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Attaque d'al-Qaïda dans l'Abyan, alors qu'Aden tarde à se remettre d'une attaque

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden et AFP

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Cette image tirée d'une vidéo de l'AFPTV réalisée jeudi 1er août montre des forces de sécurité yéménites sur les lieux d'une attaque par missile mortelle des Houthis contre un camp militaire à l'ouest d'Aden. [Nabil Hasan/AFP]

Des éléments armés d'al-Qaïda ont tué 19 soldats lors d'une attaque contre une base militaire dans le sud du Yémen vendredi 2 août, un jour après des attaques meurtrières séparées perpétrées par des miliciens houthis et un kamikaze qui ont fait au moins 49 morts et 48 blessés.

Des membres armés d'al-Qaïda ont pris d'assaut la base d'Al-Mahfad dans la province d'Abyan et l'ont occupée pendant plusieurs heures avant l'arrivée des renforts militaires, ont rapporté des responsables de la sécurité, ajoutant que des soldats avaient été tués lors de combats contre les extrémistes.

« Des éléments armés d'al-Qaïda ont profité de ce qui s'est passé jeudi à Aden pour lancer une attaque contre la base d'Al-Mahfad » a fait savoir un responsable gouvernemental de la sécurité.

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Des Yéménites passent devant un cratère sur les lieux d'un attentat suicide à la voiture piégée contre un poste de police dans le district d'al-Cheikh Othman, à Aden, le jeudi 1er août. [Nabil Hasan/AFP]

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Les forces yéménites se précipitent sur les lieux d'une attaque au missile contre un camp militaire à l'ouest d'Aden perpétrée jeudi 1er août. Des dizaines de policiers yéménites, dont un commandant supérieur, ont été tués ou blessés dans cette attaque. [Nabil Hasan/AFP]

« Des renforts militaires ont été envoyés [...] et les hommes armés ont été tués, tandis que d'autres ont été chassés avec l'appui aérien de la coalition (arabe), lors d'une opération qui a duré plusieurs heures », a précisé le responsable.

« Au moins 19 soldats ont été tués, et d'autres ont été blessés. »

L'analyste de sécurité Aleksandar Mitreski a déclaré que ces attaques « semblent opportunistes ».

« Al-Qaïda n'a ni la capacité ni l'appétit stratégique pour ouvrir un nouveau front dans le sud du Yémen », a déclaré Mitreski, également chercheur à l'université de Sydney.

« Nous pourrions voir d'autres attaques sporadiques à l'avenir motivées par le désir d'al-Qaïda de rester un acteur important dans le conflit yéménite », a-t-il indiqué.

Des dizaines de tués à Aden

Jeudi, des attaques distinctes revendiquées par les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran et par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ont visé les forces de sécurité à Aden, tuant au moins 49 personnes, dont de nombreuses recrues de police récemment formées.

Un attentat-suicide à la voiture piégée revendiqué par l'EIIS a frappé un commissariat de police, tuant treize policiers, selon une source de sécurité.

« Un véhicule et une moto remplis d'explosifs ont pris pour cible le poste de police d'al-Sheikh Othman, tuant et blessant des dizaines de personnes », a déclaré le ministère de l'Intérieur du Yémen.

Une attaque séparée a été menée par les Houthis, qui ont déclaré avoir lancé un drone et un missile balistique vers un camp d'entraînement à l'ouest d'Aden.

L'attaque aérienne a eu lieu alors que des hauts-commandants assistaient au défilé militaire de recrues nouvellement diplômées au camp d'entraînement d'al-Jala, à 20 km du centre d'Aden.

Le missile a frappé à environ cinq mètres de la plateforme d'observation, a rapporté un photographe de l'AFP.

« Des dizaines de personnes ont été tuées, dont le commandant de la 1ère brigade de soutien, le général de brigade Mounir Aboul Yamama, et plusieurs de ses aides », a annoncé le ministère.

Les coupables seront traduits en justice

Le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi s'est engagé à punir les « éléments voyous » et a confirmé que les auteurs seront traduits en justice.

Dans deux déclarations de condoléances aux victimes des attentats du jeudi, Hadi a demandé à toutes les agences de sécurité et militaires d'augmenter le niveau d'alerte de sécurité pour répondre à ces actes honteux commis par les Houthis et leurs alliés.

Le ministère de l'Intérieur s'est à son tour engagé à attaquer les terroristes et leurs cellules, ainsi que ceux qui cherchent à semer le chaos ou à cibler les forces de sécurité.

« Le ministère condamne fermement ces actes terroristes », a déclaré à Al-Mashareq Abdoul Qawi Baash, porte-parole du ministère.

« Le fait que les deux attentats (de jeudi) ont eu lieu presque simultanément indique que les Houthis et les groupes terroristes se complètent et que l'Iran porte atteinte à la stabilité et à la sécurité du Yémen », a-t-il déclaré.

Dans une déclaration, le porte-parole du gouvernement yéménite Rajeh Badi a déclaré que « le fait que les deux attaques aient été menées simultanément confirme que leur source et leurs objectifs sont les mêmes, c'est à dire saper la stabilité et la sécurité d'Aden ».

« Les deux attaques mettent en évidence le rôle hostile et destructeur de l'Iran au Yémen, où il soutient et parraine les Houthis criminels et leur fournit des missiles balistiques, des drones et un armement sophistiqué », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, le gouvernement a émis des directives pour indemniser les propriétaires de terrains et de maisons qui ont subi des dégâts suite à l'attaque du poste de police, qui a forcé certaines familles à quitter leur domicile.

Condamnation généralisée

Le vice-président Ali Muhsin al-Ahmar, le Premier ministre, ses deux adjoints et plusieurs fonctionnaires yéménites ont fermement condamné ces attaques.

Le vice-ministre des Droits de l'homme Nabil Abdoul Hafeez a également exprimé sa tristesse.

« Ce qui s'est passé à Aden est déchirant », a-t-il déclaré à Al-Mashareq. « Ces attaques visent à embrouiller la situation et à ouvrir une nouvelle plaie dans le pays. »

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces deux attentats terroristes traîtres et lâches », a fait savoir à Al-Mashareq Tariq al-Qurashi, vice-ministre des Dotations religieuses et de l'Orientation.

Il a exhorté tous les organismes de sécurité et militaires à unir leurs efforts pour repousser les menaces futures de cette nature.

Anhar Salem, gynécologue à Aden, a déclaré à Al-Mashareq que sa ville était triste et souffrait de ce qui s'est passé jeudi.

« Quel mal ont fait les civils dont les maisons ont été endommagées à al-Sheikh Othman », a-t-elle demandé, ajoutant que « les victimes du camp d'al-Jala assistaient à une cérémonie de remise des diplômes et n'étaient pas sur le champ de bataille ».

Les Yéménites ne connaîtront pas la sécurité ou la stabilité dans le nord ou le sud tant que « ces milices criminelles ne seront pas éradiquées », a affirmé le journaliste yéménite Rashad al-Sharaabi à Al-Mashareq.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), l'EIIS et d'autres extrémistes ont prospéré dans le chaos de la guerre entre le gouvernement et les Houthis.

L'envoyé des Nations unies Martin Griffiths a appelé jeudi le gouvernement et les Houthis à « honorer leur engagement en faveur de la paix et à redoubler d'efforts pour trouver une solution politique au conflit ».

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Que Dieu ait pitié de nos martyrs et les accepte parmi les hommes sacrés: Dieu me suffit et Il est le meilleur garant!

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