Sécurité

Le Yémen appelle les Nations unies à prolonger l'embargo sur les armes de l'Iran

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des Iraniens visitent une exposition d'armes et d'équipement militaires le 2 février 2019 à Téhéran, organisée à l'occasion du 40e anniversaire de la révolution iranienne. [Atta Kenare/AFP]

Lundi 10 août, le gouvernement yéménite a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de prolonger son embargo sur les armes de l'Iran alors que les membres du conseil se préparent à voter cette semaine une résolution américaine visant à le prolonger au-delà d'octobre, date à laquelle il doit expirer.

L'embargo interdit la vente, la fourniture et le transfert d'armes et d'équipement utilisé dans les industries militaires vers l'Iran.

Mouammar al-Eryani, le ministre de l'Information qui a émis cette demande au nom du gouvernement, a mis en garde contre la levée de l'embargo sur les armes, affirmant qu'il était nécessaire pour freiner les politiques et les actions déstabilisatrices de l'Iran.

« Le Yémen, l'Irak, le Liban, la Syrie, la région et le monde entier ont pendant des années payé un lourd tribut aux politiques hostiles [adoptées par] le régime iranien et le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) », a-t-il indiqué.

Depuis la révolution islamique de 1979, l'Iran tente d'exporter sa révolution « et de contrôler d'autres pays par la force des armes et des milices sectaires », a ajouté al-Eryani.

« La levée de l'embargo donnera au régime iranien les coudées franches pour semer le chaos » dans la région, a-t-il déclaré, soulignant que la vente d'armes l'aidera à financer ses activités subversives et à menacer la stabilité et la sécurité régionales et mondiales.

« Cela représentera également un coup dur pour les efforts visant à établir la paix, car cela permettra un flux d'armes vers les milices sectaires », notamment les Houthis du Yémen (Ansarallah) et le Hezbollah libanais, a-t-il expliqué.

Des analystes politiques ont souligné l'importance d'étendre l'embargo sur les armes de l'Iran pour freiner ses activités déstabilisatrices et les menaces à la navigation internationale.

« La demande du gouvernement yéménite au Conseil de sécurité de prolonger l'embargo sur les armes de l'Iran est naturelle et logique », a affirmé l'analyste politique Adel al-Shujaa.

« Le flux continu d'armes nuit à toute la région, menace la stabilité et prolonge indéfiniment la guerre au Yémen », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

L'Iran a fourni des armes aux Houthis

« Le soutien de l'Iran aux Houthis, en particulier avec les armes, a été le facteur le plus important dans la prolongation de la guerre et a permis aux Houthis de lancer leurs attaques terroristes de missiles balistiques sur des installations civiles et des civils », a déclaré al-Shujaa.

Les Houthis sont en possession d'armes nouvelles et sophistiquées, a déclaré l'analyste politique Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

« C'est l'Iran qui a fourni aux Houthis ces armes sophistiquées, car il les soutient et a intérêt à leur permettre d'utiliser de telles armes pour menacer la stabilité des concurrents régionaux », a-t-il déclaré.

Les Houthis ont attaqué des installations civiles et économiques en Arabie saoudite avec des missiles balistiques, a précisé Ahmed, et ont revendiqué des attaques en septembre contre des installations pétrolières saoudiennes qui ont eu un impact négatif sur l'économie mondiale.

« Les attaques des Houthis ont également visé des navires commerciaux et la voie de navigation internationale en mer Rouge, ce qui constitue une menace pour le monde entier et pas seulement pour les pays de la région », a-t-il déclaré.

« Toutes ces attaques ont eu lieu pendant l'embargo sur les armes de l'Iran », a-t-il noté, prédisant que « l'Iran développera ses activités déstabilisatrices si l'embargo sur les armes est levé ».

« L'Iran a pu continuer à fournir un soutien militaire et financier à ses intermédiaires au Yémen, au Liban, en Irak et en Syrie même pendant l'embargo sur les armes et les sanctions économiques », a-t-il déclaré.

« Mais la menace sera bien plus grande si l'embargo sur les armes est levé, car ses milices seront bien plus fortes et influentes, ce qui menacera la sécurité et la stabilité mondiales », a-t-il ajouté.

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1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire

Eh bien, que ces sanctions soient approuvées ou non, l'utilisation de combattants avancés nécessite une expertise en premier lieu. Ils [le gouvernement iranien] n'ont pas été en mesure d'assurer la sécurité des automobiles [fabriquées] en Iran depuis les années 1970; et encore moins en utilisant des avions de combat. Eh bien, la Russie et la Chine ne sont pas simplement amoureuses de l'Iran, pour vendre à l'Iran leurs avions de combat, surtout avec la situation actuelle de l'Iran sur la scène mondiale ... La Russie est aussi un allié d'Israël. Autrement dit, vendrait-il un jour des avions de combat qui menaceraient son allié? Non! Enfin, les gens pensent encore que ces institutions internationales et organisations mondiales sont vraiment efficaces. On a vu dans la pandémie actuelle du coronavirus à quel point l'Organisation mondiale de la santé était incompétente, tout comme les Nations Unies. L’Iran a signé la résolution sur les droits de l’homme, mais il n’y adhère pas. En un mot, ces organisations sont inutiles. Les États-Unis doivent agir de manière indépendante. Ils possèdent le pouvoir et, à mon avis, ils sont mieux que tous les autres pays.

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