Droits de l'Homme

Les prisonniers bahaïs récemment libérés exilés du Yémen

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Jeudi 30 juillet, les Houthis ont libéré six membres de la secte bahaï, photographiés ici dans un avion affrété par les Nations unies, et les ont expulsés le même jour. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les Houthis (Ansarallah) soutenus par l’Iran ont libéré jeudi 30 juillet six membres de la secte bahaï, dont la condamnation à plusieurs années d’emprisonnement avait suscité une l’inquiétude internationale, et les ont immédiatement exilés.

Le leader communautaire Hamed ben Haydara, détenu depuis 2013 et condamné à mort, a été libéré avec cinq autres personnes et ont été déportées le même jour dans un avion affrété par les Nations unies depuis l’aéroport de Sanaa, ont déclaré des responsables yéménites.

Mouammar al-Eryani, ministre yéménite de l’Information, a critiqué la décision des Houthis d’expulser ces six Bahaïs, la qualifiant de crime contre l’humanité.

Le 25 mars, tous avaient bénéficié d’une grâce de Mahdi al-Mashat, chef du bureau politique des Houthis, mais n’avaient pas été libérées de prison.

Al-Eryani a décrit la déportation des six Bahaïs comme un crime d’exil forcé.

« Les exiler est aussi odieux que les enlever de leurs foyers et les retenir pendant des années dans des prisons où ils ont été soumis à différentes formes de torture psychologique et physique », a-t-il affirmé.

Il a souligné que les Houthis avaient également confisqué leurs biens.

L’expulsion de ces Bahaïs de leur pays par les Houthis « est un crime contre l’humanité et une violation flagrante des lois et des chartes internationales », a-t-il déclaré.

Elle viole le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Déclaration universelle des droits de l’homme, et « reflète le niveau de restriction contre les citoyens sur la base de leurs croyances religieuses dans les zones contrôlées par les Houthis », a-t-il indiqué.

Al-Eryani a exhorté la communauté internationale, les Nations unies et les organisations de défense des droits de l’homme à condamner ce « dangereux précédent » et à faire pression sur les Houthis pour qu’ils mettent fin à ces pratiques.

Aucune base juridique pour les actions des Houthis

La décision d’expulsion prise par les Houthis n’a aucune base légale, a déclaré à Al-Mashareq le vice-ministre yéménite des Droits de l’homme Nabil Abdoul Hafeez.

Il a précisé que son ministère jouerait son rôle en rétablissant ces six Bahaïs dans leurs droits et en assurant leur retour dans leur patrie.

« Les Houthis ont expulsé les Bahaïs afin de saisir leurs biens », a-t-il indiqué. « Ils ont retardé leur libération de plus de six mois pour cela. »

La communauté bahaï a remercié jeudi l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths et le bureau du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme pour avoir obtenu la libération des six Bahaïs, a rapporté l’AFP.

Mais elle a ajouté que les six Bahaïs cherchaient toujours à obtenir la restitution de leurs biens saisis et la levée de toutes les accusations retenues contre eux.

« Alors que le Yémen poursuit sa quête pour une paix sociétale durable, les Bahaïs doivent pouvoir, comme tous les Yéménites, pratiquer leur foi en toute sécurité et liberté, conformément aux principes universels de liberté de religion et de croyance », a déclaré Diane Alai, représentante de la communauté mondiale bahaï auprès des Nations unies à Genève.

« Cela ne sera pas possible tant que ces accusations ne sont pas levées », a-t-elle conclu.

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