmato, dans l'est de la province de Salaheddine.

« Les recrues doivent suivre un entraînement physique et au maniement des armes dans des camps appartenant aux milices, sous prétexte de leur préparation au combat contre les éléments restants de l'EIIS et au maintien de la sécurité », a-t-il déclaré.

« Mais la réalité est différente », a-t-il précisé, soulignant que « ce qui se passe ne peut pas être toléré ».

« L'Iran accapare nos jeunes et les utilise pour alimenter le conflit dans la région et s'en prendre à sa sécurité », a-t-il ajouté. « Les milices doivent être tenues pour responsables, et leurs activités qui sapent la sécurité du pays doivent cesser. »

Des combattants sortis clandestinement d'Irak

« Le déplacement de nouvelles recrues vers la Syrie et le Yémen se fait de la même façon utilisée pour faire entrer illégalement des armes dans ces pays », a indiqué à Diyaruna l'expert en stratégie Muayyed Salem al-Juhaishi.

Les recrues « passent illégalement d'Irak vers la Syrie par terre ou par les airs en tant que touristes », a-t-il expliqué. « Parfois, leur première destination est le Liban, et de là ils partent vers le Yémen avec de faux passeports ou sont passés clandestinement par la mer. »

Selon les estimations actuelles, il y aurait entre 20 000 et 30 000 irakiens, libanais et afghans recrutés par le CGRI pour combattre en Syrie, la plupart d'entre eux étant déployés sur les fronts de l'est et du sud des zones rurales du pays.

Parmi les groupes armés irakiens actifs en Syrie se trouvent les Bataillons de l'Imam Ali, Harakat al-Nujaba, les Bataillons Sayyed al-Shuhada et la Brigade de l'Imam al-Hussein. Il n'existe aucun chiffre précis sur le nombre de combattants irakien au Yémen.

Abou Walaa al-Waeli, leader des Bataillions Sayyed al-Shuhada, a annoncé le 7 juillet qu'il est prêt à aller se battre au Yémen, se décrivant comme un « humble soldat » d'Abdoul Malik al-Houthi, chef des Houthis (Ansarallah).

Cette annonce a souligné « l'intention des milices d'exécuter les plans de l'Iran dans la région, c'est-à-dire d'alimenter les conflits sectaires », a prévenu l'analyste militaire et stratégique Rabih al-Juwari.

« L'Iran poursuit ce qui correspond à ses objectifs et ses intérêts, mais ceux qui en paient le prix au final sont ceux qui sont trompés », a-t-il affirmé à Diyaruna.

« L'Iran est coupable de la ruine de la jeunesse irakienne en les poussant dans le vortex des guerres et en les faisant combattre hors de leur pays », a-t-il conclu.

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