Criminalité et Justice

Une attaque meurtrière contre des détenues de Taez suscite de vives condamnations

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des Yéménites devant la prison de Taez sur cette photo d'archive du 5 juillet 2010. [Gamal Noman/AFP]

Des responsables yéménites et internationaux et des groupes des droits de l'homme ont fermement condamné l'attaque du dimanche 5 avril contre la prison centrale de la province de Taez, au cours de laquelle six femmes et un enfant ont trouvé la mort et plus de 24 autres ont été blessées.

Le gouvernement yéménite a imputé cette attaque aux Houthis (Ansarallah) épaulés par l'Iran, bien que la milice ait jusqu'ici rejeté toute responsabilité.

La Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies Michelle Bachelet a indiqué que l'attaque de Taez pouvait être assimilée à un crime de guerre, a rapporté lundi l'AFP.

« D'après ce que nous savons, trois obus, apparemment tirés par les Houthis, ont frappé la section de la prison réservée aux femmes », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

« Cette attaque viole le droit humanitaire international et, en au vu des circonstances, pourrait être assimilée à un crime de guerre », a-t-elle ajouté.

Les Houthis ont tiré des obus de mortier sur la section des femmes de la prison, ont indiqué les médias locaux.

Selon les autorités locales de Taez, six femmes ont été tuées, ainsi qu'un enfant qui rendait visite à sa mère incarcérée, et 28 autres ont été blessées.

Condamnation internationale

L'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths a condamné cette attaque « haineuse ».

« Les civils et les objets civils, dont les prisons, doivent être protégés conformément au droit humanitaire international », a-t-il déclaré dans un post sur les médias sociaux.

Les services de Lise Grande, la coordonnatrice résidente des Nations unies et coordinatrice humanitaire au Yémen, a également publié un communiqué condamnant cette attaque.

Médecins sans frontières (MSF) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont tous deux également condamné cette attaque dans les médias sociaux.

MSF a indiqué que l'hôpital Al-Thawra de la ville de Taez soutenu par l'organisation, avait pris en charge les blessées.

« Ces attaques contre des civils, qu'elles soient sans discrimination ou ciblées, sont des atteintes injustifiables au droit humanitaire international », a ajouté MSF.

Le CICR a pour sa part déclaré que les attaques contre des prisons étaient interdites par le droit international.

« Les prisons et leurs détenus sont protégés par le droit humanitaire international et ne peuvent constituer des cibles », a-t-il rappelé.

Les Yéménites dénoncent une attaque « haineuse »

Dans un communiqué relayé par les médias locaux, le ministre des Droits de l'homme a qualifié cette attaque de « crime de guerre en violation de toutes les normes et lois nationales et de tous les traités internationaux », et a demandé que les auteurs soient traduits en justice.

Le vice-ministre des Droits de l'homme Nabil Abdoul Hafeez a dénoncé un crime « brutal » qui a visé le segment le plus vulnérable de la population, les femmes et les enfants.

Il a rappelé à Al-Mashareq que les prisons « sont des espaces protégés qui ne peuvent être pris pour cibles en temps de guerre ».

Le ministre de l'Information Mouammar al-Eryani a qualifié cette attaque « d'horrible ».

Al-Eryani a déclaré aux médias locaux que les Houthis commettent quotidiennement des crimes contre les civils, « sans établir de distinction entre les femmes, les hommes, les enfants, les jeunes ou les personnes âgées ».

Le Réseau yéménite pour les droits et les libertés, la Coalition Rasd et le Centre d'information et de formation aux droits de l'homme ont condamné les Houthis pour ce crime.

Ils ont demandé que soit adoptée une position ferme contre les crimes qui visent des civils non armés.

« Les femmes constituent le segment le plus vulnérable, à la fois économiquement et politiquement », a expliqué à Al-Mashareq le politologue Adel al-Shujaa, qualifiant cette attaque de « crime contre l'humanité».

Hadi approuve la libération de prisonniers

Mettant en œuvre un décret du président Abdrabbo Mansour Hadi, les autorités locales de Taez ont approuvé lundi la libération de 124 détenus hommes et femmes qui purgeaient des peines pour des condamnations financières mineures.

Cette décision est l'une des mesures destinées à protéger la population carcérale contre une possible propagation du nouveau coronavirus (COVID-19).

Dans un entretien téléphonique avec le gouverneur de Taez Nabil Shamsan, après cette attaque de dimanche, Hadi a ordonné la libération de prisonniers hommes et femmes qui purgeaient des peines pour des charges mineures, avec la garantie de leur famille.

Aucun prisonnier purgeant une peine pour un crime ou un délit majeur ne sera libéré.

« Les Houthis appuyés par l'Iran ne respectent absolument pas les engagements, les accords ou le caractère sacré dans leur ciblage permanent de personnes innocentes, notamment des femmes et des enfants », a déclaré Hadi.

Taez, ville de 600 000 habitants située dans le sud-ouest du Yémen, est sous le contrôle du gouvernement, mais est assiégée ces dernières années par les Houthis.

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1 COMMENTAIRE (S)
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Vous voulez dire que les Houthis sont derrière chaque calamité! Nous n'avons pas vu Allah avec notre esprit, mais nous le connaissions et l'adorions. Les ennemis des Houthis l’auraient peut-être fait pour mobiliser la communauté internationale contre les Houthis. On sait que les ennemis des Houthis n’ont ni parole ni conscience. Les mercenaires contre les Houthis sont trop nombreux. Il y a un dicton qui dit «l’argent parle». L’argent aveugle les gens. Les ennemis des Houthis sont des lâches.

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