Santé

Selon l’OMS, le Moyen-Orient a atteint le « seuil critique » de cas du virus

AFP

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Un homme fait des achats au terminal des arrivées de l’aéroport international de Beyrouth, qui a rouvert ses portes le 1er juillet dans la capitale libanaise. Le Liban a été plus rapide que la plupart des autres pays à décider d’un confinement pour éviter la propagation du coronavirus COVID-19. [Anwar Amro/AFP]

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti mercredi 1er juillet que le Moyen-Orient se trouvait à un moment décisif dans la lutte contre le nouveau coronavirus (COVID-19), avec une augmentation des cas à mesure que les pays assouplissent les mesures de confinement.

« Nous sommes à un seuil critique dans notre région », a déclaré Ahmed al-Mandhari, responsable de l’OMS pour le Moyen-Orient, lors d’une conférence de presse en ligne.

Selon les chiffres publiés mercredi par l’organisation mondiale de la santé, les 22 pays du Maroc au Pakistan ont enregistré 1 077 706 nouveaux cas de coronavirus et 24 973 décès.

Mandhari a ajouté que le cap du million d’infections constituait une « étape préoccupante » et a invité les pays à renforcer leurs systèmes de santé.

« Le nombre de cas signalés pour le seul mois de juin est supérieur au nombre total de cas signalés au cours des quatre mois qui ont suivi le premier cas signalé dans la région le 29 janvier », a-t-il fait savoir.

Il a attribué la hausse des cas confirmés à l’augmentation du nombre de tests, à l’assouplissement des mesures de confinement ces dernières semaines et à l’affaiblissement des infrastructures sanitaires dans les pays touchés par des conflits.

Selon l’OMS, plus de 80 % des décès dans la région ont été signalés dans cinq pays : l’Égypte, l’Iran, l’Irak, le Pakistan et l’Arabie saoudite.

L’Iran, qui a eu du mal à contenir l’épidémie la plus meurtrière du Moyen-Orient, a enregistré lundi 162 décès, son plus grand nombre en une journée.

Il a enregistré à ce jour 230 211 infections et 10 958 décès.

Les chiffres officiels ont montré une trajectoire ascendante des nouveaux cas confirmés depuis début mai, lorsque le pays avait atteint son plus bas niveau depuis près de deux mois en termes d’infections quotidiennes enregistrées.

La République islamique a progressivement levé les restrictions à partir du mois d’avril pour tenter de rouvrir son économie frappée par les sanctions.

Dans l’Irak voisin, les autorités ont refusé d’imposer à nouveau des mesures de confinement strictes, alors que les hôpitaux du pays, frappés par des années de guerre, ont été débordés ces dernières semaines.

Alors que le virus s’était propagé relativement lentement pendant des mois, le nombre de cas enregistrés mercredi a dépassé 51 000, dont plus de 2000 décès.

« Une communauté unie »

LÆÉgypte, le pays le plus peuplé du monde arabe avec ses 100 millions d’habitants, a officiellement déclaré 68 000 cas et environ 3000 décès dus à la maladie COVID-19.

Mercredi, les autorités ont rouvert les célèbres pyramides de Gizeh après une fermeture de trois mois, un jour après avoir repris les vols internationaux dans le cadre des efforts visant à relancer l’industrie touristique vitale.

Le Liban, confronté à une crise économique et à des troubles publics en même temps qu’au nouveau coronavirus, a rouvert l’aéroport de Beyrouth après des mois de fermeture.

Ce petit État de la Méditerranée orientale a enregistré des taux d’infection et de mortalité parmi les plus bas du Moyen-Orient : 1800 cas et seulement 34 décès.

Au Qatar, les habitants sont prudemment retournés sur les plages mercredi, alors que ce pays du Golfe, qui enregistre un des taux d’infection par habitant les plus élevés au monde et des sanctions sévères en cas de non-port du masque en public, poursuit sa réouverture.

L’Arabie saoudite voisine est l’État du Golfe le plus durement touché, avec plus de 194 225 infections et 1700 décès.

Les responsables de l’OMS présents à la réunion virtuelle ont exhorté les gouvernements à préparer davantage de lits de soins intensifs et de services d’urgence.

Mandhari a exhorté les individus à être « prudents et vigilants » alors que les confinements et les couvre-feux sont assouplis, et à suivre les protocoles recommandés par les autorités sanitaires.

« L’assouplissement du confinement ne signifie pas un assouplissement de la réponse ou des responsabilités sociales », a-t-il déclaré, prévenant que le nombre de cas pourrait augmenter avec la réouverture des espaces publics, « même dans les pays où la situation semble se stabiliser ».

Il a également appelé à la solidarité mondiale.

« Nous devons faire face à cette pandémie comme un gouvernement et une communauté unis », a-t-il conclu.

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