Environnement

HRW exhorte les Houthis à laisser les Nations unies accéder au Safer

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des pêcheurs yéménites accostent dans le port d’al-Hodeidah contrôlé par les Houthis le 11 juin 2019. Le 27 juillet, Human Rights Watch a demandé aux Houthis d’accorder aux inspecteurs de l’ONU un accès immédiat à un terminal pétrolier qui rouille amarré à proximité, afin d’éviter une catastrophe écologique. [STR/AFP]

Lundi 27 juillet, Human Rights Watch (HRW) a demandé aux Houthis (Ansarallah) soutenus par l’Iran de donner immédiatement aux experts des Nations unies l'accès au terminal de stockage et de déchargement flottant (FSO) corrodé Safer au large des côtes du Yémen en mer Rouge.

Ce terminal pétrolier, amarré au large du port de Ras Isa dans la province d’al-Hodeidah contrôlée par les Houthis, contient environ 1,1 million de barils de pétrole brut et présente un risque élevé de marée noire, car il n’a pas bénéficié de l’entretien nécessaire depuis cinq ans.

Une marée noire de cette ampleur pourrait causer une catastrophe écologique majeure pour le Yémen et les pays de la région.

Des rapports ont indiqué que le pétrolier pourrait se désintégrer ou exploser, a fait savoir HRW, appelant les Houthis à autoriser immédiatement les experts des Nations unies à accéder au navire.

HRW a également appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à « informer les Houthis que le fait de ne pas traiter rapidement la question pourrait entraîner des sanctions ciblées supplémentaires ».

« Les autorités houthies retardent imprudemment l’accès des experts de l’ONU au pétrolier qui se détériore et menace de ravager des écosystèmes entiers et de détruire les moyens de subsistance de millions de personnes qui souffrent déjà de la guerre au Yémen », a déclaré Gerry Simpson, directeur associé de HRW chargé des crises et des conflits.

« Les meilleurs experts onusiens sont en attente pour éviter le pire et doivent être immédiatement autorisés à monter sur ce navire », a-t-il déclaré.

Le 29 juin, le Conseil de sécurité a demandé aux Houthis d’accorder un accès immédiat aux experts techniques de l’ONU pour évaluer l’état du pétrolier, effectuer des réparations d’urgence et faire des recommandations pour permettre l’extraction du pétrole en toute sécurité.

« Début juillet, les Houthis, qui contrôlent la zone, ont annoncé qu’ils permettraient aux Nations unies de mener une mission d’évaluation, mais au 24 juillet, celles-ci n'avaient pas reçu les autorisations nécessaires pour que leur personnel puisse monter à bord du pétrolier », a rapporté HRW.

« Les tentatives faites pour obtenir une autorisation en 2019 ont échoué. »

« L’Iran, qui a soutenu les Houthis et fait transiter chaque année d’importantes quantités de pétrole par la mer Rouge, doit encourager les Houthis à coopérer avec les Nations unies », a déclaré HRW.

Les États de la région doivent également travailler en étroite collaboration avec l’ONU pour identifier les moyens de convaincre les Houthis de coopérer, a ajouté l’organisation.

« L’Iran se rendra également coupable »

« Le Conseil de sécurité doit traiter avec fermeté et adopter des résolutions contraignantes incluant des sanctions au cas où les Houthis ne répondraient pas à ces résolutions », a déclaré le politologue Adel al-Shujaa à Al-Mashareq.

« Avant que le Conseil de sécurité ne tienne sa session du 12 juillet pour discuter de la sécurité, les Houthis avaient fait part de leur volonté de permettre à une équipe des Nations unies de monter à bord du pétrolier et d’y mener une mission d’évaluation », a-t-il déclaré.

« Mais ils ont rapidement reculé sur ce point, comme ils l’avaient fait en 2019», a-t-il ajouté.

Les Houthis utilisent le Safer comme une arme pour menacer leurs opposants, ainsi que les opposants de l’Iran dans la région, afin de soulager les pressions et les sanctions sur l’Iran, a expliqué l’analyste politique Faisal Ahmed à Al-Mashareq.

« La décision d’autoriser une équipe onusienne à monter à bord du pétrolier n’est pas entre les mains des Houthis, mais entre celles de l’Iran », a-t-il noté.

« Cela confirme une fois de plus que l’Iran est la source de décisions politiques et militaires, et que les Houthis sont un outil entre les mains de l’Iran au Yémen, qui ne font qu’appliquer ces décisions », a affirmé Ahmed.

HRW a exhorté l’Iran à encourager les Houthis à permettre à l'équipe de l’ONU de monter à bord de ce pétrolier, a-t-il déclaré, « faisant valoir qu’en cas de marée noire, l’Iran partagera la culpabilité avec les Houthis ».

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