Politique

Le Yémen demande aux Nations unies de relocaliser le siège de sa mission d’al-Hodeidah

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des membres de la Mission des Nations unies de soutien à l’Accord d’al-Hodeida surveillent le retrait de barricades de sacs de sable dans la ville portuaire yéménite d’al-Hodeidah, sur la mer Rouge, le 3 juin 2019. [STR/AFP]

Lundi 31 août, le gouvernement yéménite a demandé au secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres d’accélérer le processus de relocalisation du siège de la mission des Nations unies de la ville d’al-Hodeidah contrôlée par les Houthis vers un endroit neutre.

Avec cette demande, le gouvernement a pointé les agissements des Houthis (Ansarallah) appuyés par l’Iran qui ont restreint les mouvements et la liberté de la mission onusienne dans son emplacement actuel.

Ces mesures ont empêché la mission de mener à bien son mandat, conformément à la Résolution 2452 de 2019 du Conseil de sécurité, en soutien à l’Accord de Stockholm signé avec les Houthis en décembre 2018, a indiqué le gouvernement.

Dans un message adressé lundi à Guterres, le ministre des Affaires étrangères Mohammed al-Hadhrami a accusé les Houthis de saper le travail de la mission, en commettant des violations qui menacent le cessez-le-feu à al-Hodeidah.

La Mission des Nations unies en soutien à l’Accord d’al-Hodeidah (UNMHA) a été créée en vertu de la Résolution 2452 du Conseil de sécurité des Nations unies, a-t-il souligné.

« Mais du fait du rejet continu par les Houthis de la mise en œuvre de cet accord, et de leurs tentatives de saper le travail de la mission des Nations unies en imposant des restrictions à sa circulation, la mission est maintenant incapable de mener à bien son mandat », a-t-il déclaré.

« La mission des Nations unies n’a même pas pu enquêter ni identifier les personnes impliquées dans la mort du colonel Mohammed al-Sulaihi, officier de liaison du gouvernement, visé en mars par des snipers houthis », a-t-il indiqué.

Cet incident « a incité le gouvernement yéménite à se retirer de la commission conjointe [Commission de coordination du redéploiement] jusqu’à ce que la protection de son représentant puisse être assurée », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Le gouvernement yéménite veut protéger les officiers de liaison, a-t-il poursuivi, et il exige une enquête transparente et complète sur la mort d’al-Sulaihi et l’identification des auteurs.

Cela a été inclus dans les lettres du ministère des Affaires étrangères à la mission des Nations unies depuis la suspension du travail de la délégation gouvernementale, a-t-il souligné.

Selon al-Hadhrami, les Houthis ont violé le cessez-le-feu d’al-Hodeidah à 7378 reprises en juillet, entraînant la mort de quatorze personnes et en blessant 83.

La vie des Yéménites menacée

« Si la mission des Nations unies reste dans une zone contrôlée par les Houthis, cela menacera les vies des représentants du gouvernement au sein de la Commission de coordination du redéploiement », a expliqué le politologue Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

« Les Houthis ont directement visé les habitants des districts libérés dans al-Hodeidah avec des roquettes et des snipers, poussant les civils à quitter leurs maisons dans les districts de Hays et al-Tuhayta », a-t-il ajouté.

« Il ne se passe pas un seul jour sans que de tels crimes soient commis », a-t-il poursuivi. « Vivre à al-Hodeidah est devenu un enfer. »

Il a accusé les Houthis « d’utiliser al-Hodeidah comme une zone militaire ».

La milice fait de la ville « une base de lancement de ses roquettes et de ses attaques de drones contre l’Arabie saoudite, et pour des attaques impliquant ses bateaux piégés commandés à distance et leurs mines marines », a-t-il conclu.

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