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Terrorisme |

Les villes saoudiennes de plus en plus menacées par les drones des Houthis du Yémen

Des voyageurs se rassemblent devant le hall des arrivées à l'aéroport d'Abha, dans le sud de l'Arabie Saoudite, le 2 juillet. Une attaque des Houthis du Yémen contre cet aéroport civil a blessé neuf civils ce jour-là. [AFP]

Les Houthis (Ansarallah) du Yémen, soutenus par l'Iran, ont intensifié les attaques de drones et de missiles contre les villes saoudiennes, soulignant ce que les analystes appellent les vulnérabilités militaires du royaume dans un contexte de tensions accrues entre Téhéran et Washington.

Neuf civils ont été blessés mardi 2 juillet lors d'une attaque des Houthis contre l'aéroport d'Abha dans le sud du royaume, la dernière d'une série d'attaques récentes contre le site.

Les Houthis ont indiqué avoir touché l'aéroport avec des drones.

L'intensification de la guerre des drones contre les aéroports civils saoudiens, les usines de dessalement et d'autres infrastructures, fait suite à la prédominance des missiles balistiques houthis, dont certains visaient la capitale, Riad.

Alors que les États-Unis collaboraient avec l'Arabie saoudite pour étouffer les routes de trafic de missiles, les drones sont devenus une alternative relativement peu coûteuse et probablement plus efficace pour les Houthis, expliquent des experts.

Outre les drones volant à basse altitude et difficiles à détecter, les Houthis ont également utilisé des missiles de croisière lors de récentes attaques contre des installations saoudiennes, rapportent des responsables américains et saoudiens.

Le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi, a déclaré qu'ils ont la capacité d'atteindre des objectifs « importants et stratégiques » en Arabie Saoudite, et aux Émirats arabes unis, autre membre clé de la coalition.

Les Houthis déploient également de plus en plus de mines marines improvisées dans la mer Rouge, lesquelles représentent un « danger pour la navigation commerciale », selon un rapport publié l'année dernière par un groupe d'experts de l'ONU.

Lutter contre les drones

Les attaques croissantes de drones ont mis en évidence les systèmes de défense de l'Arabie saoudite, qui a dépensé des centaines de milliards de dollars en avions de combat et autres équipements militaires.

« Les attaques de Houthis sur le territoire saoudien ont mis en évidence des lacunes dans la défense aérienne et antimissile de l'Arabie saoudite », a déclaré Becca Wasser, analyste politique à la RAND Corporation.

Décrivant l'armée de l'air saoudienne comme « l'une des branches les plus puissantes » des forces armées du pays, Wasser a déclaré à l'AFP qu'elle avait néanmoins été mise sous une « pression énorme » par les frappes des Houthis.

Le système de défense antimissile Patriot du royaume n'est pas principalement conçu pour repousser les drones volant à basse altitude, indiquent des experts.

« Bien que les forces de défense aérienne soient des utilisatrices de Patriot expérimentées, il convient de noter qu'elles exploitent un système de défense antimissile qui n'a pas été conçu pour les drones », a poursuivi Wasser.

Rôle de l'Iran

Les attaques se déroulent dans un contexte de tensions régionales accrues après que Washington a accusé l'Iran d'avoir abattu un drone américain au-dessus des eaux internationales, Téhéran prétendant qu'il volait dans son espace aérien.

Les États-Unis ont également reproché à l'Iran d'avoir mené des attaques contre des pétroliers dans le golfe stratégique d'Oman, accusation que Téhéran a démentie avec véhémence.

« L'on voit que les Houthis ciblent délibérément des infrastructures clés qui, si elles étaient endommagées ou détruites, auraient un effet négatif sur les civils [saoudiens] », a déclaré Wasser.

Les autorités saoudiennes et américaines accusent Téhéran de fournir aux Houthis la formation et la conception nécessaires à la construction de leurs drones.

L'Iran nie avoir armé les rebelles, mais le rapport d'un groupe d'experts de l'ONU de 2018 indique avoir identifié « des restes de missiles, de l'équipement militaire connexe et des véhicules militaires aériens sans pilote (drones) d'origine iranienne ».

Il a précisé que le drone Qassef-1 des Houthis est « pratiquement identique en conception, dimensions et capacités à celui de Ababil-T, fabriqué par Iran Aircraft Manufacturing Industries ».

Il a rejeté l'affirmation des Houthis selon laquelle ils fabriquaient eux-mêmes le drone.

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