Politique

Le Hezbollah bloque la reprise économique et politique du Liban, affirment des experts

Nohad Topalian à Beyrouth

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Un convoi de l'armée libanaise patrouille dans une rue d'Aïn Qana après qu'une explosion a touché un site du Hezbollah le 22 septembre. Une affiche montre le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le Guide chef iranien Ali Khamenei et son défunt fondateur Rouhollah Khomeini. [Mahmoud Zayyat/AFP]

L'armement du Hezbollah et son implication dans des guerres régionales à la demande de son commanditaire, l'Iran, ralentissent l'économie et le système politique libanais, ont déclaré des experts à Al-Mashareq.

Le parti a aliéné le Liban auprès des pays de la région et au-delà, qui rechignent aujourd'hui à apporter leur soutien tant que le Hezbollah exercera un contrôle sur les leviers du pouvoir, ont-ils indiqué.

Si certains militants libanais espèrent que le parti pourrait déposer les armes dans le cadre d'un accord conclu avec d'autres factions politiques, la plupart pensent que cela est peu probable, soulignant que le Hezbollah ne répond qu'à l'Iran.

Il est peu probable que le Hezbollah dépose les armes de son propre chef, a déclaré l'écrivain et militant politique Hanna Saleh à Al-Mashareq.

Cela est dû en partie à ses liens étroits avec l'Iran, a-t-il précisé, soulignant que son processus décisionnel « est contrôlé par le Guide suprême iranien Ali Khamenei » et qu'il est en réalité une branche du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

En raison du rôle qu'il occupe au sein du gouvernement et au-delà, le Hezbollah empêche la communauté internationale d'aider le Liban, a-t-il affirmé.

Pour rétablir l'État et le libérer du contrôle du Hezbollah, il sera nécessaire de « créer une structure politique, un gouvernement indépendant et un système judiciaire en mesure de protéger les institutions de l'État » en se basant sur les demandes des manifestants, a-t-il déclaré.

Les changements politiques actuels sont l'occasion de parvenir à un accord interne « qui place la détention d'armes uniquement entre les mains de l'État et oblige chacun à respecter la constitution », a-t-il expliqué.

Appels au changement au Liban

Depuis le début des manifestations l'année dernière, a rapporté à Al-Mashareq le militant politique Samir Skaf, les participants ont maintenu leurs exigences en faveur d'un changement de gouvernement.

Cet appel au changement concerne aussi le Hezbollah, a-t-il précisé.

Le parti est un élément du gouvernement et exerce une énorme influence sur son processus décisionnel, a-t-il indiqué, ce qui signifie qu'aucun gouvernement n'est formé sans son approbation. Cela a fait du Liban un « État en faillite ».

Certains manifestants accusent le Hezbollah pour la situation à laquelle le Liban est confronté, affirmant que c'est une conséquence de ses activités hors des frontières du pays.

Il a déclaré que le peuple libanais « est en colère contre le Hezbollah, à cause de son hégémonie sur le pays et de sa participation aux conflits de la région ».

Ses actions menacent l'État et empêchent la communauté internationale d'aider le Liban à se remettre de ses profondes crises économiques et financières, a-t-il déclaré.

Le Hezbollah est « redevable envers l'Iran »

L'État et l'économie ne fonctionnent pas, parce que le Hezbollah contrôle les décisions politiques, sécuritaires, militaires et stratégiques du Liban, a expliqué l'analyste politique Simon Abou Fadel à Al-Mashareq.

L'intervention du Hezbollah dans les guerres régionales et ses propos hostiles aux États du Golfe « ont détruit l'économie du Liban et en ont fait un État en faillite », a-t-il déclaré.

Ces actions ont conduit à un boycott du Liban par les pays du Golfe et la communauté internationale, qui a provoqué un tarissement des investissements arabes et internationaux, ce qui a contribué au ralentissement économique, a déclaré Abou Fadel.

Le peuple libanais a cherché à reprendre son pays en participant à des manifestations demandant le désarmement du Hezbollah, a-t-il rapporté, ajoutant que ces demandes n'ont connu comme réponse que de la violence de la part des membres et soutiens du parti.

Il a exclu la possibilité que le Hezbollah s'implique dans la politique libanaise en tant que parti purement politique, en raison de ses liens avec l'Iran, ajoutant que le parti « est fier de ses armes et de son argent iraniens ».

« Le Hezbollah ne pourra être vu comme un parti politique libanais tant qu'il se considérera redevable envers l'Iran », a-t-il conclu.

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