Sécurité

Explosions mystérieuses dans la zone de Téhéran et un site nucléaire

Par l'AFP

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Une photo montrant le joint des connexions entre les double cascades pour la production de 20% de l'uranium production portant les initiales de l'Agence International de l'Énergie Atomique après qu'elles ont été déconnectées à la centrale de l'énergie nucléaire le 20 janvier 2014 alors que l'Iran a arrêté la production de 20% d'uranium enrichi, marquant l'entrée en vigueur d'un accord intérimaire avec les puissances mondiales au sujet de son programme nucléaire controversé. [AFP PHOTO/IRNA/Kazem Ghane]

Un incident mystérieux les premières heurs du 2 juillet a causé d'énormes dégâts à un immeuble au complexe nucléaire Natanz iranien, suscitant des spéculations sur les causes.

L'incident est survenu à la fin d'une semaine marquée par deux explosions à Téhéran, dont une près d'un site militaire. Les responsables disent que les explosions étaient des accidents, mais beaucoup d'iraniens soupçonnent que des opérations secrètes israéliennes en sont la cause.

Dans un incident ultérieur mardi 7 juillet, deux personnes sont mortes et trois autres ont été blessées lorsqu'une explosion survenue avant l'aube a secoué une usine au sud de Téhéran.

L'agence iranienne pour l'énergie atomique avait signalé au début que « l'accident » du 2 juillet a causé des dégâts à un hangar en construction dans le site de Natanz, à environ 250 kilomètres au sud de Téhéran, dans un communiqué confus le matin après l'incident.

Il n'y avait pas eu de victimes, « aucun matériel nucléaire (sur le site) et aucun potentiel de pollution», a fait savoir le porte-parole de l'agence Behrouz Kamalvandi à la télévision d’État.

L'organisation a publié une photo du bâtiment endommagé: une longue structure en un seul niveau en briques avec quelques ouvertures, une partie d'un mur extérieur noircie par le feu, une section effondrée d'un toit et des portes qui semblent avoir été projetées à l'extérieur.

La télévision d’État a montré des images de l'extérieur du bâtiment, mais aucune de l'intérieur.

Dimanche soir, Kamalvandi a reconnu à l'agence de presse d’État IRNA que l'incident a causé « d'importants dégâts financier », sans fournir de détails.

Mais, il a indiqué que le bâtiment endommagé a été destiné à produire des « centrifugeuses avancées », laissant entendre que leur assemblage avait commencé avant « l'accident ».

Sécurité renforcée à Natanz

L'agence iranienne pour l'énergie atomique a nié mardi de « fausses allégations par des éléments anti-révolutionnaire dans les médias d'une explosion » dans une autre centrale nucléaire à Ardakan, à environ 450 kilomètres au sud-est de Téhéran.

« Rien ne s'est produit » à l'usine de production de concentré d'uranium, a-t-elle annoncé, ajoutant que les rumeurs visent à créer le « désespoir » et soutenir la campagne américaine de pression maximale contre l'Iran.

Le complexe de Natanz est primordial au programme nucléaire iranien et est gardé sous haute sécurité.

Aux termes de son accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales, Téhéran a accepté de limiter ses activités d'enrichissement d'uranium à 3.67%. Il a également limité le nombre de ses « centrifugeuses d'enrichissement de première génération » à 5.060.

Mais un an après que les États-Unis a unilatéralement abandonné le pacte et a réimposé des sanctions sévères, l'Iran a commencé progressivement des'éloigner de ses engagements.

Depuis la mi-2019, il a enrichi l'uranium à 4.5% -- de qualité réacteur mais loin de 90% requise pour l'utilisation militaire, et il a annoncé qu'il a travaillé sur le développement de centrifugeuses plus efficaces, sans limite.

Accident ou sabotage?

Vendredi, le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a annoncé que la « cause de l'accident » à Natanz avait été « déterminée avec précision ».

Mais il a refusé de donner de détails, citant des raisons de sécurité.

Le soir du 2 juillet, l'IRNA a publié un éditorial mettant en garde les principaux ennemis de l'Iran contre des actions hostiles, disant que des comptes des réseaux sociaux israéliens anonymes ont annoncé qu'ils étaient derrière l'incident.

Un compte Twitter lié à un analyste israélien a allégué en arabe le 1er juillet qu’Israël avait attaqué une usine iranienne d'enrichissement d'uranium.

Le service perse de la BBC, considéré hostile par les autorités iraniennes, a dit qu'il avait reçu un communiqué « quelques heures » avant l'incident d'un groupe appelé « Homeland Cheetahs » qui a réclamé la responsabilité.

Ils ont réclamé qu'ils étaient des « dissidents présents dans l'appareil de sécurité iranien » et ont dit que le local a été ciblé car il n'était pas « souterrain » et que l'attaque présumé ne pourrait pas être niée.

Le chef de la défense civile iranienne le général de brigade Gholam Reza Jalali, a annoncé à la télévision d’État jeudi que toute cyberattaque prouvée contre l'Iran déclenchera une « réponse ».

Le ministre de la Défense israélien et premier ministre remplaçant Benny Gantz est resté ambigu sur les événements.

« L'Iran veut les [armes] nucléaires, nous ne pouvons pas le laisser y parvenir», a-t-il confié dimanche, tout en ajoutant « nous ne sommes pas nécessairement liés à chaque événement qui se passe en Iran ».

Explosion dans une zone industrielle

L'agence officielle iranienne IRNA a parlé d'une erreur humaine étant derrière l'explosion de mardi dans une usine au sud de Téhéran.

« L'explosion dans une zone entièrement industrielle » de Baqershahr, à 23 kilomètres de la capitale, était causé par « la négligence des ouvriers en remplissant les réservoirs d'oxygène», citant une déclaration du gouverneur de la ville.

« L'explosion était très puissante au point que les murs de l'usine voisine Saipapress ont été aussi entièrement détruits», a affirmé Amin Babai, sans donner de précision sur l'activité de l'usine.

L'incident a eu lieu à l'intérieur de l'usine Oxijen, a indiqué un porte-parole du service d'urgence, ajoutant que les victimes étaient des travailleurs et que deux des blessés ont été transportés à l'hôpital.

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