Terrorisme

Le CGRI crée une base d'entraînement au Liban, affirment les États-Unis

Nohad Topalian à Beyrouth

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Des rapports des renseignements indiquent que le CGRI a mis en place une base à proximité de Bayt Moubarak, à la frontière orientale du pays. Le village tout proche d'al-Nabi Sheeth, visible sur cette photo, est connu pour être un repaire du Hezbollah. [Photo fournie par la municipalité d'al-Nabi Sheeth]

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran a installé une base militaire dans un centre du Hezbollah à Bayt Moubarak, à la frontière orientale du pays, en face de la localité syrienne d'al-Zabadani, prétend le Département d'État américain dans une récente vidéo.

Ce site, dans la région de Hermel-Bekaa, est utilisé par la force al-Qod du CGRI (CGRI-FQ) pour former à l'utilisation des transports de troupes blindés (VTB), selon une vidéo que le département a partagée le 14 mai sur les réseaux sociaux.

Les forces du Hezbollah libanais y suivent un entraînement, ainsi que les combattants du CGRI-FQ et des milices affiliées, ont affirmé des experts à Al-Mashareq.

Cette milice tente de mettre à profit son expérience du combat pour servir l'Iran dans le contexte actuel de tensions entre les États-Unis et l'Iran, qui ont vu le déploiement d'un groupe d'attaque aéronaval et d'une escadre de bombardiers dans le Golfe Persique, ont-ils précisé.

Cette décision a été prise pour répondre aux renseignements indiquant que l'Iran transporte des missiles balistiques à courte portée à bord de bateaux civils dans le Golfe, plusieurs sources de renseignements révélant que l'Iran est prêt à lancer des attaques contre des cibles américaines.

« Ce camp situé non loin de la frontière libano-syrienne n'est pas nouveau », a précisé à Al-Mashareq l'expert en sécurité libanais Naji Malaeb.

Il est situé entre deux montagnes, à l'intérieur d'un triangle formé par les villages de Janta, Yahfouf et Maaraboun, sur les pentes occidentales de la chaîne de montagnes de l'est du Liban, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

« Le Hezbollah a mis en place plusieurs centres d'entraînement dans cette région inhabitée », a-t-il poursuivi, soulignant que la région est la principale route de transfert des armes et des combattants en formation de la Syrie vers le Liban.

Entraînement militaire des milices

« Ce centre est une base essentielle pour la formation militaire que le Hezbollah dispense à ses combattants et à ceux de groupes comme le CGRI-FQ », a ajouté Malaeb.

« Il était connu des agences internationales de renseignement », a-t-il ajouté, mais on a découvert récemment que le Hezbollah y formait des combattants palestiniens et irakiens, sous la supervision directe du CGRI.

Cela s'inscrit dans le cadre des efforts du Hezbollah de « servir l'agenda iranien », a-t-il précisé, soulignant que la milice avait reçu un financement important de l'Iran.

Ce centre « est le plus grand centre du Hezbollah, en surface ou sous terre », a expliqué Mouin Merehbi, leader du Courant du Futur et ancien député libanais.

La milice l'a utilisé pour entraîner ses forces, ainsi que des factions des Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes favorables à l'Iran, ainsi que les Houthis (Ansarallah) du Yémen, également appuyés par l'Iran, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Par l'intermédiaire du Hezbollah, l'Iran tente « d'utiliser les moyens financiers, militaires et organisationnels dont il l'a doté pour saper la stabilité et porter atteinte aux intérêts des États-Unis, de leurs alliés et de la communauté internationale », a-t-il ajouté.

Servir les intérêts de l'Iran

Le centre Bayt Moubarak « n'est pas le premier que le Hezbollah a mis en place dans la chaîne de montagnes de l'est du Liban, car il dispose de nombreux centres et installations d'entraînement dans des zones reculées », a expliqué le politologue Nizar Abdoul Qader.

« Le parti y forme ses éléments et ceux qu'il recrute sur place et ailleurs pour servir l'Iran et ses intérêts », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Le Hezbollah accumule une expérience militaire et de combat, a-t-il poursuivi, « et les unités du CGRI bénéficient de cette expérience ».

La milice est placée sous le commandement du CGRI « et sert tous les intérêts iraniens en échange d'argent et d'un soutien politique », a ajouté Abdoul Qader.

Et de conclure : « Elle cherche à servir l'Iran à un moment où la région est sous le coup de tensions sécuritaires qui ont contraint les États-Unis à y dépêcher des renforts en réponse aux menaces iraniennes. »

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