Politique

Macron visite le Liban traumatisé pour offrir l'aide et appelle à la réforme

Par l'AFP

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Un jeune libanais embrasse le Président français Emmanuel Macron lors d'une visite au quartier de Gemmayzeh, qui a subi d'énormes dégâts à cause d'une explosion massive dans la capitale libanaise, le 6 août. [AFP]

Le Président Emmanuel Macron a visité la ville de Beyrouth traumatisée jeudi 6 août, et a promis l'aide tout en appelant au changement suite à une explosion massive qui a dévasté la capitale libanaise dans un désastre qui a suscité le chagrin et la fureur.

« Le Liban n'est pas seul », a-t-il tweeté à son arrivée avant de promettre que Paris coordonnerait les efforts de secours internationaux après l'énorme explosion qui a tué au moins 137 personnes, blessant des milliers et causant des dégâts estimés à des milliards de dollars.

Mais Macron a mis en garde que le Liban -- enlisé dans une profonde crise économique, dans le grand besoin d'aide et frappé par une agitation politique -- « continuerait à se noyer » à moins qu'il ne mette en place les réformes urgentes.

La colère publique est en ébullition face à l'explosion causée par un stock massif de nitrate d'ammonium laissé pendant des années dans un entrepôt délabré près du port.

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Des volontaires portent leur équipement alors qu'ils retirent les débris dans le quartier de Gemmayze le 6 août, suite à une explosion dans un entrepôt au port de Beyrouth qui a tué plus de 130 personnes et causé d'énormes dégâts. [AFP]

Macron a visité la zone de l'explosion à Beyrouth près du port, transformée maintenant en un terrain dévasté de ruines noircies, pierres et débris calcinés où un cratère de 140 mètres de large à a été rempli avec l'eau de mer.

Macron a annoncé aux foules en colère qu'il exhorterait les dirigeants du Liban à accepter « un nouvel accord politique » et à « changer le système, arrêter la division du Liban et combattre la corruption ».

La visite de Macron au petit pays de la Méditerranée, le protégé de la France au Moyen-orient et ancien protectorat de l'ère coloniale, était la première par un chef d’État étranger depuis la tragédie sans précédent de mardi.

Deux jours plus tard, le Liban est toujours sous le choc d'une explosion d'une telle puissance qu'elle a été ressentie dans les pays voisins.

« Apocalypse », «Armageddon» -- les libanais étaient à court de mots pour décrire l'impact de l'explosion, incomparable à tout ce que le pays aurait pu expérimenté dans son histoire affligée par la violence.

L'explosion fatale a laissé des dizaines d'autres personnes disparues et environ 5.000 blessées, la plupart par les éclats de verre volants alors que les vitres ont implosées.

Le bilan des victimes devrait augmenter car les secouristes continuent de fouiller dans les débris.

Offrant une lueur d'espoir au milieu du carnage, un secouriste français a indiqué qu'il y avait de « bons espoirs de trouver... des personnes en vie », en particulier un groupe qui serait piégé dans une chambre sous les décombres.

« Nous sommes à la recherche de sept ou huit personnes disparues, qui seraient coincées dans une salle de contrôle enfouie par l'explosion», a confié le colonel à Macron alors qu'il inspectait le site.

Solidarité spontanée

Paris mène la mobilisation internationale en soutien au Liban, où les vols transportant l'aide médicale, les hôpitaux de campagne, les experts en secourisme et les limiers sont arrivés depuis mercredi.

Le gouverneur de Beyrouth a estimé qu'environ 300.000 personnes sont maintenant sans abri temporairement à cause de la destruction, qui coûterait au pays criblé de dettes plus de 3 milliards de dollars.

Selon les chiffres officiels, l'explosion a été causée par un feu enflammant 2.750 tonnes de fertilisateur de nitrate d'ammonium stocké pendant des années dans l'entrepôt.

Au milieu de morosité et de fureur, les suites de la terrible explosion ont aussi entraînées d'innombrables exemples édifiant de solidarité spontanée.

Les propriétaires d'entreprises se sont empressés sur les réseaux sociaux pour offrir leur aide à réparer les portes, peindre les murs endommagés ou remplacé les vitres cassées gratuitement.

Une grande partie des opérations de nettoyage a été assurée par des volontaires dans des groupes de travail improvisés qui ont ramené leur propre équipement et organisé des appels d'aide en-ligne.

« Nous envoyons des gens dans les maisons endommagées de personnes âgées et handicapées pour les aider à trouver une maison pour la nuit», a fait savoir Husam Abou Nasr, un volontaire de 30 ans.

« Nous n'avons pas un pays qui prendra ces mesures, nous avons pris les choses en main».

Pendant ce temps, la diaspora libanaise, estimée à environ trois fois la population du petit pays de cinq millions d'habitants, s'est mobilisée pour offrir l'aide.

Les expatriés libanais se sont précipités pour transférer l'argent à leurs proches qui ont perdu leurs maisons ou ont été blessés dans l'explosion, alors que les autres travaillent pour créer des fonds spéciaux pour faire face à la tragédie.

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