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Le plan jordanien favorise une réponse globale à la crise syrienne pour 2019

Noor al-Saleh à Amman

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Des responsables approuvent la Plateforme de réponse jordanienne de 2019 à la crise syrienne lors d'une réunion le 20 février à Amman présidée par le Premier ministre Omar al-Razzaz. [Photo fournie par le ministère de la Planification et de la Coopération internationale]

En février, la Jordanie et la communauté internationale ont approuvé la Plateforme de réponse jordanienne (PRJ) de 2019 à la crise syrienne, d'un montant de 2,4 milliards de dollars, destinée à aider le royaume à supporter le fardeau que représente plus d'un million de réfugiés syriens.

Sur cette somme, 702,9 millions de dollars sont alloués aux réfugiés syriens, 698,9 millions sont destinés à renforcer la résilience des communautés d'accueil, et les 998,2 millions restants seront affectés au soutien budgétaire.

Depuis la réouverture du passage frontalier de Jaber-Nassib, près de 13 000 réfugiés syriens sont rentrés dans leur pays, selon une estimation fournie par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Certains réfugiés ayant choisi de rester en Jordanie ont déclaré l'avoir fait par crainte de la situation de sécurité en Syrie et des possibles représailles du régime syrien contre eux, en tant que partisans de l'opposition.

D'autres ont évoqué leur réticence à repartir de zéro.

« Nos maisons sont détruites, nos familles sont éparpillées, que pouvons-nous retrouver », s'est interrogé Abou Ahmad, un réfugié syrien vivant près de l'université de Yarmouk à Irbid, où ses deux fils terminent leurs études.

« Ils obtiendront tous les deux leur diplôme dans deux ans », a-t-il fait savoir à Al-Mashareq. « Je ne peux pas à nouveau interrompre leur vie. »

« Nous n'avons pas encore réfléchi à ce que nous ferons après », a-t-il ajouté.

Cadre reconnu par le gouvernement

Le plan de 2019 est le seul cadre reconnu par le gouvernement pour lequel des subventions internationales pour la crise syrienne seront accordées, a expliqué Feda Gharaibeh, directrice de l'unité de coordination d'aide humanitaire du ministère de la Planification et de la Coopération internationale.

Ce plan regroupe des représentants de haut niveau du gouvernement, des partenaires au développement, des agences des Nations unies et de la communauté internationale dans un même cadre de planification et de coordination, a-t-elle rapporté à Al-Mashareq.

Cela garantit « une réponse globale, coordonnée, dirigée par [la Jordanie] et soutenue internationalement aux défis multiples auxquels le royaume fait face en raison de la crise syrienne », a-t-elle ajouté.

Ce plan couvre douze secteurs : l'éducation, l'énergie, l'environnement, la sécurité alimentaire, la santé, la justice, les moyens de subsistance, la gouvernance locale et les services municipaux, le logement, la protection sociale, les transports, l'eau, l'assainissement et l'hygiène.

Son approche basée sur la résilience cherche à répondre à l'impact des réfugiés sur les communautés d'accueil et à l'atténuer « en intégrant les réponses humanitaires et de développement dans une évaluation de vulnérabilité globale », a-t-elle expliqué.

Avec le changement de la situation en Syrie, la PRJ actuelle est devenue un plan d'un an différent des précédents, conçus sur la base de trois années glissantes, a poursuivi Gharaibeh.

Bien que la communauté internationale ait été généreuse dans son soutien, a-t-elle noté, nous avons constaté une baisse du financement du plan en 2018, et de ce fait le plan n'a été financé qu'aux deux tiers (63,9 %).

« Le soutien et le financement ont été davantage dirigés vers les services humanitaires et les besoins des réfugiés, plutôt qu'équitablement répartis pour également financer les [services publics] », a rapporté Gharaibeh .

La qualité des services proposés par le gouvernement a donc baissé, notamment dans les domaines de l'éducation et de la santé, a-t-elle indiqué.

Besoins humanitaires et de développement

« La PRJ est le seul cadre de réponse qui peut spécifier les sommes nécessaires pour la Jordanie en tant que communauté d'accueil », a déclaré l'experte en développement Zein Soufan.

Soufan fait partie de l'équipe qui avait créé le premier Plan jordanien de réponse en 2011 au ministère de la Planification et de la Coopération internationale, où elle a travaillé sur les moyens de subsistance et la protection sociale.

« Il s'agissait au départ d'un plan de résilience, pas d'un plan de réponse », a-t-elle précisé, notant qu'au fil des ans, il est « passé d'un plan purement humanitaire à un plan qui intègre le développement local ».

Pour garantir que les besoins futurs de la Jordanie seront satisfaits, a-t-elle poursuivi, il est nécessaire de procéder à une surveillance et à une évaluation correctes, et de travailler étroitement avec la communauté internationale pour s'assurer qu'ils sont transmis.

Gharaibeh a indiqué que le plan était préparé en accord avec les objectifs du Plan de développement exécutif de la Jordanie et son Plan de développement de gouvernorat, sans chevauchement entre les différents plans.

« C'est un plan à part disposant d'objectifs, de partenariats et de modalités de financement distinctes et spécifiques à la crise », a-t-elle fait savoir.

« Quant au financement fourni par la communauté internationale dans le cadre de la PRJ existante, il répond aux besoins humanitaires et de développement de la Jordanie », a conclu Gharaibeh.

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