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L'Iran a franchi toutes les lignes rouges, déclare le gouvernement yéménite

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Turki al-Malki, porte-parole de la coalition arabe, montre à David Schenker, secrétaire adjoint américain aux Affaires du Proche-Orient, des armes supposément iraniennes saisies par les forces saoudiennes aux Houthis du Yémen, lors d'une visite dans une base militaire d'al-Kharj, dans le centre de l'Arabie saoudite, le 5 septembre. [Fayez Nureldine/AFP]

Le gouvernement yéménite a exhorté la communauté internationale à adopter une position ferme contre les actions iraniennes, qui ont pour but de saper la sécurité dans la région par le biais des Houthis (Ansarallah) et d'autres intermédiaires.

Après une réunion dirigée par le Premier ministre Moeen Abdulmalik jeudi 5 décembre dans la capitale provisoire d'Aden, le gouvernement a déclaré que le régime iranien « a franchi toutes les lignes rouges et est devenu un outil de propagation du terrorisme, du chaos et de l'instabilité dans la région ».

Il a condamné les violations continuelles par le régime des résolutions obligatoires des Nations unies, et le fait qu'il équipe les Houthis en armes légères et en missiles.

Les États-Unis ont annoncé jeudi avoir saisi une importante cargaison de missiles iraniens à destination des Houthis, dénonçant ce qu'ils ont appelé une violation de l'embargo sur les armes décrété par l'ONU.

Un navire de guerre américain a intercepté le navire le 25 novembre au large du Yémen et a trouvé des « armes sophistiquées » d'origine iranienne, notamment des missiles terrestres, antichars et de défense aérienne, a fait savoir Brian Hook, représentant spécial américain pour l'Iran.

« Cette découverte est une preuve supplémentaire des efforts déployés par l'Iran pour attiser les conflits dans la région en fournissant des armes mortelles à ses intermédiaires », a déclaré Hook.

« Cela démontre également la façon dont l'Iran viole de manière répétée l'embargo sur les armes de l'ONU, en place depuis plus de 10 ans », a-t-il poursuivi, faisant référence à l'interdiction des exportations d'armes de Téhéran par le Conseil de sécurité en 2007.

Dans sa déclaration, le gouvernement yéménite s'en est également pris au programme expansionniste de l'Iran dans la région et a appelé à « mettre fin aux pratiques iraniennes qui ne pourront être découragées que par une position ferme de la communauté internationale ».

« Il n'y aura pas de paix au Yémen tant que l'Iran persévérera dans son comportement d'agression et d'extorsion contre le monde à travers ses intermédiaires subversifs », a-t-il déclaré.

L'Iran utilise les Houthis « pour servir son dangereux programme qui prend pour cible la stabilité et la sécurité des États du Golfe, de la région et de la navigation internationale dans la mer Rouge et à Bab-el-Mandeb », a-t-il ajouté.

Sabotage des efforts de paix

« En tant que Yéménites, nous devons surmonter nos divergences et placer les intérêts de notre pays au-dessus de tout pour convaincre d'autres [États] de nous aider », a affirmé le diplomate yéménite Abdoul Wahab Tawaf à Al-Mashareq.

« Avec la poursuite de ses politiques terroristes destructrices, l'Iran menace le présent et l'avenir du Yémen et fait dérailler les efforts de l'Arabie saoudite pour rétablir le gouvernement légitime du Yémen », a-t-il fait savoir.

« L'Iran serait à même d'augmenter ses livraisons d'armes sophistiquées aux Houthis à l'heure actuelle » pour saboter les efforts de paix, a déclaré à Al-Mashareq Abdoulsalam Mohammed, directeur du Centre Abaad d'études stratégiques.

Cela est principalement dû au fait que l'Iran cherche à garder les Houthis sous son contrôle et à saper toutes leurs initiatives de paix au Yémen jusqu'à ce que les objectifs tactiques du régime iranien soient atteints, a-t-il expliqué.

Certains de ces objectifs incluent la levée des sanctions contre l'Iran et la possibilité de recommencer à exporter son pétrole, a-t-il ajouté.

L'Iran doit mettre fin à son implication, a déclaré Hook, demandant l'ouverture d'un dialogue entre les Saoudiens et les Houthis.

« Il est évident que l'Iran ne parle pas au nom des Houthis et qu'il ne pense pas aux intérêts du peuple yéménite », a-t-il déclaré.

Hook a également annoncé que le Département d'État offre une récompense de 15 millions de dollars pour toute information sur Abdoul Reza Shahlai, officier supérieur de la force al-Qod d'élite iranienne, qui opérerait depuis le Yémen.

Il a déjà fait l'objet de sanctions américaines pour un présumé complot visant à tuer l'ambassadeur saoudien à Washington.

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