Politique

Le Yémen appelle à mettre fin à l'auto-administration du sud

Par Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Le ministre des affaires étrangères du Yémen Mohammad al-Hadhrami assiste à une réunion de l'Organisation de la Coopération Islamique à Djeddah le 3 février. [Amer Hilabi/AFP]

Le gouvernement du Yémen a appelé à nouveau le Conseil de Transition du Sud (STC) à reculer sur sa déclaration d'auto-administration et restaurer le status quo sur l'île Socotra , que les séparatistes avaient saisi le mois dernier.

Cela doit être fait pour assurer le succès de l'Accord de Riyad, a affirmé le ministre des affaires étrangères du Yémen lors d'une réunion dimanche 26 juillet avec les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Parlant au nom du gouvernement du Yémen, le ministre des affaires étrangères Mohammed al-Hadhrami a souligné le besoin pour le STC de mettre fin à son auto-administration du sud, arrêter l'escalade et restaurer la situation à la normale sur l'île Socotra.

Le 26 avril, le STC avait déclaré l'autonomie du sud du pays , après avoir accusé le gouvernement de ne pas fournir les services.

Les ambassadeurs ont souligné le besoin de mettre en œuvre l'accord de partage du pouvoir signé en novembre à Riyad, et ont exprimé l'espoir que du progrès soit réalisé dans les négociations en cours à cet égard.

Pendant ce temps, les consultations sont en cours à Riyad au sujet d'un mécanisme que les deux parties pourront accepter pour l'application de l'Accord de Riyad.

« Le gouvernement du Yémen a confirmé que l'Accord de Riyad a été signé pour garantir que l’État peut contrôler toutes les zones libérées, et que toutes les parties pourront participer à gérer l’État », a précisé le ministre-adjoint des droits de l'homme Nabil Abdoul Hafeez.

« Le but est d'unifier les efforts politiques et militaires, se concentrer sur la libération des provinces qui sont toujours contrôlées par les Houthis (Ansarallah), et restaurer les institutions de l’État», a-t-il affirmé.

« De sérieuses consultations sont menées à Riyad pour discuter des moyens à mettre en œuvre l'accord de Riyad», poursuit-il.

« L'Arabie saoudite qui a parrainé l'accord et garanti son exécution a rejeté l'auto-administration que le STC a déclaré à Aden et autres provinces du sud», a-t-il souligné.

« Le gouvernement légitime et le STC doivent accélérer l'exécution de l'accord, car tout retard n'est pas dans leur intérêt», a-t-il ajouté.

« Au contraire, il sera dans l'intérêt des entités hostiles dans la région qui profitent de disputes entre les deux côtés».

Houthis et extrémistes profitent du retard

L'analyste politique Faissal Ahmed a remarqué que l'Accord de Riyad a été conclu avec le consentement des deux côtés, et qu'aucune partie n'a été forcée à l'accepter.

« Ainsi, les deux côtés doivent réaliser qu'il y a des entités qui sont aux aguets pour saper le Yémen, surtout face au retard d'exécution», a-t-il confié à Al-Mashareq.

« La fin de semaine dernière,Al-Qaïda a commis trois assassinats dans les provinces d'Abyan et Shabwa en un seul jour, profitant du vide», a-t-il fait savoir.

« C'est dans l'intérêt des Houthis, et l'Iran derrière eux, que l'accord n'est pas exécuté, car cela détournera les efforts du gouvernement dans différents secteurs», a-t-il averti.

Il a appelé l'Arabie saoudite, en sa qualité de parrain de l’accord, à mettre la pression sur les deux côtés pour accélérer son exécution.

« L'exécution de l'accord sera la première phase à établir la paix globale au Yémen, restaurer les institutions de l’État et mettre fin au coup des Houthis», a-t-il conclu.

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