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Les actions de la force Al-Qod ont coûté à l'Iran sa richesse pétrolière

Sultan al-Barei à Riyad

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Des travailleurs iraniens sur une plateforme pétrolière dans le champ de South Pars, que l'Iran partage avec le Qatar. [Photo fournie par Mehr News]

Les actions malveillantes de la force Al-Qod du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI-FQ), qui est chargée des opérations militaires hors d'Iran, portent gravement atteinte à l'économie iranienne, selon des économistes et des experts internationaux.

L'ingérence du CGRI-FQ dans les affaires d'autres pays a été un facteur clé dans l'imposition de sanctions américaines à l'encontre d'entités et d'intérêts iraniens, ont-ils déclaré à Al-Mashareq, et le secteur de l'énergie du pays souffre des retombées de ses actions.

Par ses actions, le CGRI-FQ a fait de l'Iran, autrefois producteur et exportateur majeur d'énergie, un simple consommateur de produits pétroliers.

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Un pétrolier géant est chargé dans une raffinerie de gaz qatarie du Golfe, où le Qatar et l'Iran se partagent le plus grand gisement de gaz naturel au monde. [Photo du site internet Qatargas]

L'industrie pétrolière, et le secteur du gaz naturel en particulier, a le potentiel de relancer l'économie iranienne et d'améliorer les conditions auxquelles la population est actuellement confrontée.

« Dans des circonstances normales pour la région du Golfe et le monde, le Qatar et l'Iran seraient considérés comme deux des principaux pays exportateurs de gaz à l'échelle mondiale », a indiqué à à Al-Mashareq le chercheur en affaires internationales qatari Mahmoud Abdel Moneim.

« Si une alliance devait se former entre eux, ce serait une alliance très puissante qui pourrait exercer une influence significative sur la scène internationale », a-t-il affirmé.

Mais en raison de l'instabilité de la situation dans la région, qui peut être attribuée aux actions du CGRI-FQ, « une telle alliance ne verra pas le jour dans un avenir proche », a-t-il déclaré.

Tant qu'il ne sera pas certain que l'Iran n'est plus une menace constante pour la sécurité, un tel scénario ne sera pas probable, a ajouté Abdel Moneim.

À l'heure actuelle, a-t-il poursuivi, l'Iran accélère la production du champ gazier du golfe Arabique qu'il partage avec le Qatar (North Field se trouve dans les eaux territoriales qataries et South Pars dans les eaux iraniennes).

Mais il reste encore la question de la capacité d'exportation limitée de l'Iran, a-t-il indiqué, notant qu'une hausse de la production est hors de question compte tenu des sanctions imposées au pays.

Ambitions économiques déjouées

« Le Qatar et l'Iran partagent le champ gazier North Field/South Pars », a fait savoir à Al-Mashareq Fakhreddine Awadallah, professeur d'économie à l'Université Aïn Shams.

Il s'agit du plus grand gisement de gaz au monde, dont on estime qu'il renferme 51 billions de mètres cubes de gaz naturel, a-t-il précisé.

« L'Iran dispose de 29,6 billions de mètres cubes de réserves de gaz, ce qui représente 16 % des réserves mondiales totales », a-t-il noté. « Cela le place au deuxième rang mondial pour ce qui est des réserves de gaz, derrière la Russie. »

La plupart des ambitions de l'Iran pour exploiter ses richesses gazières se sont estompées avec l'imposition de sanctions déclenchées par l'indignation internationale face aux actions du CGRI, a-t-il rapporté.

« Sa capacité d'exportation a été entravée et sa capacité de production est rendue inutile, à part pour la consommation nationale », a-t-il déclaré, soulignant que les recettes en devises fortes du secteur sont « presque nulles ».

Et ce, malgré les promesses de redressement faites par le gouvernement après la signature d'accords avec le Liban, la Syrie, l'Irak, la Turquie et certains pays européens, a-t-il ajouté.

En conséquence des actions du CGRI-FQ, l'Iran et le peuple iranien sont privés de milliards de dollars qui auraient sinon atterri dans les coffres de l'Iran et auraient relancé l'économie défaillante du pays, a ajouté Awadallah.

Occasion économique manquée

« L'Iran a raté l'occasion de rejoindre le club des principaux producteurs et exportateurs d'énergie en n'exploitant pas l'une des plus grandes réserves de gaz au monde, à cause des actions du CGRI », a déclaré l'expert bancaire Mahmoud Seif à Al-Mashareq.

Malgré les tensions actuelles, les protocoles internationaux stipulent que dans des circonstances stables, l'Iran peut être admis dans l'alliance des producteurs, a déclaré Seif, qui enseigne à la faculté d'économie de l'Université Zagazig en Égypte.

Mais les erreurs de l'Iran ont privé l'État et le peuple de la chance de bénéficier de cette alliance économique, a-t-il précisé.

L'économie iranienne a subi des revers importants du fait des actions du CGRI-FQ, a-t-il ajouté, suggérant qu'« ils » devraient prendre des mesures pour prouver leur « bonne volonté pour corriger la situation ».

Le maintien du statu quo est une forme de suicide politique et économique « qui fera tomber le peuple iranien au plus bas niveau de pauvreté et ruinera l'économie dans son ensemble, ainsi que la balance commerciale, qui est à son plus bas niveau », a-t-il affirmé.

Pour l'instant, a-t-il ajouté, les seuls retours économiques sont ceux des opérations de contrebande vers l'Irak et la Syrie.

« Le CGRI ne se soucie pas de la situation économique de son pays ni de la détérioration des conditions de vie de sa population ", a conclu Seif.

« Tout ce qui l'intéresse, c'est d'assurer le succès de ses projets expansionnistes au détriment de la sécurité et de la stabilité de la région et de ses habitants. »

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