Politique

Les pourparlers du Yémen se poursuivent avec l'envoyé de l'ONU à Riyad

Par Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

image

L"envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen Martin Griffiths (D) arrive à l'aéroport international de Sanaa le 16 juillet 2019. [Mohammed Huwais/AFP] 

Le Président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi a rencontré lundi 12 octobre à Riyad l'envoyé spécial de l'ONU au Yémen Martin Griffiths pour discuter d'un projet proposé par l'ONU pour un cessez-le-feu global au Yémen.

Le projet comprend la cessation de la guerre, le lancement de négociations politiques et en même temps des mesures économiques pour alléger la souffrance économique du pays.

Griffiths est arrivé à Riyad dimanche pour s'entretenir avec des responsables du gouvernement yéménite afin de les convaincre d'accepter le projet de déclaration conjointe après l'introduction d'un quatrième tour d'amendements. Le gouvernement avait rejeté les versions précédentes.

Hadi a accusé les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran « intransigeance », et a affirmé que son gouvernement a fait plusieurs concessions, mais a réitéré son « soutien permanent » aux efforts de l'ONU visant à établir la paix au Yémen.

Dans une réunion séparée avec Griffiths, le président du parlement yéménite Soltan al-Borkani a indiqué que les Houthis ne tenaent pas compte des résolutions du Conseil de sécurité et des accords signés.

Il les a accusés de continuer à piller l'argent de la succursale de la Banque centrale à al-Hodeidah et de cibler les civils et les installations économiques dans cette zone.

« Ils refusent aussi d'écouter les appels et avertissements du monde quant au terminal flottant de stockage et de déchargement (FSO) Safer », a-t-il indiqué, et continuent d'attaquer l'Arabie saoudite et menacent la sécurité régionale et les voies maritimes internationales.

Griffiths a confirmé qu'il poursuivrait ses efforts à « établir la paix que le peuple du Yémen mérite ».

« L'escalade militaire qui a lieu maintenant à al-Hodeidah est inacceptable et sape toutes les chances de paix», a-t-il confié, exprimant sa préoccupation au sujet des combats continus à al-Hodeidah et l'échec à résoudre le problème de Safer.

Déclaration conjointe, crise de Safer abordée

Griffiths s'est entretenu vendredi au chef du Conseil politique suprême des Houthis, Mahdi al-Mashat, pour parler du projet de déclaration conjointe et la crise de Safer.

Le projet de cessez-le-feu comprend des solutions pour résoudre le problème de Safer, la réouverture de l’aéroport de Sanaa et le port d'al-Hodeidah, l'entrée de produits pétroliers, et le paiement de salaires aux fonctionnaires du secteur public.

« Le gouvernement a accepté une proposition pour rouvrir l'aéroport de Sanaa avec les mêmes membres du personnel qui y travaillaient avant que les Houthis n'envahissent la ville», a précisé le ministre adjoint des droits de l'homme Nabil Abdul Hafeez.

« Il a également convenu de rouvrir le port d'al-Hodeidah, à condition que les Houthis ne le contrôlent pas», a-t-il ajouté. « Nous devons nous assurer qu'ils ne font pas passer les armes et experts militaires iraniens . »

Atteindre un accord sur le cessez-le-feu pour ouvrir la voie à l'appliquation des mesures pour alléger la souffrance économique dans les zones contrôlées par les Houthis, a indiqué l'économiste Abdoul Aziz Thabet à Al-Mashareq.

« Les deux côtés doivent atteindre un accord sur le projet pour commencer à prendre des mesures réelles vers un accord de paix et traiter les problèmes économiques urgents, en particulier ceux qui ont touché directement les prix et causé la souffrance humanitaire, » a-t-il dit.

« Le plus important point sur l'ordre du jour de Griffiths est de trouver une solution pour Safer, qui menace d'un grand désastre écologique et économique au Yémen et aux pays régionaux», a expliqué Thabet.

Aimez-vous cet article?

0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 / 1500