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Les Yéménites demandent une enquête sur les attaques de Marib

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des membres de tribus yéménites des Comités de résistance populaire pro-gouvernementaux font une pause pendant les combats contre les Houthis le 30 juin 2017 à Sirwah, à l'ouest de la ville de Marib. [Abdoullah al-Qadry/AFP]

Sept soldats yéménites ont été tués mercredi 13 novembre lors d'une attaque au missile contre une base militaire de la province de Marib, qu'un responsable militaire a attribuée aux Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran.

Deux officiers supérieurs figurent parmi les tués, a indiqué un responsable militaire à l'AFP, dans un bilan total confirmé par un médecin de l'hôpital de Marib.

Douze autres personnes ont été blessées dans cet incident.

Le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi a déclaré que la dernière attaque en date à Marib ne dissuaderait pas l'armée nationale de poursuivre ses opérations pour libérer le pays des Houthis.

Lors d'un entretien téléphonique mercredi avec le ministre de la Défense, le major général Mohammed al-Maqdishi, Hadi a souligné la nécessité de libérer chaque centimètre du sol yéménite des « gangs du coup d'État qui cherchent à détruire le pays pour servir des intérêts étrangers ».

L'attaque de mercredi était la deuxième tentative en deux semaines de cibler des commandants du ministère yéménite de la Défense à Marib.

L'incident précédent, survenu le 29 octobre, avait visé une réunion à laquelle participaient al-Maqdishi et Ibrahim ben Ali al-Harbi, commandant de la coalition arabe à Marib, avec leurs officiers supérieurs.

Les Houthis ont lancé l'attaque depuis le mont Haylan, « lequel domine la province de Marib et qu'ils contrôlent », a fait savoir le colonel et analyste militaire Yahya Abou Hatem.

Cette zone doit être ramenée sous le contrôle du gouvernement, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« Un événement grave »

Les deux attaques contre le camp de Marib ont été menées à l'aide de missiles intelligents, a rapporté à Al-Mashareq Abdoul Salam Mohammed, directeur du Centre Abaad d'études stratégiques, qualifiant cette situation de « grave ».

« Le Yémen doit appeler à une enquête internationale, à laquelle participeront l'Arabie saoudite et les États-Unis, pour déterminer comment ces missiles ont été acquis, que leurs auteurs soient les Houthis ou d'autres », a-t-il indiqué.

« L'enquête internationale est importante pour identifier l'État qui a fourni de tels missiles aux Houthis, s'ils sont derrière cette attaque », a-t-il ajouté.

« Il faut également que nous connaissions les moyens de lancement, que ce soit par drone ou radar, et si un État régional tel que l'Iran ou autre a participé avec les Houthis à cette attaque militaire », a affirmé Mohammed.

L'Iran est peut-être à l'origine des attaques, a-t-il déclaré, car il a pu contribuer à faire passer les missiles en contrebande aux Houthis. Mais il reste la question de savoir comment l'Iran les a acquis en premier lieu, car il n'est pas en mesure d'acheter de telles armes.

« Les premières analyses confirment que les deux frappes contre le même camp à Marib impliquaient des missiles similaires à l'AGM-114K Hellfire, un missile fabriqué aux États-Unis tiré par des drones ou des avions militaires », a-t-il indiqué.

« Ce missile a ensuite été modifié pour être tiré à partir d'une base fixe ou mobile », a-t-il ajouté.

Les attaques répétées contre le même camp pointent une faille de sécurité et l'incapacité à sécuriser les positions militaires et les réunions du ministère de la Défense, a déclaré à Al-Mashareq l'analyste politique Faisal Ahmed.

Ahmed a exhorté la coalition arabe et le ministère yéménite de la Défense à bâtir un système de défense aérienne sophistiqué pour protéger les provinces libérées des attaques des Houthis, et à rétablir le contrôle du gouvernement sur toutes les parties du Yémen.

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