Sécurité

Le Liban renforce la sécurité après l’explosion dans le port et arrête un membre de l’EIIS

Nohad Topalian à Beyrouth

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Des soldats libanais gardent la zone de Mar Mikhael après la déflagration dans le port de Beyrouth. [Photo fournie par la Direction de l’orientation de l’armée libanaise]

La récente arrestation d’un agent de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) montre que les forces de sécurité libanaises sont en état d’alerte maximale pour contrecarrer toute menace terroriste, malgré la préoccupation de l’armée suite à l’explosion survenue dans le port de Beyrouth, indiquent des experts en sécurité.

La direction des Forces de sécurité intérieure (FSI) libanaises a en effet annoncé le 26 août que sa division du renseignement avait arrêté un membre syrien de l’EIIS.

Cet élément de l’EIIS a fourni des informations remarquables sur des plans visant à prendre l’armée et le personnel de sécurité pour cibles dans une opération « inghimasi » [suicide] dans la région de Gemmayzeh peu après l’explosion dans le port de Beyrouth, a précisé ce communiqué.

Grâce à une surveillance étroite, la division a pu identifier le suspect, désigné comme H.A., né en 2000.

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Des agents de sécurité libanais gardent les quartiers d’Achrafieh et de Gemmayzeh après l’explosion dans le port de Beyrouth. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

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Les forces libanaises renforcent la sécurité dans les quartiers de Beyrouth après l’explosion dans le port, le 4 août. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

L’unité des forces spéciales de la division du renseignement a arrêté H.A. le 18 août, ont rapporté les FSI, ajoutant qu’il avait avoué être entré clandestinement au Liban et avoir contacté des partisans de l’EIIS sur les réseaux sociaux.

Il a avoué que son intention était de « retourner en Syrie pour rejoindre des groupes de l’EIIS, mais que son plan avait échoué parce qu’il n’avait pas de papiers d’identité, et qu’il avait alors décidé de rester au Liban pour y mener des attaques terroristes », ont précisé les FSI.

Le suspect « a communiqué avec un contact à Mossoul et un autre en Syrie et obtenu d'eux des fatwas de charia pour mener une attaque inghimasi contre le personnel militaire libanais des FSI dans la zone de Gemmayzeh en particulier, puisqu’il s’était installé dans cette zone un jour après l’explosion et avait obtenu un travail rémunéré pour enlever les décombres et le verre brisé ».

Les forces de sécurité s’engagent à combattre le terrorisme

« Le fait que l’armée soit pour l’essentiel concernée par l’explosion dans le port de Beyrouth ne nous empêche pas de mener à bien nos missions de base, à savoir le suivi des activités et des emplacements terroristes, qui est coordonné avec les forces de renseignement », a indiqué à Al-Mashareq une source militaire du commandement de l’armée libanaise qui a demandé à conserver l’anonymat.

L’arrestation récente d’un membre de l’EIIS par les FSI confirme que les forces sont prêtes à maintenir la sécurité au Liban, « même dans des circonstances compliquées », a déclaré le général de brigade Naji Malaeb, expert en sécurité libanais à la retraite.

Les unités de renseignement, d’information et d’investigation opèrent de manière coordonnée pour éradiquer le terrorisme local et transfrontalier, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Le site de l’explosion qui a frappé Beyrouth et ses environs est toujours soumis à des mesures de sécurité renforcées afin d’empêcher d’éventuelles infractions à la sécurité ou attaques terroristes, a déclaré Malaeb.

« Il ne fait aucun doute qu’après cette explosion de Beyrouth, le Liban est [...] un terrain fertile pour le retour de l’EIIS », a-t-il indiqué. Mais les services de sécurité libanais disposent de « techniques de communication de pointe, notamment des outils de détection des cellules dormantes terroristes ».

Ce membre de l’EIIS a été détenu en raison de l’état d’urgence déclaré et de la surveillance étroite de la région, a fait savoir le journaliste et analyste politique George Chaheen à Al-Mashareq.

Son téléphone portable a révélé qu’il avait échangé des messages sur WhatsApp avec des personnes à Mossoul (Irak) et à Idlib (Syrie), a-t-il indiqué .

Il avait communiqué avec des individus qu’il prétendait ne pas connaître, cherchant à obtenir une fatwa pour son attaque planifiée. Il a également avoué que « l’un de ses assistants était entré dans un camp de réfugiés palestiniens pour y trouver une grenade à main et des explosifs », a déclaré Chaheen.

Le retour des activités terroristes a été abordé lors de la réunion du Conseil suprême de la défense du 25 août. La question a été soulevée dans le cadre de l’ordre du jour sur les activités criminelles à Kaftoun qui ont coûté la vie à trois jeunes, a-t-il déclaré.

Les participants à cette réunion sont parvenus à « un accord [...] pour renforcer la coopération entre toutes les agences de sécurité afin de renforcer les mesures de sécurité dans toutes les zones infectées par le terrorisme », a déclaré Chaheen.

Trois hommes ont été tués le 21 août lors d’une fusillade survenue dans le village de Kaftoun, dans le nord du Liban. Les tirs provenaient d’une voiture que les hommes avaient arrêtée alors qu’elle traversait le village, a déclaré l’Agence nationale d’information.

Le véhicule a par la suite été retrouvé abandonné, contenant un pistolet avec silencieux, un petit dispositif explosif et des fils électriques.

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