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Société |

2018-10-10

Un festival jordanien contre les violences faites aux enfants


La reine Rania de Jordanie lors du lancement d'un festival organisé par le Conseil national aux affaires familiales et l'UNICEF dans le cadre d'une campagne nationale visant à réduire les violences physiques contre les enfants. [Photo tirée de la page Facebook du Conseil national aux affaires familiales]
La reine Rania de Jordanie lors du lancement d'un festival organisé par le Conseil national aux affaires familiales et l'UNICEF dans le cadre d'une campagne nationale visant à réduire les violences physiques contre les enfants. [Photo tirée de la page Facebook du Conseil national aux affaires familiales]

Un festival interactif s'adresse aux familles de Jordanie dans le cadre d'une campagne nationale pour promouvoir une approche positive à l'éducation des enfants et lutter contre les violences physiques à l'encontre des enfants.

Le Conseil national aux affaires familiales (CNAF) jordanien et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) ont lancé le 18 septembre le festival « The Adventures of Looney Balloony », auquel la reine Rania de Jordanie a assisté.

Ce festival, qui se tient également à Irbid et Zarqa, a cherché à sensibiliser au dialogue et aux approches éducatives positifs. Il se déroulera ensuite à Aqaba les 12 et 13 octobre.


La reine Rania au festival « The Adventures of Looney Balloony » à Amman le 18 septembre. [Photo tirée de la page Facebook du Conseil national aux affaires familiales]
La reine Rania au festival « The Adventures of Looney Balloony » à Amman le 18 septembre. [Photo tirée de la page Facebook du Conseil national aux affaires familiales]

Huit personnages de dessin animé ont été utilisés pour présenter aux enfants, à leurs parents et tuteurs les outils et compétences nécessaires à une éducation saine pour les enfants.

Chaque personnage représente une compétence positive que les parents peuvent utiliser pour l'éducation de leurs enfants, comme la communication, la patience, les preuves d'amour, l'écoute, l'encouragement, ainsi que le fait d'être un exemple et de comprendre le développement infantile.

Militantisme à tous les niveaux

« L'un des objectifs les plus importants de la campagne est d'augmenter l'engagement et le militantisme aux niveaux local et national pour interdire toutes les formes de violence infligées aux enfants », a déclaré Mohammed al-Miqdadi, secrétaire général par intérim du CNAF.

La campagne vise à promouvoir la non-violence, sensibiliser et développer les capacités de tous ceux qui travaillent avec des enfants, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Elle cherche également à « fournir des services de traitement et de réhabilitation sociale, à développer des services et systèmes de signalement adaptés aux enfants et qu'ils peuvent facilement utiliser », a-t-il ajouté.

Cela aidera à garantir la responsabilisation et à mettre fin à l'impunité pour les crimes commis à l'encontre des enfants, a-t-il déclaré.

Le festival fait partie d'une « stratégie nationale multisectorielle sur trois ans visant à réduire de moitié les violences faites aux enfants en Jordanie d'ici 2021 », a fait savoir al-Miqdadi dans une déclaration.

Des études ont montré que neuf enfants sur dix en Jordanie sont victimes de violences physiques aux mains de leurs parents, enseignants ou tuteurs.

Des études menées en Jordanie montrent que « 52 % des enfants subissent des punitions légères, 34 % reçoivent des punitions moyennes, et 70 % sont victimes de violences verbales de la part de leurs parents », a précisé al-Miqdadi.

Certains sont également victimes de punitions des mains de leurs frères et sœurs, de proches ou d'autres enfants qui vivent avec eux, a-t-il indiqué, soulignant le besoin de sensibiliser à ce problème afin de « protéger les enfants et de défendre leurs droits ».

« Une nécessité sociale »

Le professeur de sociologie Hussein al-Khuzaie a insisté sur le besoin d'informer la communauté, et en particulier les nouveaux parents, sur les effets de la violence sur les enfants.

« Punir un enfant par n'importe quelle forme de violence laisse des cicatrices psychologiques dévastatrices et dans certains cas désastreuses », a-t-il affirmé à Al-Mashareq.

La société tout entière est responsable de la protection des enfants, « à commencer par les parents, l'école et la famille », a-t-il indiqué, ajoutant que les actions de sensibilisation doivent se poursuivre.

Ayat Hammouda, mère de quatre enfants, a déclaré à Al-Mashareq que sa fille a été soumise à des violences verbales de la part d'un enseignant d'une école publique de Tabarbour, à Amman.

« Après qu'un enseignant a récemment insulté ma fille Layla, qui est en primaire, elle ne veut plus aller en cours et a acquis une peur de l'école », a rapporté Hammouda. « J'ai travaillé avec ma fille jusqu'à ce qu'elle surmonte le problème, mais cela a eu un impact négatif sur elle. »

« Nous nous mettons parfois en colère contre les actions de nos enfants et nous leur crions dessus, mais c'est une mauvaise idée », a-t-elle déclaré.

Les écoles doivent étudier cette question, a indiqué Hammouda, ajoutant que les enfants doivent être protégés de tout type de mauvais traitement.

Pour cela, la campagne nationale pour combattre la violence contre les enfants est « une entreprise essentielle et importante », a-t-elle conclu.

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