Réfugiés

Le risque d'incendie menace les réfugiés syriens au Liban

Nohad Topalian à Beyrouth

Un camp de réfugiés syriens près de Bar Elias au Liban après un incendie dévastateur causé par l'utilisation de mazout. [Photo fournie par Beyond Association]

Un camp de réfugiés syriens près de Bar Elias au Liban après un incendie dévastateur causé par l'utilisation de mazout. [Photo fournie par Beyond Association]

Le manque d'accès au réseau électrique est l'un des problèmes saisonniers les plus graves auxquels les réfugiés syriens vivant dans des camps improvisés dans tout le Liban sont confrontés l'hiver.

Ce manque d'électricité a obligé de nombreux réfugiés à recourir à des moyens primitifs pour se chauffer, s'éclairer et cuisiner, ce qui met leur sécurité en danger.

L'utilisation de bois de chauffage et de mazout pour le chauffage et la cuisson, ainsi que de bougies pour l'éclairage, a déclenché des incendies dans les tentes qui se sont parfois étendus à des camps entiers ces dernières années, et ont coûté aux résidents leur maison et même leur vie.

Réfugiée syrienne et mère de quatre enfants, Jouria Mohsen, vit dans une tente dans un camp improvisé près de Bar Elias, dans la vallée de la Bekaa libanaise, avec son mari et ses enfants.

Un réfugié syrien coupe du bois pour cuisiner dans un camp de déplacés au Liban. [Photo fournie par le HCR]

Un réfugié syrien coupe du bois pour cuisiner dans un camp de déplacés au Liban. [Photo fournie par le HCR]

À cause du manque d'approvisionnement électrique régulier, « nous avons recours à des moyens primitifs pour nous en sortir dans notre vie quotidienne », a-t-elle expliqué à Al-Mashareq.

« Nous dépendons principalement du bois pour le chauffage l'hiver et pour préparer des repas chauds », a-t-elle fait savoir. « Et comme l'électricité n'est disponible qu'avec un générateur privé à un prix que nous ne pouvons pas nous permettre, nous allumons souvent des bougies ou des lanternes à gaz pour nous éclairer ».

Bien que Mohsen ait dit être pleinement consciente que cette pratique est risquée, ses enfants ont besoin de lumière pour pouvoir étudier, rester au chaud et manger des repas cuisinés.

« Je vis donc avec l'appréhension du danger, parce que beaucoup de tentes ont pris feu à cause de bougies allumées ou de fuites de mazout qui se sont produites pendant que les occupants remplissaient leur chauffage », a-t-elle déclaré.

En plus du risque d'incendie, « toutes ces méthodes sont nocives pour la santé de mes enfants, car ils inhalent de la fumée de bois et de mazout », a-t-elle indiqué. « Mais nous sommes obligés de les utiliser dans ces conditions difficiles».

Actions pour une énergie propre

En octobre, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a lancé une stratégie mondiale de quatre ans pour l'énergie durable qui favorise la transition vers une énergie propre et renouvelable dans les camps de réfugiés et les sites d'accueil.

Lors du Forum mondial des réfugiés en décembre, le Haut Commissaire du HCR Filippo Grandi a appelé les pays à relever le défi de « l'énergie propre » afin de garantir que les camps de réfugiés aient accès à des sources d'énergie respectueuses de l'environnement d'ici 2030.

Avoir accès à une énergie sûre et propre est l'un des plus grands défis auxquels sont confrontés les Syriens vivant dans les camps de réfugiés du Liban, et dans la vallée de la Bekaa en particulier, a déclaré Joseph Awad, président de Beyond Association .

Les camps de réfugiés au Liban sont improvisés et temporaires, a-t-il précisé, et par conséquent aucune infrastructure n'est autorisée à être construite dans le but d'étendre le réseau électrique à ces camps pour les approvisionner, a-t-il déclaré Al-Mashareq.

« L'électricité ne peut donc pas être obtenue légalement, ce qui a obligé les résidents des camps, y compris les réfugiés syriens et les propriétaires des terres sur lesquelles les camps ont été construits, à installer des câbles électriques de façon arbitraire », a-t-il déploré.

« C'est souvent la cause principale des incendies qui se produisent dans les camps de réfugiés syriens».

En raison de l'absence d'une alimentation électrique régulière et constante, a-t-il poursuivi, de nombreux habitants du camp ont été contraints d'utiliser des bougies pour s'éclairer, ce qui constitue une autre cause majeure d'incendie, tout comme l'utilisation du feu pour la cuisine et le chauffage.

Incendies

L'utilisation de ces sources d'énergie alternatives « a provoqué des incendies dans plusieurs camps de la vallée de la Bekaa au cours des dernières années qui ont tué et blessé des réfugiés et brûlé des tentes », a rapporté Awad.

L'absence de gros extincteurs dans les camps et la proximité des tentes les unes des autres « sont deux raisons majeures pour lesquelles les incendies se propagent et ne peuvent pas être éteints facilement », a-t-il noté.

« L'électricité est un besoin urgent, non seulement pour l'éclairage, mais aussi pour le chauffage, en particulier pendant l'hiver, et pour la cuisine », a déclaré Awad.

La fourniture d'une électricité sûre et propre « permettrait d'atténuer ces difficultés » jusqu'à ce que la population réfugiée syrienne soit en mesure de rentrer chez elle, a-t-il ajouté.

En attendant, a-t-il indiqué, Beyond Association fait ce qu'elle peut pour éduquer la population, avec « des campagnes de sensibilisation destinées aux parents, aux adolescents et aux enfants sur la manière d'éviter les incendies et ce qu'il faut faire en cas d'incendie ».

« Si des ressources financières étaient mises à disposition, les camps peuvent être équipés de gros extincteurs et les habitants peuvent être formés à leur utilisation », a-t-il déclaré, ajoutant que le câblage électrique dans les camps peut également être inspecté.

« Le HCR n'a pas de projet d'énergie propre pour les camps de réfugiés syriens au Liban, car il n'y a pas de camps officiels et les réfugiés vivent dans des communautés d'accueil », a déclaré Lisa Abou Khaled, responsable de l'information publique du HCR au Liban.

Mais le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) « met en œuvre des projets qui génèrent des énergies renouvelables accessibles à tous, pour l'éclairage des rues et la fourniture d'électricité aux stations d'eau », a-t-elle conclu.

Aimez-vous cet article?

3 COMMENTAIRE (S)

Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 / 1500

Nous espérons que l'ONU nous aidera dans la crise du coronavirus car notre situation est difficile.

Répondre

Les réfugiés syriens au Liban ne reçoivent rien, bien qu’ils soient dans le besoin total dans ces conditions.

Répondre

Ce sont des mensonges. Nous n'avons rien reçu. Je sais ce que je dis.

Répondre