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Le gouvernement yéménite va mettre fin au monopole d'importation de pétrole

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des automobilistes yéménites font la queue à une station-service d'al-Mansura, un quartier du nord d'Aden, sur cette photo d'archive du 3 avril 2015. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Le gouvernement yéménite a pris des mesures pour mettre fin au monopole sur l'importation de dérivés du pétrole afin d'approvisionner les centrales électriques et de répondre aux besoins de la population.

La fin de ce monopole devrait améliorer les conditions de vie et stabiliser le prix des produits courants.

C'était l'un des objectifs de l'accord de partage du pouvoir conclu à Riyad le mois dernier entre le gouvernement yéménite et le Conseil de transition du Sud (CTS).

L'objectif global est de calmer la situation pour permettre l'unification des efforts visant à affronter les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran et les groupes extrémistes tels qu'al-Qaïda, qui ont exploité le vide politique pour lancer des attaques.

Lors d'une réunion le 1er décembre présidée par le Premier ministre Moeen Abdoulmalik, le gouvernement yéménite a approuvé la création de commissions composées de représentants des ministères de l'Électricité et des Finances et de la compagnie pétrolière.

Ces commissions sont chargées de superviser les appels d'offres et de donner à tous les négociants une chance égale d'importer du pétrole et des dérivés du pétrole.

Cette mesure a été prise pour mettre fin à la manipulation des prix du carburant, aux crises récurrentes et aux pénuries de carburant qui imposent des souffrances à la population civile.

La fin des pannes de courant

Les habitants d'Aden ont subi de longues pannes d'électricité à cause du manque de Diesel, qui est le carburant utilisé dans les centrales électriques.

« Les pannes d'électricité dans les maisons et les quartiers ne dépassaient pas deux heures par jour. Aujourd'hui, elles durent trois ou quatre heures par jour ou plus aux heures de pointe dans certains quartiers », a fait savoir à Al-Mashareq Zahra Mouhammed, une habitante d'Aden.

« Les coupures de courant perturbent la vie quotidienne des habitants et des propriétaires de petites entreprises, qui subissent de ce fait de lourdes pertes », a ajouté Mouhammed.

Au cours de sa réunion, le gouvernement a examiné plusieurs d'offres d'achat de pétrole et étudié d'autres moyens d'obtenir du carburant pour les centrales électriques.

Il a cherché à réduire la gravité des interruptions de service, à fournir du carburant aux stations-service afin qu'il soit vendu à des prix raisonnables, et à empêcher l'apparition de goulets d'étranglement dans l'approvisionnement.

Le gouvernement a fait de l'amélioration des services et de la normalisation de la situation une priorité, mais cela va demander un effort intégré pour y parvenir, a expliqué Abdoulmalik.

Aden et d'autres provinces sous contrôle gouvernemental ont atteint un point critique plusieurs fois cette année, en mars et à la fin juillet, lorsque le prix d'un bidon de 20 litres a atteint 20 000 riyals (80 USD).

Cela a représenté une forte augmentation par rapport au prix officiel avant la crise, qui était de 6 000 riyals (24 USD), et a aggravé les souffrances du peuple yéménite, qui a vu le prix des aliments et le prix des transports monter en flèche en conséquence.

Dans le même temps, la vente de dérivés du pétrole s'est développée sur le marché noir, et de longues files d'attente se sont formées dans tous les points de vente.

Mettre fin aux crises

Moustafa Nasr, président du Centre d'études et de médias économiques, a déclaré à Al-Mashareq que pour que cette initiative soit couronnée de succès, il fallait mettre en place un mécanisme clair et transparent d'attribution des marchés, fondé sur des règles claires et transparentes.

Nasr a souligné la nécessité de briser ce monopole « afin de mettre un terme aux crises récurrentes des dérivés de pétrole qui ont alourdi le fardeau des citoyens en temps de guerre et fait augmenter le prix des aliments et des services ».

L'analyste politique Faisal Ahmed a indiqué à Al-Mashareq que la fin du monopole améliorera les conditions de vie et stabilisera le prix des produits courants, conformément aux objectifs de l'accord de Riyad.

La mise en œuvre de cet accord vient en appui aux efforts de l'État pour combattre les groupes extrémistes, affronter les Houthis et réimplanter les institutions de l'État, a-t-il poursuivi.

« Briser le monopole ouvrira la voie au plus grand nombre de négociants pour l'importation du pétrole et des dérivés de pétrole », a affirmé l'économiste Abdel Aziz Thabet à Al-Mashareq.

Cela créera « un environnement compétitif qui fera baisser les prix en mettant à disposition des approvisionnements abondants », au bénéfice du peuple yéménite, a-t-il déclaré.

« Le plus important est que le processus d'importation se déroule conformément au mécanisme mis au point par le Comité économique suprême concernant la fourniture de devises fortes pour les opérations d'importation », a déclaré Thabet.

Ce mécanisme stipule que la Banque centrale d'Aden fournira des devises fortes pour les importations, a-t-il précisé.

Il a souligné qu'il est important que cette tâche revienne à la banque centrale, afin d'éviter aux commerçants d'avoir à chercher des devises fortes sur le marché noir.

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Politique Commentaire
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Jusqu'à quand se poursuivra cette guerre futile? N'est-il pas temps qu'elle s'arrête et que nous sortons de ce bourbier? Est ce qu'il n'y a pas de fin à cette nuit? Ce sont des questions posées par les gens qui ont été affectés par le feu de cette guerre futile.

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