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Le CGRI amasse des fonds alors que le peuple iranien souffre

Sultan al-Barei à Riyad

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La milice Fatemiyoun financée par le CGRI, qui comprend des combattants afghans, est engagée dans des combats en Syrie sous le commandement d'officiers iraniens. [Photo fournie par l'Institut international d'études iraniennes]

Des officiers supérieurs nommés à la tête de sociétés affiliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) utilisent leur statut pour s'enrichir et échapper aux impôts au détriment du public iranien, ont déclaré des experts.

Alors que l'Iran est aux prises avec une crise économique dévastatrice, ils se remplissent les poches sous prétexte que ces entreprises génèrent des fonds pour les opérations extérieures du CGRI et contribuent ainsi à « exporter la révolution ».

Cela a contribué aux difficultés internes de l'Iran, qui ont poussé le peuple iranien dans la rue pour exprimer sa colère face à l'état de l'économie.

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Des étudiants iraniens devant l'université de Téhéran. Le taux de chômage des jeunes en Iran avoisine les 30 %. [Photo de Mehr News]

Les Nations unies se sont dites alarmées par des informations selon lesquelles des dizaines de personnes auraient été tuées lors de manifestations en Iran, qui se sont étendues à plus de 40 villes.

Les Iraniens privés de revenus

« Il est notoire que le CGRI contrôle la plupart des grandes entreprises en Iran par le biais d'un réseau d'officiers supérieurs qui supervisent ce système financier », a indiqué Shaher Abdoullah, professeur d'économie à l'Université Ain Shams.

Le CGRI a fait de ce système « une source perpétuelle de revenus pour ses propres coffres, pas ceux de l'État ou du peuple iranien », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Les entreprises affiliées au CGRI, qui contrôlent les secteurs industriel et commercial, opèrent par l'intermédiaire de centaines de filiales afin d'échapper aux impôts, a-t-il fait savoir.

« L'évasion fiscale prive non seulement le peuple iranien des fonds auxquels il a droit, mais elle fait aussi du volume de ces opérations un secret, que seuls quelques officiers du CGRI connaissent », a précisé Abdoullah.

L'économie iranienne, déjà en difficulté, est privée de capitaux et de recettes fiscales provenant des bénéfices des opérations de ces filiales, a-t-il ajouté.

Beaucoup de ces filiales sont multinationales, ce qui rend leur traque très difficile et fournit également au CGRI des revenus provenant de plusieurs pays, a noté Abdoullah.

Le réseau régional du CGRI a épuisé les ressources du peuple iranien, a expliqué à Al-Mashareq le spécialiste des affaires iraniennes Sheyar Turko.

Lorsque le CGRI crée une filiale à l'étranger, il recrute des employés dans ce pays grâce à des programmes financiers attractifs financés par le Trésor public iranien, a-t-il précisé.

Mais le peuple iranien ne voit aucun retour sur ces investissements.

« Une crise économique étouffante »

Le chômage est en hausse en Iran, où près de deux millions de travailleurs iraniens ont perdu leur emploi lors de la dernière vague, a déclaré Hossein Shayan, originaire de Téhéran.

« Chaque jour, des travailleurs iraniens sont licenciés par des entreprises qui ne peuvent survivre à cause de la crise économique étouffante », a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

La plupart des provinces iraniennes sont le théâtre de manifestations contre le chômage, les prix élevés et l'incapacité à faire face à la crise économique, a-t-il poursuivi.

La Force de résistance Basij, un groupe paramilitaire affilié au CGRI qui a été utilisé pour réprimer l'opposition nationale, est intervenue pour faire cesser ces manifestations, a indiqué Shayan.

Il a imputé la crise actuelle au gaspillage des richesses du peuple iranien à l'étranger pour permettre au CGRI de poursuivre ses ambitions régionales.

« Le peuple iranien sait très bien que sa richesse a été dilapidée, car le CGRI contrôle les ressources du pays [et les utilise] pour mettre en œuvre ses plans étrangers », a-t-il déclaré.

Ceux-ci n'ont « apporté à l'Iran et aux Iraniens que pauvreté et chômage », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, il a été découvert que les officiers supérieurs du CGRI ont énormément d'argent, a-t-il indiqué, et qu'ils en disposent sans ingérence de l'État.

Discuter de ces questions était autrefois tabou, a conclu Shayan, soulignant que le déclenchement des manifestations contre les prix élevés et le chômage a brisé la barrière de la peur qui les entourait.

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