Sécurité

Les forces libanaises maîtrisent le terrorisme en 2018

Nohad Topalian à Beyrouth

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Des membres des forces libanaises participent à un défilé militaire lors de la fête de l'indépendance, le 22 novembre. [Anwar Amro/AA/AFP]

Les forces libanaises ont su protéger le pays contre des actes terroristes cette année grâce à des opérations préventives qui ont contrecarré plusieurs plans de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont déclaré des responsables libanais à Al-Mashareq.

Lors d'un discours télévisé retransmis en début de mois, le ministre de l'Intérieur par intérim Nohad al-Mashnouq a annoncé qu'en 2018, les forces libanaises ont empêché plusieurs attaques de l'EIIS.

Il s'agissait notamment de deux projets d'attentat majeurs au moment des élections législatives.

Des éléments de l'EIIS avaient fait entrer illégalement des explosifs au Liban depuis la province syrienne d'Idlib dans des seaux de fromage, avec l'intention de perpétrer une série d'attaques.

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Les forces armées libanaises participent à un défilé militaire pour la fête de l'indépendance le 22 novembre. [Anwar Amro/AA/AFP]

Mais ils ont été bloqués par les Forces de sécurité intérieure, qui les surveillaient depuis dix mois avec l'aide d'un informateur syrien au Liban.

Lors d'un autre incident fin septembre, les forces libanaises ont arrêté un homme qui aurait été en relation avec l'EIIS, pour deux tentatives d'empoisonnement, dont l'une visait les citernes d'eau que les camions de l'armée libanaise remplissaient chaque jour pour les casernes.

Le détenu a avoué posséder des liens avec un élément de l'EIIS en Syrie « qui l'a chargé de fabriquer des explosifs et de concocter du poison », a rapporté la Direction générale de la sûreté générale (DGSG) dans un communiqué.

Le Liban a réussi « grâce à nos opérations préventives à déjouer des dizaines d'attentats meurtriers », a affirmé le 26 novembre le major général Abbas Ibrahim, directeur de la DGSG.

« Nous avons développé nos compétences de lutte contre le terrorisme », a-t-il fait savoir.

Tactiques de sécurité préventives

« Du point de vue de la sécurité, 2018 peut être décrite comme l'année de l'élimination du terrorisme et de l'adoption de la sécurité préventive », a déclaré le major général Mounir Aqiqi, rédacteur en chef du magazine Sécurité générale de la DGSG.

Nous y sommes parvenus en traquant les membres de réseaux terroristes et les collaborateurs, et en détruisant leur infrastructure logistique et financière et les institutions qu'ils utilisent pour propager leurs idées, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Selon le directeur de la DGSG, a précisé Aqiqi, si le Liban et la communauté internationale ne s'occupent pas sérieusement et de manière égale des questions d'antiterrorisme, « le monde entier y perdra, pas seulement une nation ».

Cela est dû au fait que les groupes terroristes sont encore capables d'obtenir des armes simples, d'acquérir de nouvelles technologies et d'utiliser les réseaux sociaux pour disséminer une idéologie violente et recruter des combattants et des kamikazes.

« Il faut une coopération internationale dans l'échange de renseignements, de données, d'expériences et de connaissances pour parvenir à la sécurité et à la stabilité », a affirmé Aqiqi.

Succès antiterroristes

Les victoires obtenues par les agences de sécurité en 2018 s'appuient sur le succès de l'opération Fajr al-Juroud lancée en août 2017, a indiqué à Al-Mashareq le général de brigade Naji Malaeb, expert en sécurité et ancien officier de l'armée libanaise.

Elle a permis de chasser les éléments de l'EIIS des zones périphériques désertiques (juroud) d'Arsal, de Ras Baalbek et d'al-Qaa, à la frontière entre le Liban et la Syrie.

La DGSG a obtenu quelques « importants succès d'antiterrorisme, notamment après qu'elle eut acquis un équipement moderne sophistiqué », a rapporté Malaeb.

Cela a permis à la direction et à sa division de renseignements de « traquer les cellules terroristes, d'identifier leurs repaires et les réseaux sociaux qu'ils utilisaient pour communiquer avec leurs membres », a-t-il ajouté.

En 2018, le Liban « a récolté les fruits des réussites de l'armée en 2017, c'est-à-dire l'éradication de l'EIIS et des sous-groupes terroristes dans le juroud oriental », a déclaré le politologue et analyste en stratégie Tony Issa.

« La coopération entre les agences de sécurité et militaires a empêché de nouveaux éléments [extrémistes] de passer la frontière à des passages légaux et illégaux », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Cependant, compte tenu des tentatives de l'EIIS contrecarrées cette année, « il est logique que les agences restent en alerte constante », a-t-il conclu.

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