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La sortie de l'accord sur le nucléaire de l'Iran, un défi pour la communauté internationale

Sultan al-Barei à Riyad et l'AFP

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Cette photo d'archive datée du 15 janvier 2011 montre la centrale hydraulique d'Arak. Lors de la retransmission d'une conférence de presse depuis Arak le 17 juin 2019, le porte-parole de l'organisation de l'énergie nucléaire iranienne Behrouz Kamalvandi a déclaré que l'Iran allait dépasser la limite de combustible d'uranium spécifiée aux termes de l'accord nucléaire conclu avec les puissances mondiales. [Hamid Foroutan/ISNA/AFP]

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a exhorté lundi 1er juillet l'Iran à respecter ses engagements en vertu de l'accord sur le nucléaire et à régler les différends par le biais d'un mécanisme de règlement des litiges, tandis que les leaders internationaux dénonçaient cette rupture par l'Iran.

Lundi, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé que l'Iran avait dépassé la limite de ses réserves d'uranium enrichi fixée par l'accord sur le nucléaire de 2015, anciennement connu sous le sigle JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action - Plan d’action global commun).

Cet organe de surveillance nucléaire des Nations unies a confirmé que le stock total d'uranium enrichi de l'Iran avait dépassé la limite convenue de 330 kilos.

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Une photo d'archive datant d'août 2010 montre la construction du réacteur à la centrale nucléaire de Bushehr, dans le sud de l'Iran. [Atta Kenare/AFP]

« Il est essentiel que cette question, comme toute autre question liée à la mise en œuvre de ce plan, soit traitée par le biais des mécanismes mis en place dans le JCPOA », a déclaré le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric.

Guterres encourage l'Iran à « continuer d'honorer tous ses engagements nucléaires en vertu du JCPOA », a poursuivi Dujarric.

Cet accord nucléaire avait été signé le 2 avril 2015 à Lausanne, en Suisse, avec la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis, qui se sont unilatéralement retirés de cet accord l'an dernier.

Réactions internationales

« Les États-Unis et leurs alliés ne permettront jamais à l'Iran de développer des armes nucléaires », a mis en garde la Maison blanche lundi, le président Donald Trump affirmant que l'Iran « joue avec le feu » en dépassant la limite de ses réserves d'uranium enrichi.

« La pression maximale se poursuivra sur le régime iranien jusqu'à ce que ses dirigeants changent d'attitude », a indiqué un communiqué de la Maison blanche, parlant « d'une erreur contenue dans l'accord sur le nucléaire iranien visant à permettre à l'Iran d'enrichir de l'uranium, à quelque niveau que ce soit ».

« Nous devons rétablir l'ancienne norme de non-prolifération de zéro enrichissement pour l'Iran », a poursuivi cette déclaration.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a indiqué que Londres était « très inquiet » et a exhorté l'Iran à « revenir à la conformité », tandis que le président français Emmanuel Macron a appelé l'Iran à réduire « immédiatement » ses réserves d'uranium enrichi.

Macron a déclaré qu'il avait « noté avec inquiétude » le dépassement par Téhéran de la limite fixée dans l'accord de 2015 et a appelé l'Iran à « immédiatement inverser ce dépassement et s'abstenir de toute autre mesure qui ne respecterait pas ses obligations nucléaires ».

Macron a poursuivi en indiquant que dans les jours qui viennent, il allait continuer à travailler à une résolution de la confrontation entre l'Iran et les États-Unis, qui verra Téhéran « respecter pleinement ses obligations et continuer à profiter des avantages économiques de l'accord ».

Mardi, la Russie a pour sa part demandé à l'Iran de ne pas céder à l'émotion et de s'en tenir plutôt à ses engagements nucléaires.

« Nous appelons nos collègues iraniens à faire preuve de sang froid, à ne céder sous aucun prétexte à l'émotion et à respecter les dispositions essentielles de l'accord de sauvegarde de l'AIEA et du Protocole additionnel à cet Accord », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov.

« Graves conséquences »

Téhéran défie la communauté internationale avec l'annonce qu'il dépasse la limite de ses réserves d'uranium enrichi, a déclaré le spécialiste des affaires iraniennes Fathi al-Sayed du Centre Al-Sharq d'études régionales et stratégiques.

Cela aura vraisemblablement de graves conséquences, et le peuple iranien sera le plus grand perdant, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« En annonçant qu'il avait dépassé les niveaux convenus d'uranium enrichi, l'Iran a brisé l'accord nucléaire international », a ajouté al-Sayed.

De ce fait, l'accord est réputé « juridiquement suspendu », a-t-il ajouté. « Cela aura pour effet de rétablir les sanctions onusiennes qui avaient été suspendues après la signature de cet accord. »

« Le peuple iranien est le plus grand perdant des politiques du CGRI, notamment parce que les sanctions augmenteront durant la prochaine période », a poursuivi al-Sayed.

« Cela vient s'ajouter au spectre de la guerre qui plane sur la région, et qui rendra la vie quotidienne encore plus difficile», a-t-il déclaré, soulignant « la situation économique très mauvaise de l'Iran, son taux de chômage élevé, son inflation et sa dette publique ».

« Entre-temps, le CGRI continue de diriger des fonds vers ses groupes armés affiliés et de développer son programme militaire plutôt que de soutenir le peuple et soulager ses lourdes souffrances », a conclu al-Sayed.

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