Tolérance |
2016-09-14

Au Liban, l'Eid transcende les disputes sectaires

Cheikh Amine al-Kourdi, secrétaire de Dar al-Fatwa au Liban, donne le sermon de l'Eid al-Adha à la mosquée Mohammad al-Amine à Beyrouth. [Photo fournie par l'Agence de presse nationale libanaise]

Les fêtes religieuses telles que l'Eid al-Adha sont une occasion pour la coexistence pacifique dans un climat régional de tensions sectaires, ont affirmé des religieux et citoyens libanais à Al-Mashareq.

Les signes de coexistence religieuse entre sunnites et chiites « sont évidents au Liban », a déclaré Mohammed al-Naqri, un juge de la sharia à Zahle dans la Vallée de Bekaa.

« Cela dépasse les tensions politiques entre les deux sectes », ajoute-t-il à Al-Mashareq, et peut être observé à plusieurs occasions.

« Alors que nous pouvons observer les tensions entre les rivaux politiques parmi les sunnites et les chiites à cause de certaines questions politiques et un gouffre politique, la coexistence religieuse n'est pas affectée », a-t-il souligné, puisque les fêtes religieuses sont « les mêmes ».

« Par exemple, les célébrations de l'Eid al-Adha, en cours, sont les mêmes pour les sunnites et les chiites avec leurs nombreux rituels communs », a-t-il ajouté. .

Ces occasions religieuses offrent aux gens une chance pour se rassembler et échanger les vœux, poursuit-il, ajoutant que pendant les fêtes telles que l'Eid al-Adha, les délégations de Dar al-Fatwa et le Conseil Suprême de la Chia Islamique s'échangent les visites.

« Les célébrations religieuses offrent une opportunité pour se réunir et renforcer la coexistence religieuse », a-t-il dit.

Ce type de coexistence est « une caractéristique inhérente du Liban, connu pour sa nature multi-sectaire», a-t-il précisé.

Solidarité à travers les sectes

« Eid al-Adha a réussi à réunir les sectes sunnites, chiites et druzes, puisque les occasions religieuses et nationale et même les occasions célébrées à l'intérieur d'une secte particulière confirment qu'il y a une solidarité entre nous», a expliqué al-Naqri.

« En tant que sunnites, nous à Dar al-Fatwa rejoignons nos frères chiites dans les rassemblements d'Achoura, et ils récitent les hadiths et célèbrent la naissance du Prophète avec nous », poursuit-il.

L'allégeance sectaire se manifeste en certaines occasions lorsque les intérêts politiques des parties prétendant de défendre les intérêts de différents camps s'opposent, a indiqué le journaliste Ibrahim Haidar, un chiite qui écrit pour le journal an-Nahar.

Les forces politiques rassemblent leurs membres et attisent leur intolérance de l'autre partie lorsqu'elles en ont besoin, mais quand il y a un consensus, « vous voyez un refroidissement des émotions et une stabilité », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Les conflits politiques imprégnés d'une nature sectaire renforce l'identité sectaire, a dit Haidar, ajoutant que le sectarisme est renforcé à son tour en termes de son croisement avec les questions politiques.

« Dans cette optique, vous voyez une résurgence des disputes, tueries et controverses historiques, et cela prévient l'établissement de relations solides et une coexistence permanente», a-t-il souligné.

« Cela survient pendant les périodes de conflits», ajoute-t-il, insistant « qu'il y a un calme entre les deux sectes durant les célébrations religieuses communes ».

"Le même pour tous les musulmans"

Eid al-Adha, par exemple, est le même pour tous les musulmans, qui font le même pèlerinage ensemble pendant des siècles, a dit Haidar.

En dépit des écarts politiques entre les deux sectes, poursuit-il, il y a des esprits rationnels des deux côtés qui croient en l'importance de la coexistence religieuse.

Les fêtes telles que Eid al-Adha sont une occasion pour retourner aux principes de l'Islam tolérant, a affirmé Dahlia Chbarou, une sunnite vivant à Beyrouth.

« Les occasions religieuses et leurs rituels prouvent cette tolérance à laquelle nous aspirons en tant que musulmans que nous soyons sunnites ou chiites en particulier, et avant tout, en tant que libanais», a-t-elle indiqué à Al-Mashareq.

Eid al-Adha « est, pour mois, une autre occasion pour renforcer ma relation avec les chiites avec qui je partage les mêmes soucis, et je ne laisse pas de place pour la discorde sunnite-chiite pour affecter ma relation avec eux », dit-elle.

Le peuple libanais n'est pas dupé par le conflit et les dissensions politiques qui sont déployés sous le couvert de la religion, ajoute-t-elle, notant que les célébrations religieuses offrent des opportunités aux libanais pour renforcer et sceller la coexistence religieuse.

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