Criminalité et Justice

L'Iran traîne sur l'affaire des victimes du vol 752

Par Al-Mashareq et l'AFP

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Les proches des 11 ukrainiens morts dans l'avion accidentellement abattu par l'Iran en janvier, réagissent lors d'une cérémonie dévoilant une pierre commémorative sur le site du nouveau monument à l'aéroport international Boryspil à l'extérieur de Kiev le 17 février. [Sergei Supinsky/AFP]

Après avoir initialement traîné sur l'envoi des boîtes noires d'un avion ukrainien que ses forces avaient abattu par erreur en janvier, l'Iran dit maintenant que la pandémie de coronavirus (COVID-19) retarde davantage ces plans.

L'Iran a reconnu que les deux boîtes noires ont été endommagés et qu'il n'avait pas la capacité technique à en extraire les données, mais pendant deux mois après la tragédie il ne s'est pas encore décidé quoi en faire.

Les pays dont les citoyens ont trouvé la mort dans le désastre -- dont la plupart sont des iraniens mais incluent des afghans, britanniques, suédois et ukrainiens -- avaient critiqué le refus de l'Iran à remettre les boîtes noires de l'avion à l'Ukraine ou l'un des quelques pays capables de récupérer et analyser les données qu'elles contiennent.

Cependant, le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabiei, a annoncé lundi 15 juin que « depuis les premiers jours de cet incident douloureux, nous avons annoncé que nous étions prêts à coopérer à enquêter sur les boîtes noires de l'avion ukrainien ».

« S'il est possible de les lire en Ukraine... cela sera fait en Ukraine. Autrement, les boîtes noires seront lues en France, » a-t-il fait savoir.

Mais il a indiqué que le processus avait été retardé par la pandémie de coronavirus, qui a entraîne l'annulation de la plupart des vols internationaux.

« L'interruption des vols internationaux liée à l'épidémie de coronavirus a causé un retard involontaire», a expliqué Rabiei.

« Nous reprendrons ce processus (d'envoyer les boîtes noires) avec une reprise progressive des vols internationaux et la clarification des résultats de négociations » entre l'Iran et les autres paries impliquées dans le processus.

Les mots ne sont pas suffisants

Le vol 752, un avion de ligne de la compagnie aérienne internationale ukrainienne, a été frappé par deux missiles et s'est écrasé peu après son décollage de l'aéroport de Téhéran le 8 janvier.

La république islamique a reconnu deux jours plus tard que ses forces ont accidentellement abattu l'avion destiné à Kiev, tuant tous les 176 passagers à bord.

Les défenses aériennes de Téhéran étaient en état d'alerte élevée au cas où les États-Unis se venge contre les frappes iraniennes des heures plus tôt sur les troupes américaines stationnées en Irak.

Ces frappes ont été menées en réponse à l'assassinat du haut général iranien Qassem Soleimani dans une frappe de drone américain près de l'aéroport de Bagdad.

Les boîtes noires doivent contenir les informations sur les derniers moments avant la frappe et l'écrasement de l'avion.

Le Canada ne cesse de demander depuis des mois que l'Iran, qui n'a pas les moyens techniques pour décoder les boîtes noires, envoie les articles à l'étranger pour que leur contenu puisse être analysé.

Le Canada a affirmé il y a deux mois qu'il avait demandé avec d'autres pays à Téhéran de retarder le téléchargement des données sur les boîtes noires, à cause des restrictions de voyage liées au coronavirus.

Après que Téhéran avait annoncé en mars qu'il était prêt à transférer les boîtes noires en France ou en Ukraine, le ministre canadien des affaires étrangères Francois-Philippe Champagne avait salué avec réserve un « pas dans la bonne direction ».

Mais il a noté qu'il jugerait les autorités iraniennes sur la base de « leurs actions et non seulement leurs mots ».

L'Iran a affirmé que l'éruption du nouveau coronavirus dans le pays a tué 8.950 personnes et a infecté environ 190.000 depuis l'enregistrement de ses premiers cas en février.

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