Politique

Macron dans une campagne de réformes à enjeux majeurs au Liban

Par l'AFP

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Des avions Alpha de la Patrouille de France relâchent de la fumée dans les couleurs du drapeau libanais tout en survolant Beyrouth le 1er septembre, alors que l'ancien mandat français célèbre le centenaire au moment où il est au bord du précipice. [Joseph Eid/AFP]

Le Président français Emmanuel Macron maintient la pression pour le changement politique au Liban mardi 1er septembre, au moment au l'ancien mandat français célèbre son centenaire tout en étant au bord du précipice.

Macron a fixé un objectif ambitieux pour sa deuxième visite depuis l'explosion mortelle du 4 août qui a ravagé Beyrouth: mettre la pression pour un changement sans qu'il soit perçu comme un fouineur.

Il a commencé son voyage lundi, non en visitant les chefs politiques, mais en passant plus d'une heure avec la diva Fairuz, qui à 85 ans est une rare figure unificatrice au Liban.

Macron a marqué plus de symboles pour célébrer 100 ans mardi depuis que les autorités du mandat français ont annoncé la création du Grand-Liban.

Dans la forêt Jaj au nord-est de Beyrouth, il a planté un cèdre -- le symbole national du Liban -- pour exprimer « la confiance en l'avenir du pays », a indiqué son bureau dans un communiqué.

La force de l'air française a survolé les lieux laissant des fils de fumée rouge, blanc et verts -- les couleurs du drapeau du pays.

Le Liban « sera capable de se lever à nouveau », a confié Macron plus tard sur Twitter.

Macron est retourné ensuite pour une deuxième visite au port de Beyrouth , l'épicentre de l'énorme explosion qui a tué plus de 180 personnes, blessé au moins 6.500 autres et causé des dégâts à des districts entiers de la capitale.

Il a supervisé la distribution de l'aide du porte-hélicoptère français Tonnerre qui est arrivé à Beyrouth le 14 août.

Macron a rencontré aussi environ 400 soldats français travaillant avec l'armée libanaise pour éliminer des milliers de tonnes de débris du port, vital pour un pays qui importe 85% de nourritures.

Conférence d'aide en octobre

L'explosion de Beyrouth a aggravé la pire crise économique au Liban depuis la guerre civile 1975-1990, et une agence de l'ONU a mis en garde dimanche que plus de la moitié de la population encourt le risque d'une crise alimentaire d'ici la fin de l'année.

Il a causé 4,6 milliards de dollars de dégâts et un coup à l'activité économique de 3,5 milliards de dollars, selon une évaluation de la Banque mondiale.

Le 9 août, la communauté internationale s'est engagée à verser 252,7 millions d'euros (environ 300 millions de dollars) d'aide urgente lors d'une vidéoconféence organisée conjointement par la France et l'ONU.

Macron a dit mardi qu'il était prêt à abriter une deuxième conférence d'aide pour le Liban le mois prochain.

« Je suis prêt pour que nous organisions, peut-être à la mi-octobre ou plus tard, une conférence avec l'ONU», a-t-il affirmé après son entretien avec des représentants de l'ONU et des groupes d'aide locaux à Beyrouth.

Plus tard mardi, Macron les chefs politiques sous le feu des critiques et qui sont largement tenus responsables de l'explosion, qui a été causé par un stock des fertilisants de nitrate d'ammonium qui dépérissaient au port pendant des années.

Macron, qui a son arrivée lundi a appelé à la mise en place d'un « gouvernement de mission », a indiqué que sa position vis-à-vis de l'établissement politique libanais « n'a pas changé: demandant sans ingérence ».

C'est pourquoi il a précisé qu'il ne lui appartenait pas « d'approuver » la nomination de Mustapha Adiblundi en tant que premier ministre.

Mais Adib, un diplomate de 48 ans peu connu qui avait servi depuis 2013 en tant qu'ambassadeur du Liban en Allemagne, « doit être accordé tous les outils pour réussir... pour qu'il puisse exécuter les réformes » exigées depuis longtemps par la communauté internationale, a souligné Macron mardi.

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