Politique |

L'image du dirigeant iranien est « exagérée », affirment des experts

Sultan al-Barei à Riyad

image

Sur cette photo prise le 14 septembre 2013, des gens présentent leurs condoléances au commandant de la force al-Qod du Corps des Gardiens de la révolution islamique, le major-général Qassem Soleimani, après le décès de sa mère à Téhéran. [AFP PHOTO/ISNA/Mehdi Ghasemi]

Les médias pro-iraniens se sont engagés dans une campagne visant à améliorer l'image et la réputation du major-général Qassem Soleimani, commandant de la force al-Qod du Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI-FQ), ont indiqué des experts à Al-Mashareq.

Ces articles vantent les prouesses politiques et militaires de Soleimani, bien que ses décisions et ses actions aient grandement contribué à l'isolement de l'Iran et à l'imposition de sanctions qui ont dévasté son économie, ont-ils précisé.

Ils arrivent dans le contexte d'une augmentation du climat d'insatisfaction et de critique en Iran vis-à-vis des missions de Soleimani à l'étranger.

image

Le commandant de la force al-Qod du CGRI, le major-général Qassem Soleimani, passe en revue des milices soutenues par le CGRI en Irak. [Photo de Mehr News]

Les dirigeants du mouvement réformiste iranien et les partisans de la ligne dure seraient troublés par la façon dont les dirigeants du CGRI gèrent les affaires étrangères, ce qui expose leur pays à un isolement et des crises économiques supplémentaires.

Dans un message diffusé plus tôt cette année à la télévision d'État, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré que les difficultés économiques auxquelles les Iraniens sont confrontés étaient le problème principal et le plus urgent du pays.

Entre-temps, Soleimani a été accusé d'attiser le ressentiment envers l'Iran en Irak en raison du soutien qu'il apporte à certaines milices irakiennes.

Plusieurs responsables politiques iraniens ont par ailleurs exprimé leur méfiance quant aux rapports de terrain que Soleimani envoie aux hauts responsables, qu'ils qualifient de « trompeurs » et basés sur « une mauvaise stratégie ».

Les actions de Soleimani ont également suscité la colère du peuple iranien après la décision largement impopulaire du CGRI de faire venir des milices irakiennes fidèles à l'Iran pour l'aider à réprimer la dissidence dans les zones touchées par les inondations durant l'été.

« Image médiatique exagérée »

« L'image médiatique exagérée de Soleimani n'est pas à la hauteur de ses capacités politiques et militaires », a déclaré l'écrivain dissident et analyste politique iranien Ali Narimani à Al-Mashareq.

L'attention médiatique accordée récemment à Soleimani est intentionnelle, a-t-il indiqué, comme en témoigne la forte couverture médiatique de sa présence en Irak et en Syrie.

Les photos de ses visites dans ces zones ont clairement été mises en scène à des fins de propagande, a-t-il poursuivi, « bien qu'elles veuillent paraître spontanées, lors de visites à des milices libanaises, irakiennes, afghanes, pakistanaises et syriennes ».

Ces photos le dépeignent sous un jour flatteur, en tant que chef du CGRI à l'étranger ayant un contrôle total sur les forces sous son commandement, a-t-il déclaré.

En réalité, l'activité de Soleimani consiste à diriger des groupes armés qui opèrent davantage comme des « gangs » et mènent des opérations spécifiques, « profitant de la tourmente des pays dans lesquels ils opèrent », a expliqué Narimani.

Ils sèment la discorde dans les pays voisins et menacent leur sécurité, a-t-il déclaré, soulignant que leurs actions maintiennent l'Iran « en guerre contre ses voisins du Golfe ».

Les actions de la force al-Qod de Soleimani « ont entraîné des sanctions contre l'Iran et le peuple iranien qui rendent plus difficile la situation sociale et économique », a-t-il ajouté.

Manque de leadership

« Soleimani a reçu une modeste éducation classique et militaire qui n'est pas du tout à la hauteur de l'image qui est donnée de lui », a fait savoir à Al-Mashareq Hossein Shayan, dissident iranien originaire de Téhéran.

Cela se reflète dans le langage « belliqueux et provocateur » que Soleimani emploie lorsqu'il s'adresse aux affiliés et intermédiaires du CGRI, a rapporté Shayan.

« Depuis son émergence sur la scène régionale, et malgré le fait qu'il commande les intermédiaires du CGRI dans les pays voisins, Soleimani manque de talents de négociation », a-t-il ajouté.

« Pendant les crises, il enflamme surtout la situation politique et militaire, alors que dans la plupart des cas, diplomatie et sens de la désescalade sont urgemment nécessaires », a-t-il déclaré.

Soleimani n'est pas le cerveau que l'on veut montrer, car les opérations à l'étranger qu'il supervise sont la mise en œuvre du programme de Khamenei, a déclaré à Al-Mashareq le chercheur en affaires iraniennes Fathi al-Sayed.

Il n'est pas non plus l'architecte du programme d'expansion qu'il mène dans la région pour la mise en œuvre des plans de Khamenei, car les fondations en avaient été posées par son prédécesseur, le général Ahmed Vahidi.

Aimez-vous cet article?
23
NON
2 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire
Captcha

Un brave et malin homme qui a gagné son expérience des guerres. Il a mis dans l'embarras de grands pays et était capable de développer les armes de la résistance palestinienne.

Répondre

Je vois en cet article une tentative de saper la position de Suleimani indépendamment de sa performance.

Répondre