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Nouveau plan de sanctions de l'ONU pour le Yémen

AFP

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Dans cette photo d'archive prise le 6 septembre 2016, des combattantes yéménites soutenant les Houthis soutenus par l'Iran tiennent des lance-roquettes lors d'un rassemblement anti-saoudien à Sanaa. [Mohammed Huwais / AFP]  

Le Conseil de sécurité de l'ONU a reconduit mardi 25 février son régime de sanctions contre le Yémen pour une nouvelle année, après des négociations tendues entre la Grande-Bretagne et la Russie, qui menaçaient d'opposer son veto à toute mention, même implicite, de l'Iran.

Treize pays ont finalement adopté la résolution de Londres sur les sanctions, qui sont désormais en vigueur jusqu'en février 2021. La Russie et la Chine se sont abstenues.

Le plan de sanctions, qui aurait expiré mercredi, prévoit la prolongation du mandat des experts de l'ONU qui contrôlent l'embargo sur les armes imposé en 2015.

La résolution étend également les mesures qui prévoient le gel des avoirs et l'interdiction de voyager des fonctionnaires visés.

Les pourparlers étaient en cours depuis une semaine avec peu de difficultés apparentes, mais soudainement lundi, Moscou a déclaré qu'il ne pouvait pas soutenir le texte rédigé par Londres.

Elle a menacé de faire usage de son veto et a proposé une contre-proposition, ont indiqué des diplomates.

La Russie était en armes sur toute mention de l'Iran, qui soutient les Houthis (Ansarallah) dans leur bataille contre les forces gouvernementales, qui sont à leur tour soutenues par la coalition arabe.

Un récent rapport des experts de l'ONU qui surveillent l'embargo sur les armes a déclaré que les Houthis étaient en possession depuis 2019 de nouvelles armes - drones et missiles de croisière - avec des "caractéristiques techniques similaires aux armes" produites en Iran.

Le rapport ne dit pas si les armes ont été livrées aux Houthis directement par Téhéran, qui a à plusieurs reprises nié leur avoir envoyé des armes.

La Russie accusée de 'pratique acharnée'

Lors des négociations du Conseil de sécurité, la Grande-Bretagne a initialement abandonné toute mention de l'Iran.

Mais alors - peu de temps avant le vote et après que la France et la Belgique sont intervenues pour la médiation - Londres a accepté d'omettre toute référence aux armes possédées par les Houthis et à leur similitude avec les armes iraniennes.

Au cours du débat mardi, le représentant américain Rodney Hunter a accusé l'Iran de faire passer des armes aux Houthis pendant des années, violant ainsi l'embargo des Nations Unies sur les armes au Yémen et celui imposé à l'Iran également.

La Grande-Bretagne et la France ont critiqué ce qu’ils appelaient l’habitude de la Russie de menacer d’utiliser son droit de veto et de proposer un texte concurrent pour avoir son chemin.

Le droit de veto ne peut pas devenir une tactique de négociation, a déclaré l'ambassadeur britannique Karen Pierce.

"Si les pays vont engager des négociations avec nous en détail et ne soutiennent pas le texte, alors, dans mon esprit, c'est une pratique acharnée", a souligné Pierce.

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