Éducation

Les Yéménites critiquent l'université de Sanaa pour ses penchants iraniens

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Sur cette photo photo d'archive du 8 mars 2016, des étudiants yéménites de l'université de Sanaa brandissent des portraits d'Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais. Plus récemment, les responsables yéménites ont reproché aux Houthis, eux aussi soutenus par l'Iran, d'avoir nommé une promotion en l'honneur du général iranien Qassem Soleimani. [Mohammed Huwais/AFP]

Des responsables et universitaires yéménites ont dénoncé la décision des Houthis de nommer la première promotion de diplômés en farsi de l'université de Sanaa « Promotion Qassem Soleimani », en l'honneur de l'ancien commandant de la force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique.

Cette décision des Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran montre l'ampleur de l'influence iranienne dans les zones sous leur contrôle, ont-ils affirmé.

La faculté des langues a organisé une cérémonie pour fêter la remise des diplômes le 5 novembre, appelant la promotion de diplômés « Promotion Qassem Soleimani ».

Le département de farsi a été créé il y a quatre ans sous la supervision de Morteza Abedini, chargé d'affaires de l'ambassade d'Iran à Sanaa. Abedini avait visité l'université en avril 2016 pour inaugurer le département.

Mouammar al-Eryani, ministre yéménite de l'Information, a condamné l'utilisation par les Houthis du nom du commandant « terroriste » de la force al-Qods du CGRI pour l'une des promotions de l'université.

« Les Houthis ont transformé l'université de Sanaa, une institution universitaire, en un centre de lavage de cerveau des jeunes », a-t-il déploré.

Il a accusé le groupe soutenu par l'Iran de saper l'identité de la jeunesse yéménite, de répandre une idéologie extrémiste « et de glorifier les symboles du terrorisme iranien », qui a selon lui porté préjudice aux pays et aux peuples de la région.

« Ces comportements, que les Houthis s'efforcent de propager dans les zones qu'ils contrôlent, sont étrangers à notre culture et à notre identité », a-t-il ajouté. « Cela montre une fois de plus le rôle destructeur de l'Iran. »

L'influence de Soleimani au Yémen

Le militant des droits de l'homme Abdou Ali al-Hothaifi a déclaré que c'est Soleimani qui avait facilité le financement qui avait permis la création du département de langue farsi, ce qui explique pourquoi les Houthis ont donné son nom à la première promotion de diplômés.

« Cette célébration, qui est un message destiné au financier iranien, illustre l'ampleur des changements culturels et sociaux que les milices ont imposés », a-t-il indiqué.

Dans le même temps, les Houthis ont décidé de fermer huit départements de la faculté des lettres : français, arabe, histoire et relations internationales, géographie, philosophie, antiquités et tourisme, bibliothèques et information.

La décision des Houthis de nommer la promotion farsi en l'honneur de Soleimani est un signe clair que l'Iran contrôle désormais Sanaa, a déclaré à Al-Mashareq Abdoul Salam Mohammed, directeur du Centre d'études stratégiques Abaad.

Il a souligné que les changements doctrinaux et culturels font partie de l'occupation iranienne.

De même, « fermer des départements de la faculté des arts, y compris le département d'arabe, et imposer le département de langue farsi, est un changement culturel systématique », a-t-il conclu.

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