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Absence de soutien populaire pour le Premier ministre soutenu par le Hezbollah au Liban

Junaid Salman à Beyrouth

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Le Premier ministre désigné Hassan Diab fait une déclaration à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre sortant Saad al-Hariri à Beyrouth, le 20 décembre. Diab a déclaré qu'il souhaite former un gouvernement de technocrates indépendants qui puissent traiter la spirale de la crise économique dans le pays alors que se propage la contestation de sa nomination. [Stringer/AFP]

Une semaine après avoir été chargé de former le prochain gouvernement au Liban, le Premier ministre désigné Hassan Diab n'a pas encore obtenu le consensus au sein de l'élite politique du pays ou de la jeunesse descendue dans la rue pour des manifestations de colère depuis le 17 octobre.

Les principaux partis politiques, à savoir le Courant du futur, le Parti socialiste progressiste, les Forces libanaises et les Phalanges libanaises, ont refusé sa nomination et sont allés jusqu'à refuser de participer au gouvernement qu'il a été chargé de former.

Cela a poussé les manifestants à qualifier le gouvernement prospectif de « gouvernement monochrome », faisant référence à un gouvernement dominé par le Hezbollah et ses alliés.

Le 19 décembre, le président Michel Aoun a désigné Diab, professeur d'ingénierie âgé de 60 ans, comme prochain Premier ministre du pays en remplacement de Saad al-Hariri, qui avait démissionné fin octobre face aux manifestations de masse.

Le 22 décembre, d'importants leaders des mouvements de rues ont refusé l'invitation faite par Diab de venir négocier en vue de la formation d'un nouveau gouvernement, affirmant qu'ils ne sont pas disposer à lui apporter leur soutien.

Leur refus fait suite à des manifestations au cours desquelles des routes ont été bloquées dans tout le pays pour condamner la désignation de ce Premier ministre lors d'un vote très conflictuel qui a déclenché la colère parmi les membres de la communauté sunnite.

Les manifestations « continueront »

La politologue et professeure Halima Kaakour, qui, en qualité de représentante des manifestants, a obtenu une voix lors des consultations parlementaires pour nommer un nouveau Premier ministre, a expliqué à Al-Mashareq que « la révolution se poursuivra jusqu'à ce que les demandes du peuple soient satisfaites ».

« Nos revendications portent sur la formation d'un gouvernement composé d'indépendants qui n'avaient pas fait partie de la précédente élite au pouvoir », a-t-elle ajouté.

Le nouveau gouvernement devra traiter trois questions fondamentales : la lutte contre la corruption, la résolution de la crise économique et la tenue d'élections anticipées, a-t-elle poursuivi.

« Nous voulons un gouvernement qui mette en œuvre les réformes nécessaires et nous sorte de la crise économique par des mesures qui ne soient pas aux dépens des pauvres », a déclaré Kaakour.

« Ce n'est qu'alors que nous sortirons de la rue. »

Les manifestations se poursuivront en dépit de la désignation de Diab pour former le gouvernement « parce qu'il représente une classe politique contre laquelle s'est élevée la révolution », a déclaré Makram Rabah, professeur au département d'histoire de l'Université américaine de Beyrouth.

« Les manifestants exigent des réformes politiques et économiques qui sont encore loin d'être mises en œuvre, en particulier celle concernant la manière dont est formé le nouveau gouvernement qui bloque toute réforme demandée par les manifestants », a-t-il expliqué.

Le possible gouvernement serait composé d'un ou deux partis au pouvoir, et représenterait donc la classe politique contre laquelle le peuple manifeste, a conclu Rabah, faisant référence au Hezbollah et à ses alliés.

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