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L'OTAN demande à l'Iran d'éviter de « nouvelles provocations »

AFP

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Le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion du Conseil de l'Atlantique Nord consacrée à l'Iran, au siège de l'OTAN à Bruxelles le 6 janvier. [Kenzo Tribouillard/AFP]

Téhéran doit éviter « de nouvelles violences et provocations », a averti l'OTAN lundi 6 janvier, alors que les tensions montent au Moyen-Orient après que les forces américaines ont tué un général iranien de haut rang.

Cet avertissement a été lancé alors que l'Union européenne a convoqué une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles vendredi pour discuter des retombées de la mort de Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI).

Lors d'une session d'urgence du conseil directeur de l'OTAN convoquée d'urgence lundi après-midi, des responsables américains ont expliqué le raisonnement qui a conduit à la décision de tuer Soleimani à l'aéroport de Bagdad vendredi.

Stoltenberg a souligné que l'attaque du drone, qui a tué au moins dix personnes, était une « décision américaine », mais a ajouté que les 28 autres membres de l'OTAN avaient réitéré les préoccupations qu'ils avaient depuis longtemps concernant les activités déstabilisatrices de l'Iran au Moyen-Orient.

Interrogé à deux reprises pour savoir si des États membres avaient critiqué la frappe américaine, Stoltenberg a souligné leur unité et leur inquiétude face au comportement de l'Iran.

« Nous avons récemment assisté à une escalade de la part de l'Iran, notamment l'attaque d'une installation énergétique saoudienne et la destruction d'un drone américain », a fait savoir Stoltenberg.

« Lors de notre réunion d'aujourd'hui, les alliés ont appelé à la retenue et à la désescalade. Un nouveau conflit ne serait dans l'intérêt de personne, et l'Iran doit donc s'abstenir de toutes nouvelles violences ou provocations. »

Téhéran a juré de venger Soleimani, l'une des figures publiques les plus populaires d'Iran et un acteur clé de son réseau d'alliances et de forces intermédiaires au Moyen-Orient, et le président américain Donald Trump a menacé de « représailles majeures » si des cibles américaines étaient touchées.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l'UE discutait avec toutes les parties pour tenter de désamorcer les tensions, appelant à la retenue et demandant à ce que les progrès réalisés en Irak depuis la défaite de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) soient préservés.

« Après les derniers événements en Irak, il est maintenant important d'arrêter le cycle de la violence afin qu'une action ne donne pas lieu à une autre, et qu'au lieu de cela un espace soit à nouveau créé pour la diplomatie », a déclaré von der Leyen.

Suspension de la mission de formation

La situation s'est également détériorée en Irak, où les législateurs ont demandé le départ des 5 200 soldats américains qui y sont déployés.

L'OTAN maintient une mission de 500 hommes en Irak, préparant les forces locales à affronter l'EIIS, mais ses activités de formation essentielles sont désormais suspendues jusqu'à ce que la sécurité s'améliore, a rapporté Stoltenberg.

Un diplomate de l'OTAN a déclaré à l'AFP que l'alliance devrait « attendre pour voir » comment Bagdad réagira dans les prochains jours.

« De notre point de vue, la résolution du Parlement ne nous oblige à rien. Nous en prenons note, mais nous devons attendre de voir ce que le gouvernement va faire », a ajouté le diplomate.

« Nous pensons toujours que la présence de troupes internationales en Irak devrait être maintenue afin d'empêcher une résurgence de [l'EIIS]. Mais nous devons respecter la décision finale du gouvernement irakien. »

Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont publié dimanche dernier une déclaration commune exhortant l'Iran à « s'abstenir de toute nouvelle action ou prolifération violente » et critiquant le « rôle négatif » que Téhéran a joué au Moyen-Orient par le biais des forces de Soleimani.

L'Allemagne a annoncé mardi avoir temporairement retiré une partie de ses troupes déployées dans le cadre de la coalition anti-EIIS en Irak.

Trente-deux soldats allemands basés au camp Taji près de Bagdad ont été transportés par un avion militaire A400M vers la base aérienne d'al-Azraq en Jordanie, a indiqué l'armée allemande dans un communiqué.

Trois soldats allemands stationnés à Bagdad ont été transférés au Koweït.

« Ces soldats peuvent être ramenées à tout moment si les entraînements en Irak reprennent », a ajouté la déclaration.

« La sécurité de nos soldats reste une priorité absolue. »

L'Allemagne a déployé environ 415 soldats dans le cadre de la coalition anti-EIIS, dont près de 120 sont stationnés en Irak.

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