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2.6 milliards de dollars demandés pour répondre à la crise libanaise

Nohad Topalian à Beyrouth

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Le Premier ministre libanais Saad al-Hariri lance le Plan de réponse à la crise libanaise pour 2019 le 31 janvier. [Photo fournie par l'agence nationale d'information]

La mise à jour 2019 du Plan de réponse à la crise libanaise a été lancée le 31 janvier à Beyrouth avec un appel aux donateurs pour 2,62 milliards de dollars afin de livrer de l'aide humanitaire et investir dans l'infrastructure et l'économie du Liban.

L'appel a été lancé alors que la crise syrienne entre dans sa neuvième année.

« Il faut un afflux continu d'aide humanitaire », a déclaré le Premier ministre Saad al-Hariri lors de la cérémonie de lancement.

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Un poster du Plan de réponse à la crise libanaise, qui est un projet entre le gouvernement et ses partenaires nationaux et internationaux visant à soutenir les réfugiés et les communautés qui les accueillent. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

« Nous avons travaillé au fil des ans pour répondre aux conséquences que la crise des réfugiés a, notamment sur le Liban et les communautés hôtes », a-t-il indiqué, ajoutant que malgré tous les efforts entrepris, la crise s'aggrave de jour en jour.

Le budget du gouvernement qui va être annoncé ne comportera rien pour la crise des réfugiés syriens, a fait savoir al-Hariri.

« Alors que la situation économique devient de plus en plus difficile, la solidarité internationale doit plus que jamais répondre à l'hospitalité du Liban en tant que pays d'accueil », a déclaré Philippe Lazzarini, coordonnateur résident et humanitaire de l'ONU.

Ce n'est pas une crise ordinaire

« Le Liban n'est pas confronté à une crise ordinaire qui peut être résolue avec des moyens ordinaires », a affirmé à Al-Mashareq Pierre Bou Assi, ancien ministre des Affaires sociales.

Pour cette raison, a-t-il poursuivi, il faut des efforts et des ressources concertés pour répondre à la crise des réfugiés et en minimiser les conséquences, avec un renforcement des actions en ce qui concerne le financement et l'augmentation de la coordination entre tous les partenaires.

« Comme il le fait tous les ans, le Liban demande à la communauté internationale de donateurs de fournir 2,6 milliards de dollars », a-t-il fait savoir, notant que lors des années précédentes seule la moitié de la somme demandée a été obtenue.

Le plan demande « 100 millions de dollars pour aider les communautés hôtes et les réfugiés, et 100 millions pour soutenir le programme destiné aux familles les plus pauvres du Liban », a précisé Bou Assi.

La première somme est nécessaire pour mener à bien un projet de développement durable visant à renforcer l'infrastructure, car cela aura un impact direct et durable sur la vie des gens, a-t-il affirmé.

Le second versement de fonds aidera le Programme national de lutte contre la pauvreté, qui a été lancé en 2011 par le ministère des Affaires sociales et est en partie financé par la Banque mondiale.

Il apporte actuellement à 10 000 familles « une sécurité alimentaire en partenariat avec le Programme alimentaire mondial pour un coût de plus de 20 millions de dollars », a indiqué Bou Assi, mais beaucoup d'autres familles ont aussi besoin d'aide.

Le gouvernement libanais couvre les dépenses et les traitements médicaux pour les enfants de ces familles, a-t-il fait savoir, notant que 700 000 réfugiés syriens bénéficient de l'aide du Programme alimentaire mondial.

Besoin de soutien continu

Le Plan de réponse à la crise libanaise rassemble plus de 133 partenaires spécialisés, a précisé à Al-Mashareq Lisa Abou Khaled, agent d'information publique au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Il a pour but d'aider 1,5 million de Libanais vulnérables, 1,5 million de réfugiés syriens, et environ 208 000 réfugiés palestiniens en livrant une aide humanitaire cruciale et en investissant dans l'infrastructure, les services et l'économie publics.

La communauté internationale « comprend les besoins du Liban pour gérer les répercussions de la crise et continue de le soutenir, car elle reconnaît l'importance de l'aide humanitaire et de développement », a-t-elle déclaré.

« Malgré l'amélioration que nous avons constatée, il faut toujours un soutien continu compte tenu du niveau alarmant de pauvreté, 90 % des familles réfugiées syriennes étant endettées », a-t-elle ajouté.

Le taux de travail des enfants est de 7,4 % chez les enfants syriens âgés de 12 à 14 ans, et de 16,4 % chez ceux qui ont entre 15 et 17 ans, a-t-elle poursuivi.

Les familles libanaises sont confrontées à d'autres problèmes, « parmi lesquels le déclin de leurs revenus et leur incapacité à subvenir à leurs besoins de base en nourriture et en santé », a fait savoir Abou Khaled.

« Nous nous tournons vers la communauté internationale pour qu'elle accomplisse ce que le Liban a demandé afin de nous aider nous et les communautés qui nous accueillent », a déclaré à Al-Mashareq la réfugiée syrienne Alia Yahya.

« Nous partageons les mêmes inquiétudes et nous avons besoin de la même aide », a ajouté Yahya, qui vit à Mazraat Yachouh avec sa famille et travaille comme tutrice. « Nous vivons dans des conditions de crise aiguë et nous achetons ce dont nous avons besoin à crédit».

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Politique Commentaire
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Je suis Syrien. Je réside au Liban depuis plus de 5 ans. Nous remercions le Liban de nous accueillir. Cependant, notre vie est tragique à cause de l'économie, du manque d'emplois et des prix élevés. Je ne reçois ni nourriture ni assistance hivernale. Je ne reçois pas non plus d'aide pour le loyer. Nous vivons dans un cauchemar appelé fin du mois. Que Dieu nous libère, nous et les Libanais! Salutations!

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Comment peut-on vivre sans cette somme? Je le jure par Dieu que je suis au Liban depuis 6 ans et je n'ai rien vu de L’État libanais. Ils ne dépensent rien pour les déplacés. Tout va dans leurs poches.

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