Terrorisme

Le Yémen proteste après l’exécution d’un dentiste par al-Qaïda

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un médecin yéménite en combinaison de protection intégrale traite un patient atteint de la COVID-19 dans un centre de quarantaine de la ville de Taez, le 21 juin. Un dentiste de la province a été tué par des hommes armés appartenant à al-Qaïda, le 5 août. [Ahmad al-Basha/AFP]

Les responsables yéménites ont condamné dans les termes les plus fermes l’exécution et la crucifixion d’un dentiste par al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA) à al-Bayda, et ont promis de continuer à lutter contre le terrorisme dans le cadre de leur campagne pour rétablir l’État.

Samedi 15 août dans la soirée, des hommes armés d’al-Qaïda ont abattu Motthar Mohammed Saif al-Youssoufi, un dentiste de 40 ans natif de Taez, l’accusant d’avoir espionné pour le compte du gouvernement et d’avoir guidé des attaques de drones qui avaient visé le groupe.

Ils l’ont ensuite crucifié puis ont jeté son corps devant le dispensaire médical dans le district de Sawmaa à al-Bayda, où il travaillait depuis dix ans.

Dans une vidéo postée sur les médias sociaux, al-Qaïda a montré le dentiste confessant les accusations portées contre lui. Mais pour son frère, il a été tué à cause de litiges familiaux avec son épouse, apparemment membre de la famille d’un leader d’al-Qaïda.

Le ministre de l’Information Mouammar al-Eryani a fermement condamné ce « crime haineux » et expliqué que al-Youssoufi avait été « forcé de faire ces confessions sous la menace ».

Al-Youssoufi fournissait des soins aux habitants du district de Sawmaa comme dentiste au dispensaire de santé, a-t-il ajouté.

Dans un entretien rapporté par les médias locaux, al-Eryani a souligné que le district de Sawmaa se trouve dans une zone contrôlée par les Houthis (Ansarallah) épaulés par l’Iran, « qui ferment les yeux sur les agissements des groupes terroristes », même lorsqu’ils s’en prennent à l’armée nationale.

« Le gouvernement légitime s’engage à lutter contre les groupes terroristes et extrémistes quelles qu’en soient les formes et les appellations, dans le cadre de sa bataille nationale pour rétablir l’État et imposer la sécurité et la stabilité », a-t-il ajouté.

La branche al-Bayda du parti politique salafiste Union al-Rashad a également condamné l’exécution de ce dentiste, déclarant qu’elle contrevient à la charia et à la constitution du Yémen.

« Un crime contre la société »

Le ministère yéménite des Droits de l’homme a dénoncé ce crime, parlant d’un acte de terrorisme et d’une atteinte au droit humanitaire international et à la législation sur les droits de l’homme, ainsi qu’à la charia, aux lois et à la constitution du pays.

Le vice-ministre des Droits de l’homme Nabil Abdoul Hafeez a condamné ce crime, qui « confirme la haine de ses auteurs et leur idéologie terroriste extrémiste contre un homme qui servait les habitants depuis des années ».

« C’est un crime contre la société dans son ensemble, non pas contre une seule personne », a-t-il affirmé, soulignant que les éléments d’al-Qaïda étaient actifs dans les zones contrôlées par les Houthis.

« Le crime d’al-Qaïda contre un dentiste qui aidait la région est le résultat de l’absence du respect de la lettre de la loi, des institutions de l’État et des agences de sécurité », a expliqué le politologue Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

« Ce crime sert les Houthis, qui affirment combattre le groupe terroriste, alors qu’en fait, ils ferment les yeux sur leurs agissements », a-t-il ajouté.

« Le gouvernement légitime a la responsabilité d’établir son influence et de poursuivre sa guerre contre le terrorisme, comme il l’a fait dans l’Abyan», a ajouté Ahmed.

« Il a également une responsabilité dans la réponse à apporter à la famille de la victime, qui a exigé que les auteurs soient traduits en justice, ce qui est une exigence de l’ensemble du peuple yéménite », a-t-il déclaré.

Soldats tués dans une attaque houthie

Par ailleurs, des sources militaires et médicales ont rapporté ce lundi que onze membres des forces yéménites, dont un officier supérieur, avaient été tués dans une attaque au missile par les Houthis et lors d’affrontements dans le nord-est et l’est de Sanaa, a indiqué l’AFP.

Le général Mohammed Ali-Roqn, commandant la 122e brigade de l’armée de terre, a été tué lors de ces affrontements dimanche dans la province d’al-Jawf en compagnie de huit autres soldats, alors qu’ils tentaient de reprendre des positions perdues il y a des mois, ont indiqué ces sources.

Les Houthis ont également subi des pertes, a ajouté cette source militaire.

Les Houthis ont pris le contrôle de la capitale provinciale d’al-Jawf, al-Hazm, en début d’année, une progression stratégique qui signifie qu’ils menacent désormais la province de Marib riche en pétrole.

Dans un communiqué, le vice-président du Yémen Ali Mohsen al-Ahmar a indiqué qu’Ali-Roqn avait été tué « alors qu’il conduisait des opérations militaires » à al-Jawf.

Deux soldats yéménites ont été tués et quatre autres blessés par une attaque au missile des Houthis contre une base militaire à Marib, à l’est de Sanaa, a précisé un responsable gouvernemental.

De nouveaux affrontements ont également éclaté à al-Bayda, qui est maintenant sous le contrôle théorique du gouvernement, entre les forces pro-gouvernementales et les Houthis.

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