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Yémen : Marib demande de l'aide pour l'exode d'al-Jawf

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Un enfant yéménite devant une tente dans un camp improvisé pour déplacés internes (DI) après que beaucoup ont été forcés de fuir leurs maisons en raison des combats en cours dans la région de Nehm, à l'ouest de la ville de Marib, sur cette photo d'archive du 8 mai 2016. [Abdoullah al-Qadry/AFP]

Depuis que les Houthis soutenus par l'Iran (Ansarallah) ont envahi al-Hazm, la capitale provinciale d'al-Jawf, le 1er mars, près de 25 000 habitants de la ville et de ses environs ont fui, selon les médias locaux et les rapports d'agences internationales.

À la lumière de la crise des déplacements qui se profile, le ministre de l'Administration locale Abdel Raqib Fatah, qui dirige une équipe gouvernementale chargée d'examiner la situation, est arrivé à Marib avec son équipe le 3 mars pour rencontrer les dirigeants des autorités locales.

Lors d'une réunion le 4 mars, Fatah a souligné l'importance « de relever le défi de l'aide humanitaire à Marib, ce qui nécessite des efforts concertés de la part des autorités locales, du gouvernement et de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite ».

Le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi a envoyé l'équipe à Marib dans le but de renforcer les efforts du gouvernement pour améliorer l'aide destinée aux personnes déplacées d'al-Jawf.

D'après l'Unité exécutive gouvernementale pour les personnes déplacées à Marib, environ 25 000 résidents déplacés sont arrivés à Marib depuis al-Jawf après que les milices houthies ont pris le contrôle d'al-Hazm.

Des dizaines de milliers de DI sont confrontés à « une situation tragique après avoir été forcées par l'escalade militaire dans la province d'al-Jawf de fuir vers la province adjacente de Marib », a déclaré l'unité dans un communiqué.

Elle a prévenu que les organisations locales et l'autorité locale de Marib n'ont pas la capacité de gérer des déplacements de cette ampleur, ajoutant qu'elle avait lancé un appel aux organisations internationales « pour agir d'urgence et apporter de l'aide ».

Pénurie de nourriture et d'abris

« Il y a un grand besoin de nourriture, de médicaments, d'abris et d'eau pour les DI qui sont arrivées à Marib », a fait savoir à Al-Mashareq le directeur de l'unité exécutive, Seif Muthanna.

La situation est « tragique, dans les camps existants et ceux qui sont construits pour accueillir les DI récemment arrivées », a-t-il déclaré. « Certaines familles déplacées sont encore dans le désert et ne disposent pas des moyens de subsistance les plus élémentaires. »

« Certains DI d'al-Hazm sont bloqués dans les zones désertiques entre Marib et al-Jawf, et ils craignent que les combats ne s'étendent aux zones vers lesquelles ils ont été déplacés », a rapporté Muthanna.

« Nous ne pouvons pas répondre à leurs besoins essentiels », a-t-il déclaré, appelant à l'aide internationale.

Les Nations unies ont activé un mécanisme de réaction rapide pour répondre aux nouveaux DI à Marib et les enregistrer.

Entre-temps, parmi d'autres efforts de secours, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) a indiqué avoir préparé 7000 colis d'aide à distribuer aux populations déplacées, contenant de la nourriture et des produits d'hygiène et de soins personnels.

Les habitants d'al-Hazm ont fui

« La plupart des habitants de la ville d'al-Hazm ont fui les attaques des Houthis », a déclaré Waleed Ghaleb, directeur adjoint du Bureau des droits de l'homme de la province d'al-Jawf.

« Les DI ont fui par crainte de la brutalité des Houthis ou d'être utilisés comme boucliers humains, comme le fait la milice avec les habitants qui sont restés à al-Hazm », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« Ceux qui n'ont pas pu s'échapper avant l'arrivée de la milice dans la ville sont coincés », a-t-il indiqué.

Ils sont contraints de rester dans la ville pour être utilisés comme arguments si les forces yéménites arrivent pour tenter de la reprendre, a ajouté Ghaleb.

Certaines des familles déplacées « ont utilisé des routes du désert pour atteindre Marib, et certaines d'entre elles se sont perdues », a-t-il déclaré, rapportant que 18 familles avaient été volées en route.

Certaines des familles déplacées se sont réfugiées dans les zones d'al-Jawf contrôlées par le gouvernement yéménite, a-t-il fait savoir, d'autres sont allées vivre chez des parents dans les environs de la ville de Marib.

Mais toutes les familles déplacées souffrent, a-t-il noté, « car certaines des familles qui ont atteint Marib restent dans le désert, tandis que d'autres ont trouvé de la place dans des camps de DI existants, comme celui d'al-Meel ».

Il faut une réponse rapide

Les habitants étaient dans une situation difficile avant leur déplacement, et « leur situation a empiré après qu'ils ont quitté leurs maisons et leurs moyens de subsistance par peur d'être tués », a déclaré l'économiste Abdoul Aziz Thabet à Al-Mashareq.

Selon le gouverneur de Marib, a rapporté Thabet, une aide sera fournie aux DI en fonction des ressources disponibles.

Mais en vérité, le gouvernement local « ne peut que fournir les terres pour les camps » et n'a pas la capacité de pourvoir aux besoins des DI, alors que leur nombre continue d'augmenter, a-t-il déclaré, demandant l'aide du gouvernement fédéral et des Nations unies.

Les personnes qui s'abritent dans les camps existants sont confrontées à « une situation difficile, et l'arrivée de nouveaux DI va exacerber les souffrances », a déclaré Thabet.

Il a ajouté que les DI ont choisi de se déplacer plutôt que de rester sous le contrôle des Houthis, indiquant que « cela nécessite une réponse rapide à leurs besoins ».

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