Politique

Les États-Unis sanctionnent deux ex-ministres libanais pour lien au Hezbollah

Par l'AFP

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Une photo prise le 23 mai 2018, montrant le ministre des Finances à l'époque Ali Hassan Khalil arrivant au parlement à Beyrouth. Les États-Unis ont frappé de sanctions le 8 septembre Khalil et un autre ancien ministre pour la corruption et soutien présumé au Hezbollah. [Anwar Amro/AFP]

Les États-Unis ont imposé mardi 8 septembre des sanctions contre deux anciens ministres au Liban pour leur soutien au Hezbollah alors qu'ils ont promis d'isoler le mouvement aligné à l'Iran au milieu de tumulte politique au pays.

Le Département du Trésor a ciblé l'ancien ministre des Finances Ali Hassan Khalil et l'ancien ministre du Transport Youssef Fenianos, gelant tous les avoirs qu'ils possèdent aux États-Unis et criminalisant toute transaction financière avec eux.

Mais après un débat interne, les États-Unis se sont abstenus de cibler des responsables actuels.

« Les États-Unis soutiennent le peuple du Liban dans ses demandes de réformes, et nous utiliserons toutes les autorités disponibles pour promouvoir l'imputabilité des dirigeants libanais qui ont fait défaut à leur peuple», a indiqué le secrétaire d’État Mike Pompeo dans un communiqué.

« Le Hezbollah dépend du système politique libanais corrompu pour survivre», a-t-il signalé.

« Tous ceux qui aident à favoriser l'agenda politique ou les intérêts économiques du Hezbollah affaiblissent de plus en plus ce qui reste de la bonne gouvernance et facilitent le financement pour le terrorisme», a ajouté Pompeo.

Cette action survient alors que les États-Unis et la France mettent la pression pour un nouveau gouvernement au Liban pour faire avancer les réformes urgentes.

Khalil, membre du parti Amal, avait servi en tant que ministre des Finances depuis 2014 jusqu'au mois d'avril de l'année en cours, lorsqu'un nouveau gouvernement technocrate a pris le contrôle face à des manifestations de rue dans lesquelles il a été souvent accusé de corruption.

Le Département du Trésor a précisé que Khalil, qui avait également servi en tant que ministre de la Santé, avait aidé dans l'acheminement de fonds aux institutions du Hezbollah pour fuir les sanctions américaines.

Selon le Département du Trésor, Fenianos a reçu des « centaines de milliers de dollars » du Hezbollah pour des faveurs politiques.

Il a précisé qu'il avait également fourni des documents sensibles au Hezbollah sur un tribunal spécial de l'ONU qui a reconnu coupable un membre du parti pour l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic al-Hariri.

'Le temps pour des politiques différentes'

Les manifestations au Liban ont dépassé les frontières communautaires de longue date pour exiger de mettre fin à la corruption et une meilleure gestion économique.

Face à la colère suscitée par l'explosion du mois dernier, les libanais ne cessent d'exprimer une volonté à s'éloigner du système complexe de partage du pouvoir qui sécurise des postes pour chaque communauté mais favorise des acteurs individuels.

« Il est grand temps pour des politiques différentes au Liban», a souligné David Schenker, chef de la diplomatie américaine pour le Moyen-Orient.

« Ceci doit être un message à la fois pour ceux qui coopère avec le Hezbollah, ceux qui aident le Hezbollah, et aussi pour les dirigeants politiques libanais qui ont ignoré la responsabilité de répondre aux besoins du peuple et n'ont pas lutté contre la corruption», a-t-il précisé au sujet des sanctions.

Les États-Unis ont choisi de ne pas cibler les personnalités libanaises dénoncées dans les dernières manifestations, y compris le gouverneur de la banque centrale Riad Salameh.

Mais Schenker a mis en garde contre d'autres actions non spécifiées « les semaines et mois à venir ».

« Elles demandent du temps, mais je pense que tout le monde doit absolument s'attendre à d'autres... sanctions à venir», a-t-il dit.

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