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Une veuve de l'EIIS arrêtée à la frontière entre la Syrie et le Liban

Nohad Topalian à Beyrouth

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Une scout brandit un drapeau national à côté d'un soldat de l'armée libanaise à bord d'un véhicule militaire, lors de la célébration du retour des soldats ayant combattu l'EIIS sur le front est du pays à la frontière syrienne, dans la ville orientale de Ras Baalbek, le 30 août 2017. [Stringer/AFP]

L'armée libanaise a annoncé le 17 juillet l'arrestation de la veuve du recruteur de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) Mohammed Ahmed al-Satem, aussi appelé « Abou Moaz ».

Selon un communiqué de l'armée, la direction du renseignement a arrêté Ghinwa al-Ahmed, également accusée d'appartenir à l'EIIS, dans la région d'Akkar à Wadi Khaled, alors qu'elle tentait d'entrer illégalement au Liban.

Cette arrestation reflète « les efforts sérieux mis en œuvre par la direction pour poursuivre ceux qui ont rejoint des groupes terroristes et qui pourraient revenir au Liban », a déclaré le journaliste Michel Nasr, qui couvre les questions de sécurité.

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Les forces libanaises ont intensifié leurs activités de surveillance le long de la frontière pour empêcher les éléments de l'EIIS de se déplacer entre la Syrie et le Liban par des passages illégaux. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Pour empêcher les incursions transfrontalières non désirées, la direction maintient une surveillance intense dans certaines zones frontalières afin de déterminer comment les extrémistes entrent dans le pays, a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

C'est dans ce cadre qu'al-Ahmed a été appréhendée, a-t-il fait savoir.

Les interrogateurs lui ont demandé de « donner l'itinéraire qu'elle a suivi en Syrie, d'indiquer quels ont été ses déplacements, et comment elle est entrée au Liban », afin de déterminer si un réseau de l'EIIS l'attendait à son arrivée, a déclaré Nasr.

Son défunt mari, de la ville de Bokaya à Wadi Khaled, avait déserté l'armée libanaise pour rejoindre l'EIIS, et avait recruté d'autres personnes pour se battre pour le groupe, a-t-il indiqué, ajoutant qu'al-Satem avait été tué à al-Raqqa en octobre 2017.

Mohammed al-Satem est lié à Qutaiba al-Satem, qui a commis un attentat suicide meurtrier dans la banlieue sud de Beyrouth en décembre 2014.

L'armée est en état d'alerte au poste-frontière pour le retour d'environ 300 à 400 personnes, sur un total d'environ 700 qui ont rejoint l'EIIS et d'autres groupes extrémistes combattant en Syrie, a-t-il précisé.

Parmi elles, environ 250 ont été tuées, blessées ou sont portées disparues, a-t-il déclaré.

« Engagement sérieux pour la lutte contre le terrorisme »

L'arrestation d'al-Ahmed montre clairement que les forces de sécurité prennent au sérieux la surveillance et la lutte contre le terrorisme, a déclaré l'expert libanais en sécurité Naji Malaeb.

La lutte se poursuivra tant qu'il y aura des éléments restants et des cellules de l'EIIS dans le désert syrien et le long de la frontière nord de ce pays, a-t-il affirmé à Al-Mashareq.

Le nombre de Libanais qui sont allés en Syrie pour combattre dans les rangs de l'EIIS et d'autres groupes extrémistes « rend impératif de contrôler la frontière, de traquer ces [combattants] et de les arrêter à leur retour », a déclaré Malaeb.

Les agences de sécurité libanaises « prennent au sérieux toutes les informations qu'elles reçoivent et agissent en conséquence », a-t-il indiqué, soulignant que les frontières « sont sous contrôle et surveillées par des tours d'observation », et que la situation sécuritaire est stable.

L'arrestation d'al-Ahmed « est l'une des nombreuses arrestations quotidiennes de ceux qui tentent de s'infiltrer au Liban, qu'il s'agisse ou non de terroristes », a déclaré à Al-Mashareq le politologue George Shahin.

Tous les points de passage légaux sont étroitement contrôlés, a-t-il fait savoir, « et la Direction générale de la sûreté générale (DGSG) joue un rôle très important dans l'établissement de listes de terroristes et de personnes accusées d'appartenir à des groupes terroristes ».

Ces listes sont très utilisées par les forces libanaises et par les alliés du pays.

Les failles de sécurité à la frontière, en particulier aux points de passage officiels, « sont pratiquement impossibles aujourd'hui, avec tous les équipements mis en service, en particulier ceux qui permettent de détecter les faux documents », a affirmé Shahin.

Des membres des forces de sécurité appréhendent ceux qui tentent de voyager avec de fausses cartes d'identité libanaises et syriennes et réussissent à déjouer les tentatives de contrebande de drogues, en particulier de pilules de Captagon, et ce quotidiennement.

De nouveaux équipements ont été mis en service aux postes frontière par la DGSG, qui permettent au personnel de sécurité de détecter toutes ces infractions, a-t-il conclu.

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