Droits de l'Homme |

2018-08-07

Prêts à tout pour garder al-Hodeidah, les Houthis recrutent de force les habitants


Cette photo prise le 17 juillet montre des Yéménites déplacés d'al-Hodeidah recevant une aide alimentaire de la part d'une ONG japonaise dans le district d'Abs, dans le nord de la province d'Hajjah. [Essa Ahmed/AFP]
Cette photo prise le 17 juillet montre des Yéménites déplacés d'al-Hodeidah recevant une aide alimentaire de la part d'une ONG japonaise dans le district d'Abs, dans le nord de la province d'Hajjah. [Essa Ahmed/AFP]

Le manque de soutien populaire à al-Hodeidah pour les Houthis (Ansarallah), soutenus par l'Iran, ainsi que les lourdes pertes subies sur les champs de bataille ont poussé la milice à recruter de force des jeunes.

Certaines familles d'al-Hodeidah ont envoyé illégalement leurs fils vers Sanaa ou d'autres villes du Yémen, ou les cachent chez elles par peur qu'ils soient recrutés par la milice, ont rapporté des habitants et des militants des droits de l'homme.

Hisham Mohammed, âgé de 20 ans, a récemment fui vers Sanaa avec des hommes de sa famille pour échapper à l'enrôlement imposé par des leaders de quartier, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Mohammed n'a pas remis les pieds à al-Hodeidah depuis le début de l'offensive pour libérer la ville le 13 juin, a-t-il fait savoir.

« Ma mère craignait beaucoup que je sois enrôlé de force par les leaders de quartier », a-t-il rapporté, ajoutant qu'il est resté chez lui pendant un mois avant de pouvoir fuir vers Sanaa.

Aucun soutien populaire

« Les Houthis ont recours à l'enrôlement de force parce qu'ils n'ont pas d'incubateur populaire dans les districts d'al-Hodeidah », a expliqué Wadih Atta, professionnel des médias à al-Hodeidah.

« Ils ont imposé un recrutement forcé aux habitants après ne pas avoir su les intimider et ont abandonné l'idée de les attirer », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Les Houthis commettent des abus arbitraires dans certains districts d'al-Hodeidah, a-t-il indiqué, parmi lesquels « une taxe de 3 000 riyals (12 USD) en échange de l'enrôlement de leurs fils ».

Des centaines de familles ont fait sortir clandestinement leurs fils de la province pour « échapper à la tyrannie de la milice », a-t-il précisé.

Les Houthis ont perdu beaucoup de leurs combattants dans les batailles de libération d'al-Hodeidah, y compris dans les districts d'al-Tuhayat, Hays et al-Durayhimi, a-t-il rapporté, tandis que d'autres ont déserté.

« Les Houthis tuent ceux qui se battent dans leurs rangs s'ils essaient de fuir les combats, comme cela a été le cas avec un jeune du village de Beït al-Faqih qui a quitté le front où il avait été amené de force et qui a été tué à son retour », a indiqué Atta.

Faiblesse sur les fronts

Il existe deux raisons principales au recrutement forcé des jeunes par les Houthis, a expliqué à Al-Mashareq l'avocat et militant Abdoul Rahman Barman.

La première est que la milice perd un grand nombre de ses combattants au cours des batailles, et la seconde est la réticence des tribus à mener un recrutement volontaire, a-t-il précisé.

Les Houthis sont faibles, et les habitants refusent d'enrôler leurs fils dans la milice « après avoir vu les convois de morts » revenant des champs de bataille, a-t-il ajouté.

« Les gens sont désormais convaincus que les Houthis envoient leurs fils à la mort avec le recrutement de force », a poursuivi Barman.

Les preuves des abus des Houthis sont très nombreuses, a-t-il rapporté, notamment « l'assassinat de parents ayant refusé de remettre leur fils pour qu'il aille se battre avec les Houthis ».

De nombreux cas similaires se sont produits à Hajjah, a-t-il fait savoir, ajoutant que malgré le fait que les Houthis interdisent aux observateurs de travailler dans les zones sous leur contrôle, « tous les crimes commis contre le peuple yéménite seront un jour révélés ».

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