Politique

Le nouveau gouvernement libanais s'engage à faire des réformes

Junaid Salman à Beyrouth

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Le gouvernement libanais a approuvé une déclaration de politique le 12 février, dans laquelle sont précisés les objectifs du nouveau cabinet. [Photo fournie par Dalati et Nohra]

Le gouvernement libanais a affirmé son engagement dans la mise en œuvre d'un programme de réformes économiques basé sur les quatre piliers de la vision du gouvernement présentés lors de la conférence Cèdre à Paris en avril dernier.

Cette déclaration de politique définit un programme de législations et de réformes financières, sectorielles et d'investissement que le gouvernement entreprendra, sur la base des recommandations faites par l'agence de conseil McKinsey.

Le Premier ministre Saad al-Hariri a prononcé cette déclaration de politique le 12 février, affirmant qu'elle accélérera la mise en place de projets pour lesquels un montant estimé à 3,3 milliards de dollars a été obtenu avant la conférence Cèdre.

Le gouvernement mettra également en place le programme de dépenses d'investissement présenté lors de la conférence, qui vise à augmenter les investissements dans les infrastructures.

La valeur totale du programme est estimée à 17 milliards de dollars, un montant qui devra être investi sur huit ans, une fois que le gouvernement aura approuvé les projets et les exigences.

Sur cette somme, cinq milliards seront financés par les secteurs privés nationaux et étrangers « dans le cadre du mécanisme de partenariat entre les secteurs public et privé », a précisé la déclaration gouvernementale.

« Une politique fiscale et monétaire cohérente »

En ce qui concerne la stabilité financière, a poursuivi cette déclaration, le gouvernement cherchera « une politique fiscale et monétaire cohérente qui encourage la confiance dans l'économie nationale et réduit le ratio entre le produit intérieur brut (PIB) et la dette publique ».

Cela a pour but d'augmenter la taille de l'économie et de réduire le déficit budgétaire.

Le gouvernement a également souligné son engagement à mener dès cette année un ajustement financier d'au moins 1 % du PIB au cours des cinq prochaines années en augmentant les revenus et en réduisant les dépenses.

Ceci devrait commencer par la réduction du déficit annuel d'Électricité du Liban (EDL) jusqu'à ce qu'il soit totalement résorbé.

Le gouvernement cherche également à accroître le nombre de contribuables, à activer la collecte des impôts, à lutter contre le gaspillage, à mettre fin à l'évasion douanière et fiscale, et à moderniser les lois et les méthodes utilisées par l'administration fiscale, a indiqué la déclaration.

Commentant cette déclaration, des économistes rencontrés par Al-Mashareq ont souligné l'importance de la mise en œuvre, expliquant que cela représente le plus grand défi pour le gouvernement et pour la réussite de ses efforts.

Mise en œuvre du plan du gouvernement

« La déclaration de politique est un plan d'action, et il doit tenir compte de la période pendant laquelle le gouvernement doit atteindre les objectifs définis », a affirmé l'ancien député libanais Fadi Abboud à Al-Mashareq.

« Si nous voulons mettre en œuvre les exigences de la conférence Cèdre, nous devons moderniser la législation des procédures administratives afin d'attirer les investissements et les investisseurs », a-t-il déclaré.

La déclaration de politique a abordé les réformes requises de manière générale, alors que le Liban doit discuter des moindres détails des réformes qui toucheront l'économie et les procédures opérationnelles pour toutes les transactions, a-t-il indiqué.

Cela inclut les transactions dans les secteurs de l'immobilier, de l'industrie et de l'agriculture, a-t-il noté, ainsi que différents types de transactions administratives.

La déclaration de politique aborde ce qui a été exigé du Liban lors de la conférence Cèdre, et les réformes économiques demandées par la Banque mondiale, a ajouté Raed Khoury, ancien ministre de l'Économie.

« Mais tout dépend de la mise en œuvre, et cela représente un défi majeur », a-t-il rapporté.

La crise de l'électricité est le premier test

Les points abordés par la déclaration de politique étaient bons, a affirmé Tony Farah, rédacteur économique d'al-Joumhouriya qui a participé à la conférence Cèdre.

La conférence a mis l'accent sur « les réformes et la réduction du déficit, et a laissé le gouvernement libanais décider de la façon de les mener », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« La communauté internationale souligne l'importance de la résolution du problème de l'électricité, qui grève fortement les finances libanaises, car ce sera le premier et plus important des tests de l'engagement du gouvernement libanais envers les réformes », a-t-il expliqué.

La situation économique est difficile, a-t-il conclu, mais si le gouvernement est capable de respecter la déclaration de politique et de maintenir son engagement par rapport à celle-ci pendant plusieurs années, cela mettra le Liban sur le bon chemin pour mettre fin à l'effondrement économique.

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