Sécurité

Les progrès dans la crise du Golfe va réduire l'influence de l'Iran, affirment des experts

Hassan al-Obeidi à Doha

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Nayef al-Hajraf, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), prononce un discours lors de la conférence sur la sécurité du Dialogue de Manama, dans la capitale de Bahreïn le 6 décembre 2020. [Mazen Mahdi/AFP]

Les progrès réalisés ces derniers jours dans la résolution de la crise du Golfe entre le Qatar et l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte auront un impact positif sur la sécurité régionale, réduisant les chances de l'Iran de s'implanter, déclarent des experts régionaux.

Cela confirme également l'influence considérable exercée par les États-Unis, qui ont arbitré le différend avec le Koweït au cours des derniers mois afin de parvenir à une solution, ont-ils précisé.

Faisal ben Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères, a déclaré la semaine dernière à l'AFP que le royaume et ses alliés, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte, étaient « prêts » pour résoudre la crise diplomatique.

L'alliance dirigée par les Saoudiens avait imposé un embargo économique au Qatar en juin 2017, mais un accord visant à l'assouplir est attendu prochainement.

Mardi 8 décembre, les Émirats arabes unis ont déclaré qu'ils soutenaient les efforts saoudiens pour mettre fin au différend du Golfe qui dure depuis trois ans, ce qui est la première réaction d'Abou Dhabi aux récentes déclarations suggérant que le fossé entre les quatre pays et le Qatar pourrait bientôt s'atténuer.

Les Émirats arabes unis « soutiennent les efforts bienveillants de l'Arabie saoudite au nom des quatre pays », a écrit sur Twitter le ministre d'État aux Affaires étrangères Anwar Gargash.

« Ils espèrent que le sommet du Golfe sera couronné de succès », a-t-il ajouté, faisant référence à une réunion du bloc régional du Conseil de coopération du Golfe prévue plus tard ce mois-ci.

Le Koweït, qui dirige les efforts de médiation, a fait savoir le 4 décembre que les pays impliqués dans le différend avaient « confirmé leur engagement » à parvenir à un accord final et à préserver la « solidarité du Golfe ».

« Nous avons réalisé quelques progrès à un certain moment il y a plus d'un an, puis les choses ont ralenti », a expliqué le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdoulrahman Al-Thani, lors du forum des dialogues méditerranéens à Rome le 4 décembre.

« À l'heure actuelle, il y a certains mouvements qui, nous l'espérons, mettront fin [à] cette crise », a-t-il déclaré sans donner de détails.

« Nous pensons que l'unité du Golfe est très importante pour la sécurité de la région. Cette crise inutile doit prendre fin sur la base du respect mutuel».

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a déclaré qu'il avait bon espoir que la crise puisse être résolue et qu'elle repose sur « des bases durables ».

Des retombées positives importantes pour la sécurité du Golfe

« Les progrès réalisés pour résoudre la crise du Golfe, qui est la crise la plus grave et la plus complexe à avoir frappé le CCG depuis sa création il y a 40 ans, sont un succès des efforts diplomatiques des États-Unis », a déclaré Mansour al-Mukhaini, expert en affaires du Golfe et membre du Centre de recherche de l'université du Sultan Qabus à Mascate.

La réconciliation est cruciale pour l'unité du Golfe, a-t-il affirmé.

La résolution fermera la porte aux interférences régionales et aux tentatives d'exploiter la crise « pour satisfaire les intérêts économiques, sécuritaires et politiques de certains pays », a déclaré al-Mukhaini, faisant référence à l'Iran.

Mahmoud Qandil, professeur de sciences politiques à l'université du Caire, a déclaré que la résolution de la crise du Golfe aura des implications positives importantes pour la sécurité et la stabilité politique de la région.

« Le régime iranien semble avoir été l'un des principaux bénéficiaires de la crise du Golfe au cours des trois dernières années, le Qatar ayant été contraint de détourner ses avions [de Qatar Airways] pour passer dans l'espace aérien iranien, et il en va de même pour le transport maritime », a-t-il fait savoir à Al-Mashareq.

Le Qatar a également dû compter sur l'Iran pour l'importation de biens et de denrées périssables au lieu des États voisins du Golfe, comme c'était le cas avant l'éclatement de la crise, a-t-il précisé.

« Résoudre la crise reviendra à couper une source de financement pour le régime iranien qui a été une bénédiction pour lui ces dernières années », a expliqué Qandil.

Le New York Times a rapporté que le Qatar paie 100 millions de dollars par an pour survoler la République islamique, citant des sources diplomatiques.

Renforcer l'isolement de l'Iran

Ahmed al-Hamdani, chercheur au Centre al-Rafidain pour le dialogue, a déclaré que la résolution de la crise du Golfe signifie « un plus grand isolement pour l'Iran et la contraction de l'espace dans lequel il peut manœuvrer pour échapper aux sanctions américaines ».

Le régime iranien a utilisé la crise du Golfe comme un exutoire pour alléger les sanctions qui lui ont été imposées, grâce aux revenus qu'elle a générés par les redevances de l'espace aérien imposées au Qatar par exemple, a-t-il déclaré.

Al-Hamdani a noté que les efforts de médiation des États-Unis confirment « l'importance géopolitique de Doha pour Washington, tout en empêchant le régime iranien de poursuivre certains programmes et objectifs en exploitant la crise ».

L'écrivain et journaliste qatari Jaber al-Harami a souligné l'importance de résoudre la crise du Golfe, car « elle éteint le feu dans le CCG ».

Dans une déclaration à la télévision du Qatar, il a indiqué que la région a récemment connu de nombreux changements, et que « la crise inflige des pertes et une hémorragie constante à toutes les parties ».

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