Terrorisme |

2018-10-12

Les Houthis soutenus par l'Iran menacent les civils yéménites qui s'opposent à eux


Des combattants houthis se rassemblent à Sanaa pour afficher leur soutien à la milice le 27 septembre. [Mohammed Huwais/AFP]
Des combattants houthis se rassemblent à Sanaa pour afficher leur soutien à la milice le 27 septembre. [Mohammed Huwais/AFP]

Alors que les Houthis (Ansarallah), soutenus par l'Iran, subissent des défaites militaires dans les provinces yéménites de Bayda, Saada et al-Hodeida, ils répliquent en augmentant la pression exercée sur les civils de Sanaa, rapportent des responsables locaux à Al-Mashareq.

Une récente série d'attaques contre des responsables yéménites et des civils fait partie d'actions globales pour intimider ceux qui s'opposent aux actions de la milice, ont-ils expliqué.

De récentes défaites sur les fronts de Bayda, Saada et al-Hodeidah « ont affaibli et désorienté les Houthis, les poussant à essayer de décrocher des victoires aux dépens des citoyens », a rapporté Nabil Abdoul Hafiz, ministre yéménite adjoint aux Droits de l'homme.

Les Houthis tentent de faire régner la peur en régnant d'une main de fer, a-t-il indiqué à Al-Mashareq, et en « maltraitant et intimidant tous ceux qui se dressent sur leur chemin ».

Le 21 septembre, des miliciens houthis ont attaqué à Sanaa le domicile de Yassin Saeed Noman, ambassadeur yéménite au Royaume-Uni, ont fait savoir les médias locaux.

Samedi 6 octobre, des miliciens ont arrêté des dizaines d'étudiants qui manifestaient contre la pauvreté à Sanaa, ont signalé des militants et des témoins à l'AFP.

Selon des militants locaux, les Houthis ont arrêté au moins 55 étudiants, parmi lesquels 18 femmes, près de l'université de Sanaa.

Les autorités houthies avaient prévenu qu'elles « frapperaient et arrêteraient » toutes les personnes participant à une manifestation à Sanaa, qui est toujours sous le contrôle de la milice, ont indiqué les habitants, après que des militants locaux ont appelé à une grande manifestation contre l'inflation et la criminalité.

Des « gangs et des bandits » appuyés par l'Iran

En agissant de la sorte, les Houthis « adoptent le comportement des gangs et des bandits, et tout ça avec le soutien de l'Iran et de son Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) », a affirmé Abdoul Hafiz.

Saleh al-Hamidi, ministre yéménite adjoint à l'Information, a déclaré à Al-Mashareq qu'il condamne fortement l'attaque des Houthis contre le domicile de l'ambassadeur Noman.

Al-Hamidi a ajouté qu'il rejette également « tous les actes de pillage et de vol commis par les milices houthies », et il a réprimandé l'Iran, car ce dernier « soutient les opérations des Houthis ».

Il a appelé la communauté internationale à faire pression sur l'Iran au sujet de ces actes malveillants.

« Les Houthis continuent leurs méfaits en attaquant les domiciles de responsables, dernièrement celui de l'ambassadeur Noman », a annoncé à Al-Mashareq le politologue Khalid Ahmed.

L'année dernière, a-t-il fait savoir, la milice avait aussi attaqué le domicile du ministre de l'Information, Mouammar al-Eryani, et celui du conseiller du président, Nasr Taha Moustafa.

Selon Ahmed, le but de ces raids était de « terroriser les responsables qui sont partis vivre à Riyad ou au Caire, afin de pousser les autres à ne pas s'opposer à la milice ».

Documenter les méfaits des Houthis

Les Houthis bombardent aveuglément des quartiers résidentiels afin que les habitants d'autres régions se soumettent à leur volonté, a expliqué Nabil Abdoul-Hafeez à Al-Mashareq.

Il a souligné qu'il est important de documenter les méfaits des Houthis, et que le ministère continuera de surveiller et de traîner en justice les Houthis par plusieurs moyens.

Ceux-ci comprennent l'utilisation de rapports préparés par le ministère des Droits de l'homme et la Commission nationale d'enquête sur les atteintes présumées aux droits de l'homme.

« Ces rapports forment la base qui sera utilisée par les organismes juridiques locaux pour demander des comptes aux Houthis », a indiqué Abdoul Hafeez, et pour les procès devant les tribunaux internationaux.

Un autre moyen de tenir les Houthis pour responsables est de documenter les atteintes commises par l'Iran au Yémen, a-t-il déclaré, ce qui est une « tâche pour les diplomates yéménites ».

Le ministère des Affaires étrangères « travaille pour dévoiler les actions de l'Iran » au Yémen, a-t-il précisé, soulignant que les « milices houthies sont des bras de l'Iran dans la région ».

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